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Traité de Lisbonne : la tension monte, pas encore la crise

pdf mise en ligne :17 10 2008

IMMIGRATION > Protection en cas d'éloignement, d'expulsion et d'extradition

Brian Cowen, premier ministre irlandais, a certes déclaré à ses homologues que la crise financière et la récente guerre en Géorgie ont démontré l’importance cruciale de l’appartenance à la zone euro et à l’UE. Son pays pourrait revoir sa position  par rapport au Traité… Mais l’attente persiste. Jamais la nécessité d’une présidence stable et forte de l’Union n’a été démontrée avec autant de force qu’avec la présidence de Nicolas Sarkozy.

Contre mauvaise fortune, bon cœur : les chefs d’Etat ou de gouvernement ont accepté les explications irlandaises. Les dirigeants européens sont tombés d’accord pour donner un peu plus de temps aux irlandais. C’est, apparemment, un pas en arrière par rapport à ce qui avait été convenu initialement

 

Les députés européens sont, eux, moins patients et leur président,Hans-Gert Pöttering espère encore que le Traité entrera en vigueur avant les élections européennes et il a invité les irlandais a faire part de leurs demandes. Nombreux furent les députés (Lamassoure, Inigo Mendez de Vigo, Brok …) qui, dans les jours précédents  firent  part de leurs critiques concernant l’Irlande pour sa lenteur à trouver et proposer une solution. La peur grandit chez eux que l’Irlande ne propose aucune solution rapidement : une première échéance, celle du 15 octobre, vient de passer sans résultats ! D’autres suivront ? alors que tous font preuve de flexibilité à l’égard d’éventuelles demandes irlandaises d’ajout de déclarations facilitant leur ralliement  au traité de Lisbonne, du moins celles qui ont été identifiées à ce jour. Pour l’heure, chacun minimise le problème éventuel posé par la Pologne ou la République tchèque, l’optimisme persiste malgré les déclarations persistantes de leur deux  dirigeants qui renvoient leur ratification à la condition qu’on leur donne des assurances sur l’entrée effective du traité et donc de la ratification par l’Irlande.

 

La langue de bois des conclusions du Conseil européen a battu tous les records comme devait le reconnaître Nicolas Sarkozy dans sa conférence de presse : le gouvernement irlandais va poursuivre ses consultations. Dans quel but ? « en vue de contribuer à l’élaboration d’une perspective de résolution ».Personne n’a osé poser la question : qu’est-ce une contribution à l’élaboration d’une perspective ? Concernant le Conseil la formulation est un peu plus engageante : il reviendra sur cette question au sommet de décembre « en vue de définir les éléments d’une solution et une voie commune à suivre ».

 

Nous avons assisté à une « redite » de la rencontre entre le ministre irlandais des affaires étrangères, Micheal Martin et les euro députés qui l’assaillirent littéralement, profondément irrités qu’ils étaient  par les tergiversations et incertitudes du ministre.

 

Le 6 octobre dernier, le ministre irlandais a été mis sur la sellette par les députés européens de la commission des affaires constitutionnelles (AFCO) (FR) (EN) . Ce fut la consternation dans leur rang lorsque Martin leur a indiqué qu’il attendait les résultats du travail de la commission parlementaire pour mener un débat sur les résultats du référendum et de ses conséquences, résultats attendus pour fin novembre. Résistant aux pressions Martin  a estimé qu’il serait contre productif de prendre des mesures trop rapidement et qu’il préconisait une approche « pas à pas » en renforçant progressivement le consensus avec les partenaires européens. Défié, notamment par Andrew Duff, le ministre  a refusé de formuler une date pour le second référendum…si un second référendum il devait y avoir. Le président de la commission, Jo Leinen, a déclaré solennellement que sa commission tient à ce que le traité soit ratifié avant les élections européennes de juin prochain, date jugée extrêmement improbable par les médias irlandais. La déclaration de Martin  selon laquelle il comprenait parfaitement l’anxiété européenne par rapport aux progrès à encore effectuer et qu’il était pleinement conscient des attentes de ses partenaires, n’a fait qu’exacerber l’irritation des députés. Ils ont rappelé l’urgente nécessité du traité de Lisbonne en vue d’aider l’UE à aborder le nombre grandissant des problèmes mondiaux actuels et précisément au moment où un sentiment diffus apparaît et se répand : l’Europe revit ! Certains ont comparé l’approche attentiste irlandaise à « en attendant Godot ». Dans la célèbre pièce de Samuel Beckett, les personnages attendent un certain Godot qui finit par ne jamais venir. L’eurodéputé roumain Severin a signalé qu’on ne peut pas se permettre d’attendre Godot puisque Godot ne vient jamais. Inigo Mendz de Vigo a souligné qu’il ne s’agissait pas d’un problème irlandais mais européen et comme Richard Corbett il demande que le gouvernement irlandais coopère plus avec ses partenaires. Le débat a pris une tournure plus polémique lorsque tour à tour, Jean-Luc Dehaene, Enrique Baron Crespo, Andrew Duff, Johannes Voggenhuber ont interrogé le ministre sur le recours à des fonds américain pour financer la campagne du non et lui ont demandé de s’engager à mettre de l’ordre dans les lois relatives au financement des campagnes référendaire afin d’éviter la répétition de cette situation. Le ministre a réaffirmé que pour l’instant il n’avait pas de preuves mais qu’une commission d’enquête est au travail.

 

Sans vouloir attendre nécessairement Godot, disons qu’il nous faut patienter encore un peu : dans sa conférence de presse le président Sarkozy a dit vouloir se rendre une nouvelle fois en Irlande et il a réaffirmé sa détermination à remettre à la fin de sa présidence ses conclusions, celle du Conseil européen.

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