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Mutilations génitales des femmes, tout a déjà été dit mais il faut une stratégie claire d'interdiction radicale.

pdf mise en ligne :27 03 2009 ( NEA say… n° 64 )

DROITS FONDAMENTAUX > Lutte contre la violence envers les femmes

Nea say a régulièrement entretenu ses lecteurs sur le sujet, mais il n'est pas inutile de répéter encore et encore qu'il faut une stratégie claire  interdisant radicalement les mutilations génitales féminines sur le territoire de l'UE et la prise en compte de ce phénomène dans les directives sur l'immigration et les accords de coopération. Il faut commencer par là, même si cela ne suffit pas.

En Europe, environ 180 000 femmes émigrées en Europe subissent ou risquent de subir une mutilation génitale, constate la résolution alternative, cosignée par le rapporteur Cristiana Muscardini (UEN, IT), et adoptée à une large majorité par 647 voix pour, 10 voix contre et 24 abstentions. (FR) (EN).
 
Les députés demandent que la Commission européenne et les Etats membres élaborent une stratégie globale et des plans d'action en vue d'interdire les mutilations génitales féminines dans l'UE et qu'ils fournissent, à cette fin, les moyens juridiques, administratifs, préventifs, éducatifs et sociaux nécessaires pour protéger la victime. 
En effet, même si ces mutilations constituent une violation des droits des femmes sanctionnée par différents accords internationaux et sont interdites dans le droit pénal des Etats membres, de telles pratiques restent difficiles à observer car exercées clandestinement  dans l'Union européenne.
 
Les mutilations génitales et les demandes d'asile, les directives sur l'immigration et les accords de coopération. Les députés demandent également d'introduire dans les directives européennes sur l'immigration la qualification de délit pour le fait de pratiquer des mutilations génitales et des sanctions appropriées pour ceux qui s'en rendent coupables. Le rapport appelle la Commission européenne à inclure une clause visant à éradiquer les mutilations génitales féminines dans les négociations de coopération et les accords avec les pays concernés.
Les demandes d'asile déposées par les parents en raison de la menace qui pèse sur eux dans leur pays d'origine pour avoir refusé de consentir à la mutilation sexuelle de leur fille doivent être examinées au cas par cas en tant compte de la qualité de la demande, de la personnalité et de la crédibilité du demandeur d'asile, précise la résolution alternative en comparaison avec le rapport initial. En effet, l'article 10 de la directive 2004/83/CE du Conseil du 29 avril 2004 sur les conditions pour pouvoir prétendre au statut de réfugié précise que les aspects liés à l'égalité hommes-femmes peuvent être pris en compte sans pour autant impliquer en soi l'application de cet article.
 
Signaler de telles pratiques. Par ailleurs, le Parlement préconise la création d'un "protocole sanitaire européen" pour exercer un suivi et une banque de données sur ce phénomène. Les généralistes, les médecins et le personnel de santé devraient par ailleurs être contraints de signaler toute mutilation génitale féminine aux autorités sanitaires ou à la police, estiment les députés. De plus, toute personne qui procède à des mutilations de cette nature devrait être poursuivie.