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pdf mise en ligne :05 01 2006 ( NEA say… n° 01 )

LIBRE CIRCULATION DES PERSONNES > Système d'information Schengen

Une carte baptisée «capacités et talents» sanctionnera les meilleurs. 

par Catherine COROLLER
LIBERATION -  mercredi 4 janvier 2006

Pour la première fois, un texte de loi va donner une traduction concrète au concept d'immigration choisie. Cheval de bataille de Nicolas Sarkozy, cette idée, depuis reprise par Dominique de Villepin, figure en effet dans le projet de réforme gouvernemental du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (lire ci-contre). Pour le gouvernement, il existe ainsi deux types d'immigration. L'une, subie, qu'il faut limiter de façon draconienne, l'autre, choisie, qu'il faut donc encourager. Bannies, les masses fuyant la misère des pays pauvres, même si elles pallient la répugnance des Français à occuper certains métiers trop pénibles ou mal payés. Bienvenus, les étrangers diplômés.

Pour les étrangers «de choix», le projet gouvernemental crée «la carte de séjour» pompeusement baptisée «capacités et talents». D'une durée de trois ans, renouvelable, elle est délivrée à l'étranger «susceptible de participer, du fait de ses capacités et de ses talents, de façon significative et durable au développement de l'économie française ou au rayonnement de la France dans le monde, ou au développement du pays dont il a la nationalité». Ces étrangers auront également le droit d'exercer «toute activité professionnelle de [leur] choix», et de demander «immédiatement» le regroupement familial.

Les étudiants bénéficieront également de conditions de séjour facilitées. Pour attirer la crème, le gouvernement avait créé, en Chine, un premier centre pour les études en France, chargé de sélectionner sur place les meilleurs éléments. Ce dispositif a été étendu depuis au Maghreb, au Sénégal, au Vietnam, et devrait fonctionner à terme dans douze pays. Le projet sur l'immigration de Nicolas Sarkozy prévoit que ces étudiants bénéficieront de plein droit d'une carte de séjour.

Du côté des associations, c'est le tollé. Ce «deux poids deux mesures» entre les étrangers utiles et les autres les scandalise. Comme le cynisme du gouvernement qui affiche «sans le moindre scrupule, alors qu'il condamne des étrangers, plus nombreux que jamais, à demeurer ou à devenir sans-papiers, sa volonté d'aller piller les "capacités et talents" dans le monde».