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Vers une diplomatie européenne climatique et énergétique : sa sécurité globale est en jeu. Un repentir tardif, mais à son heure.

pdf mise en ligne :01 08 2011

COOPERATION INTERNATIONALE > Protection de l'environnement

La conférence de Copenhague dont l'Union européenne attendait tant, a été une grande déconvenue. Pareille mésaventure ne doit pas se renouveler. Le changement climatique planétaire n'est pas seulement une question planétaire évidente dont les effets négatifs sont déjà perceptibles, mais c'est aussi une question de développement et par voie de conséquences, c'est une question sécuritaire majeure qui oblige l'UE à se doter d'une véritable diplomatie climatique intégrant divers  éléments. C'est ce qu'ont affirmé les ministres des affaires étrangères de l'UE, le 18 juillet dernier.

La conférence de Copenhague dont l'Union européenne attendait tant, a été une grande déconvenue. Pareille mésaventure ne doit pas se renouveler. Le changement climatique planétaire n'est pas seulement une question planétaire évidente dont les effets négatifs sont déjà perceptibles, mais c'est aussi une question de développement et par voie de conséquences, c'est une question sécuritaire majeure qui oblige l'UE à se doter d'une véritable diplomatie climatique intégrant divers  éléments. C'est ce qu'ont affirmé les ministres des affaires étrangères de l'UE, le 18 juillet dernier.

Les conclusions invitent la Haute représentante, Catherine Ashton, à pour suivre la réflexion politique et à prendre également  en compte la sécurité énergétique. Le Conseil estime que le moment est venu de prendre des initiatives et de les multiplier, à tous les niveaux et avec tous les partenaires ou groupes de pays clés pour donner plus de poids à l'UE au niveau internationale, notamment dans la perspective de la conférence des Nations unies de Durban (COP 17, 28 novembre-9 décembre).

Les ministres soulignent que si le changement climatique doit être abordé en raison de ses  répercussions sur la sécurité et sous cet angle c'est que ce facteur « agit comme un multiplicateur de menaces en ce qu'il exacerbe les tensions sur les prix des terres, de l'eau, des denrées alimentaires et de l'énergie, et est une source de pressions migratoires et de désertification. Il constitue une menace pour la croissance, la prospérité et la stabilité au niveau mondial ».L'UE doit agir dés maintenant, estiment les ministres pour « contribuer à réduire les risques systémiques résultant du changement climatique avant qu'il ne déclenche des crises ». La meilleure des solutions consiste à élaborer un futur cadre global mondial avec la participation de toutes les grandes économies pour maintenir la hausse des températures à la surface de la planète en dessous de 2° Celsius par rapport à l'ère préindustrielle, mais aussi pour s'orienter vers une économie sobre en carbone « en s'appuyant sur des mesures prises au niveau multilatéral et national ». Le Conseil souligne enfin que l'adoption de mesures énergiques en faveur du climat et le développement économique vont de pair, l'un n'allant pas au détriment de l'autre.

Commentaires

Une telle décision aurait mérité de recevoir un coup de projecteur intense, tel n'a pas été le cas et l'on cherche, en vain, dans la presse, une trace quelconque de cet évènement de la première importance. Espérons que seule la concurrence dans l'actualité (le sommet extraordinaire sur le sauvetage de la Grèce et les dettes souveraines) explique ce silence. L'enjeu est évident et la difficulté extrême. L'enjeu déborde l'énergétique pure ou le climatique pour concerner également  l'accès aux ressources naturelles,  la sécurité alimentaire. Difficulté extrême, pensons un seul instant que chaque pays au sein de l'UE décide lui-même en pleine souveraineté  de la composition de son bouquet énergétique. Par ailleurs l'Allemagne sortira du nucléaire d'ici à 2022 et va investir encore plus dans ce grand tournant énergétique. La France semble faire en ce qui concerne le nucléaire un choix différent.

L'horizon de cette politique est lointain : ce n'est pas 2020, mais 2030 premier rendez-vous pour apprécier et valider les choix faits aujourd'hui. L'urgence est d'autant plus grande que les résultats seront différés dans le temps. L'objectif de 2030 est évoqué parce qu'il semble plus raisonnable que celui de 2050, mais intellectuellement  c'est ce dernier qu'il faut avoir en tête. Un choix du long ou  du très long terme l'emporte alors que chacun connait bien l'emprise du court terme sur les opinions publiques et par voie de conséquence sur les décisions politiques.

Quelle que soit la voie suivie pour les atteindre, les objectifs de l'Union européenne sont uniques : donner un coup d'accélérateur pour mettre une économie de l'énergie durable, un approvisionnement propre, sûr, à un prix raisonnable, avec un investissement lourd dans les nouvelles technologies, notamment celle de l'énergie renouvelable. Et évidemment dans le respect du climat et de l'environnement et avec des normes les plus exigeantes possibles. Cela comprend l'efficacité énergétique (car économiser l'énergie est déterminante comme source d'énergie nouvelle), de meilleures infrastructures, la diversification des sources et des voies  d'approvisionnement.

Mais cet objectif d'une économie énergétique efficace, durable, économique et sûre au XXIe siècle ne pourra être atteint que si l'Union européenne sait  le faire partager également par le reste du monde. On ne peut avoir raison tout seul. D'où l'importance de cette diplomatie climatique et de l'énergie.

Pour accéder aux ressources naturelles si précieuses, un groupe de pays consommateurs comme l'est l'Union européenne devra s'impliquer dans la prévention ou la résolution des crises dans les zones de production, de transit, de transport sur de grandes distances : 80% du trafic commercial mondial se fait par voie maritime. De même les tensions sur les marchés qui engendrent une volatilité excessive des prix ne sont que les symptômes du malaise politique. Or on estime, par exemple, que 89% des réserves de pétrole et 81% des réserves de gaz sont concentrées dans des pays dont la tranquillité politique n'est pas assurée. Le dossier dit « des terres rares », des métaux stratégiques ou critiques illustre bien que de fortes dépendances pèsent sur le développement des industries stratégiques de l'Union. Elle en a dressé la liste et décrit leurs particularités : non substituables ou difficilement  substituables dans la plupart des cas, au recyclage complexe et l'Union européenne ne dispose pas de ces ressources,  avec comme le reconnait la Commission européenne un risque probable de quasi pénurie. La pression sur l'EU est forte et il est urgent que l'Europe noue des partenariats avec des pays en mesure d'assurer l'approvisionnement ou de constituer des stocks stratégiques pour tenter de réguler les cours et faire face à toute rupture d'approvisionnement. La conclusion raisonnable est que l'Europe doit nouer une relation de confiance sur le plan de l'accès aux ressources naturelles et pas seulement sur l'accès aux ressources énergétiques, mais aussi sur le plan économique et politique. C'est  une relation de confiance à long terme et avec toutes sortes de pays au premier rang desquels figure la Russie dont il faut bien convenir avec Nicole Gnesotto qu'elle constitue un élément essentiel de l'avenir stratégique de l'Union  européenne. Un dénominateur commun sain et justifiable existe entre les 27, malgré leurs spécificités nationales, leurs traditions historiques.

Texte des Conclusions du Conseil du 18 juillet 2010 sur la diplomatie en matière de climat menée par l'UE (FR) http://www.consilium.europa.eu/uedocs/cms_data/docs/pressdata/FR/foraff/123924.pdf

(EN) http://www.consilium.europa.eu/uedocs/cms_data/docs/pressdata/EN/foraff/123923.pdf

 

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