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Lampedusa : plaidoyer d’Amnesty International en faveur du respect des droits de l’homme. Jacques Barrot vice-président de la Commission exprime sa satisfaction après son voyage.

pdf mise en ligne :16 03 2009 ( NEA say… n° 63 )

ASILE > Eurodac

Dans une lettre adressée au commissaire en charge du dossier à la veille de son voyage à Lampedusa et à Malte, Amnesty International marque sa forte préoccupation.

Les préoccupations ont grandi après le décret du ministre italien de l’Intérieur en janvier dernier. « La décision de l’Italie de détenir les migrants et demandeurs d’asile à Lampedusa pendant la période de traitement des dossiers plutôt que de les transférer sur le continent a eu un impact sérieux sur les droits de l’Homme » a déploré Nicolas Beger, directeur du bureau européen « La situation actuelle à Lampedusa entrave la construction d’un véritable espace européen de liberté, de sécurité et de justice, basé sur le respect des droits fondamentaux ». Dans ce contexte, Amnesty international appelle M. Barrot à faire pression sur le gouvernement italien pour qu’il rétablisse le système de transfert des migrants et des demandeurs d’asile sur le continent en leur octroyant de pleines garanties procédurales et un accès à une aide juridique. Amnesty International demande également que les procédures d’expulsion soient menées dans le plein respect des droits des personnes concernées. Rappelons que début mars, cinq eurodéputés du GUE/NGL ont demandé dans une question orale à la Commission de vérifier si les conditions dans les deux centres de migrants respectent les directives européennes en matière d’accueil. Amnesty International avait déjà adressé le 28 janvier dernier une lettre où il avait exprimé ses fortes inquiétudes.

 Peu d'informations ont, à ce jour, filtré concernant les résultats du voyage de Jacques Barrot, sinon le démenti vigoureux apporté par le porte-parole: jamais il n'a qualifié les Maltais de racistes. Au cours de ces derniers jours Malte et Lampedusa sont de plus en plus débordés par l'afflux de migrants. Dans le journal le Monde du 17 mars, Laetitia Van Eckhout  en fait une description saisisante. Jacques Barrot a lancé un appel pour que soit appliqués les accords de réadmission, mais il a aussi appelé les pays de l'Union à être  "malgré la crise, plus solidaires à travers une politique de visas plus généreuse face aux flux migratoires qui prennent une ampleur tragique". A titre d'exemple, la France a accueilli, en 2008, 80 réfugiés ayant obtenu à Malte un statut de protection international.. A titre de comparaison signalons qu'à Lampedusa entre le 11 et le 14 mars ce sont quelque 600 immigrés qui ont débarqué.

Après avoir visité le centre de rétention de Lampedusa, Jacques Barrot a déclaré : « j’ai reçu l’assurance qu’à Lampedusa les procédures pour les demandes d’asile politique sont pleinement respectées (…) Il y a toutefois le problème de savoir où ces personnes iront. Nous devons également trouver une réponse à cette question.»Le vice-président s’est ensuite rendu à Malte pour visiter les différents centres de rétention et où l’organisation Médecins sans Frontières 5MSF) venait d’annoncer la suspension de ses activités dans ces centres afin de protester contre les conditions de vie des immigrés qui y sont hébergés. M. Barrot s’est contenté de rappeler que les conditions des migrants devaient être améliorées, a-t-il poursuivi en expliquant que les fonds spécifiquement dédiés aux centres d’accueil seraient rendus disponibles en plus de l’argent déjà alloué à Malte. Il a formulé le souhait que lorsque le Bureau d’appui en matière d’asile, un programme visant à transférer les demandeurs d’asile de Malte vers d’autres Etats membres de l’Union puisse voir le jour en 2010. « Je ne vois pas comment nous pouvons procéder autrement. Malte ne peut pas continuer à recevoir plus de migrants sans surmonter des problèmes aujourd’hui insurmontables.»

Le prochain numéro de Nea say  reviendra sur cette information