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Immigrés du cargo turc le Pinar : l'Italie les accueillera ! Médiation au plus haut niveau difficile pour la Commission. Un appel de plus de sa part pour un comportement raisonnable et responsable. Ne peut-on faire plus ? La polémique rebondit...

pdf mise en ligne :24 04 2009 ( NEA say… n° 65 )

IMMIGRATION > Conditions d'accueil des réfugiés

L'Italie a perdu son bras de fer avec Malte.  La Commission européenne a réussi avec difficulté sa médiation. Le vice- président Jacques Barrot rappelle la position traditionnelle de la Commission et déclare qu'il est inutile de parler de citoyenneté européenne si l'on accueille mal des étrangers en détresse.  

Un cargo turc, le Pinar, qui avait recueilli 140 immigrés dont les embarcations dérivaient dans la Méditerranée, devait accoster, lundi 20 avril, à Porto Empedocle, en Sicile. La veille, une vingtaine de personnes malades, ainsi que le cadavre d'une femme morte pendant la traversée, ont été déposés à Lampedusa. Prétextant que les immigrés partis d'Afrique avaient été secourus, jeudi 16 avril, dans la zone de secours maltaise, l'Italie avait demandé à La Valette de les prendre en charge. L'exécutif maltais affirmait, lui, qu'ils devaient être débarqués dans le port le plus proche, à savoir celui, italien, de Lampedusa. La décision a été prise 'pour des raisons d'urgence humanitaire' et 'ne constitue pas un précédent valant reconnaissance des raisons avancées par Malte', a expliqué le ministère italien des affaires étrangères. Rome demande qu'à l'avenir, ces sauvetages trouvent une solution dans un cadre européen.

Alors qu'il inaugurait le lancement du Forum européen de l'intégration (cf autre article dans le présent numéro) le vice-président, Jacques Barrot, à  l'annonce faite par l'Italie, a lancé pour énième fois un appel à la solidarité des Etats membres : « Je suis heureux que les migrants soit en sécurité (…) mais le problème reste entier dans la mesure où il faut que dans l'Union européenne s'exprime une solidarité concrète beaucoup plus efficace (…) Il faut que certains Etats membres qui ne sont pas aussi exposés à ces migrations puissent prendre un peu de leur part de leur fardeau en acceptant d'accueillir ceux  des migrants qui ont obtenu le statut de réfugiés (…) C'est un effort difficile et dans la crise actuelle, il n'est pas facile de convaincre les gouvernements d'accepter un effort de partage, mais il faudra à terme y venir ». Revenant sur le bras de fer qui a opposé les deux pays il a poursuivi : « loin de moi l'intention de distribuer des blâmes (…) Le droit maritime international dit qu'il faut ramener les personnes en risque de nauvrage au port le plus proche où les conditions d'accueil sont les plus acceptables. En l'occurrence il s'agissait de Lampedusa (…) mais les autorités italiennes on dit que le centre d'accueil de Lampedusa était plein. Les autorités maltaises ont fait la même objection. Ce n'est pas facile » a-t-il conclu « Je comprends les inquiétudes des deux pays (...) les Maltais sont dans une situation impossible, car leur territoire est limité pour accepter encore plus de gens (…) Il faut que les autres pays européens prennent conscience de la gravité du problème (…) Nous avons trouvé la solution pour le cas présent (…) mais il faut éviter ces migrations massives, dont je crains qu'elles produisent de nombreux drames à venir."

Des discussions sont en cours pour établir et renforcer l'application des règles de surveillance des côtes maritimes, pour autant, une initiative en vue de modifier le droit international n'est pas envisagée à ce stade. Une situation qui n'a que trop duré.
 
L'appel à la raison et à la solidarité, si essentielle dans l'Union europeénne, n'a pas été entendu, la polémique rebondit au lieu de s'apaiser.La Commission a craint une crise sérieuse entre Malte et l’Italie jusqu’à l’annonce faite par l’Italie qu’elle acceptait d’accueillir les naufragés au grand soulagement non feint de Jacques Barrot. Mais la polémique rebondit et à nouveau Rome accuse Malte d’avoir littéralement « envoyer "40 000 migrants en Italie dans un rapport adressé à la Commission : Malte depuis plusieurs années a envoyé 40 000 migrants en Italie en ne participant pas à leur sauvetage, Malte a manqué d’intervenir pas moins de 600 fois ! Le rapport fournit des statistiques des garde-côtes italiennes qui montrent qu’en 2008 les forces navales italiennes ont mené 186 opérations de sauvetage dans la zone de sauvetage et de recherche maltaise, sauvant ainsi 12 900 migrants. Le ministre de l’intérieur Maroni demande par conséquent une intervention de la Commission européenne et il ajoute, rapporte le Corriere della Serra."Nous n’avons pas l’intention d’assumer la responsabilité pour les problèmes qui tombent sous le coup de la responsabilité d’autres pays, notamment de Malte qui reçoit des fonds de l’UE pour de telles interventions ». Le même jour le ministre maltais de l’intérieur, Carmelo Mifsud Bonnici, a nié et  répliquait : « Il n’y a pas de cas où des bateaux venant à Malte ont été détournés vers l’Italie. Les navires utilisent les droits de passage innocent et vont à Lampedusa, Malte ou directement en Sicile. Le gouvernement maltais n’a aucune autorité pour les arrêter. Le droit international le proscrit (…) les migrants qui fuient l’Afrique quittent la Libye et leur destination finale est toujours l’Italie, pas Malte ! », a-t-il ajouté. Au cours des dernières années, Malte a été engagée dans 380 opérations de sauvetage et le nombre d’immigrants illégaux arrivant en une année a au moins doublé, a-t-il affirmé. Il n’a pas manqué de citer Jacques Barrot, lequel, comme nous venons de l’indiquer, a rappelé que les obligations internationales stipulent que les personnes sauvées doivent être emmenées dans le port le plus proche.