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ROMS : les éduquer pour mieux les intégrer, mais l’UE a besoin d’une stratégie globale à leur égard estiment les parlementaires européens.

pdf mise en ligne :16 03 2009 ( NEA say… n° 63 )

COOPERATION JUDICIAIRE CIVILE > Elargissement

Les Roms constituent la minorité la plus importante de l'Union européenne. Ils connaissent des discriminations multiples, un taux de pauvreté plus élevé et un niveau de vie plus bas que la moyenne des citoyens de l'UE, souligne le rapport de Magda Kósáne Kovács (PSE, HU) sur "la situation sociale des Roms et l'amélioration de leur accès au marché du travail dans l'UE" adopté par le Parlement mercredi 11 mars.

"Bien qu'elle ait été un enjeu important du processus d'élargissement, l'amélioration de la situation sociale et économique des Roms n'a guère progressé", constatent les députés. Telle est la principale conclusion du rapport adopté par le Parlement européen (FR) (EN).

 

L'éducation : une priorité. Les jeunes Roms ont tendance à quitter l'école relativement tôt "ce qui compromet leur éducation, leur intégration et leurs chances sur le marché du travail" et "même si leur proportion dans l'enseignement secondaire et supérieur a augmenté dans certains Etats Membres, leur niveau de qualifications demeure loin en-dessous de la moyenne", reconnaissent les députés.

 

De plus, l'accès inégal aux services et les désavantages socio-économiques dont sont victimes les enfants Roms ne leur permettent pas d'accéder à une éducation de qualité et affectent ainsi leurs chances sur le marché du travail et leur intégration. Selon les députés, il est nécessaire d'avoir des politiques d'éducation ciblées destinées aux familles Roms et qui encouragent leur participation active.

 

Par ailleurs, pour permettre un retour à l'emploi des chômeurs de longue durée, les députés demandent à l'UE et aux Etats Membres de mettre en place une approche examinant les aspects de la marginalisation des Roms. Une attention particulière devra être accordée aux femmes qui sont souvent actives dans l'économie souterraine et avec un taux d'emploi très faible.

 

Lutter contre la marginalisation et la stigmatisation. La majorité des députés prend acte de la proposition en faveur d'une nouvelle directive exhaustive en matière de lutte contre les discriminations et considère que la Commission devrait élaborer des programmes équilibrés dans le but d'éliminer les discriminations à l'encontre des Roms et leur stigmatisation. Ils fustigent aussi les États membres qui n'ont pas encore ratifié la convention-cadre du Conseil de l'Europe de 1995 pour la protection des minorités nationales.

 

Les parlementaires demandent également à la Commission une évaluation des instruments existants et une stratégie politique cohérente au niveau de l'UE.

 

Ils recommandent aux Etats membres de créer un groupe d'experts au niveau de l'UE avec la participation de représentants des Roms pour coordonner la stratégie des Etats membres ainsi que l'utilisation des fonds qui leurs sont destinés. 

 

Pour Ivan Ivanov (ERIO) de l’Office d’information européen sur les Roms, l’éducation n’est pas la panacée pour avoir accès à un travail décent. Certes cet accès est la clé pour renverser les conditions de pauvreté et ségrégation que subit la minorité rom partout en Europe. Mais souligne-t-il malgré ce message fort lancé par les parlementaires, Ivan Ivanov a tenu à souligner : « nous savons que l’éducation est prioritaire et qu’elle peut être l’assise la plus importante pour se concentrer sur des programmes et des politiques, lesquelles politiques doivent ensuite garantir un suivi efficace sur le marché du travail par l’élimination des barrières fondées sur les attitudes racistes et les préjudices subis ». Et d’ajouter « l’éducation ne résoudra pas à elle seule le problème des taux très élevés de chômage parmi la population rom s’il n’y a aucun changement dans l’attitude raciste envers la minorité rom ». Pour cette raison, ERIO demande aux autorités européennes, nationales, locales de construire un lien fort entre l’éducation des Roms et leur accès concret au marché du travail