Une information citoyenne au service d'une identité européenne
Réactions, commentaires et débats avec des invités

Glossaire interactif des termes de l'Espace de liberté, de sécurité et de justice
Observatoire législatif de l’Espace européen de liberté, de sécurité et de justice
Veille juridique et documentaire axée sur la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne
Actualités des grands projets de l'Union européenne
Dossiers documentaires thématiques
Actualités sur le rôle de l'Union européenne dans le monde
Une information citoyenne au service d'une identité européenne

L'émergence d'un nouveau sentiment européen : les futurs députés seront confrontés à de nouvelles exigences

pdf mise en ligne :19 05 2009 ( NEA say… n° 66 )

CITOYENNETE EUROPEENNE > Questions institutionnelles

56 % des Européens considèrent l'Europe comme une chance dans la mondialisation.     Les futurs députés européens sont prévenus. Leurs électeurs souhaitent qu'ils fassent leur travail à plein temps. L'assiduité est la qualité qui leur donnera le plus envie de voter le 7 juin, selon un sondage TNS Opinion réalisé pour la Fondation pour l'innovation politique (FIP), en partenariat avec le Center for European Studies , les Fondations Konrad Adenauer et Robert Schuman.

Avec 30 % des réponses, l'assiduité et le sérieux dans le travail vient avant celle d'avoir "une expérience dans les questions européennes" (21 %) ou "le contact avec les électeurs" (20 %). Un avertissement pour les candidats , alors que bien des enquêtes et mesures diverses de l'assiduité et du travail ont  montré que beaucoup de choses laissaient à désirer, y compris parmi les chefs de file..

Globalement, les citoyens européens sont plutôt confiants dans l'Europe. Pour 56 % d'entre eux, l'Union est "une chance" dans la mondialisation. Les Français (67 %), les Allemands (70 %), les Irlandais (72 %) sont les plus confiants, à la différence des Britanniques (22 %), des Hongrois (41 %) ou des Slovaques (45 %). L'impact de la crise, variable selon les pays, n'est sans doute pas étranger à ces différences.

Par âge, les jeunes sont les plus europhiles (deux tiers des 18-24 ans), à la différence des plus de 55 ans, qui ne sont plus que la moitié à considérer l'UE comme une chance. L'Europe étant un continent qui vieillit, le phénomène est à surveiller de près : jusqu'à présent les personnes âgées étaient parmi les plus confiantes. Autre fait marquant : si 17 % seulement des Européens voient l'Europe comme une menace, un chômeur sur quatre la considère comme telle.

Signe de l'inquiétude ambiante, dans certains pays comme la France, la demande de social apparaît forte. Ainsi 39 % des Français demandent que les dépenses de l'Union en faveur de l'emploi soient augmentées. Si l'on considère l'ensemble des Européens, ce sont les dépenses d'éducation et de formation (41 %) et les moyens de soutenir la croissance (31 %) qui mobilisent les plus fortes attentes.

Partout, le scrutin du 7 juin risque de faiblement mobiliser : 53 % des Européens déclarent ne pas s'y intéresser. Pourtant, quand on leur demande quel est le meilleur moyen de faire entendre leur opinion, ils répondent "voter" à 46 %, loin devant d'autres formes d'action comme signer des pétitions (14 %) s'exprimer sur des blogs (13 %) ou "faire grève" (7 %).
 
Résultats complets de l'étudehttp://http://www.fondapol.org/fileadmin/uploads/pdf/documents/Enquete_Elections_Europeennes_Resultats_Complets.pdf
Commentaires de Dominique Reynié (Directeur général de la Fondation pour l'innovation politique
 
L'enquête révèle un large soutien à l'Union : 56 % des Européens considèrent que dans la globalisation, le fait pour leur pays d'appartenir à l'Union est une chance. Cependant, cette appartenance est jugée d'une façon d'autant moins positive que les Européens interrogés sont plus âgés. Si les deux tiers des 18-24 ans (65 %) voient l'Union comme une chance, ce sentiment n'est partagé que par la moitié des plus de 55 ans (52 %). Ce fait est nouveau. Pour un continent engagé sur la voie du vieillissement démographique, il pourrait se révéler déterminant.
L'ensemble des catégories sociales considère l'appartenance de leur pays à l'Union comme une chance. Seuls 17 % des Européens y voient une menace. Cette réponse atteint toutefois près d'un quart des répondants ayant cessé leur scolarité avant l'âge de 16 ans (23 %), un cinquième des retraités (20 %), trois ouvriers sur dix (31 %) et un chômeur sur quatre (24 %). Les classes populaires et les groupes sociaux les plus fragiles expriment ainsi leur attente d'une puissance publique commune. Plus d'un quart des Européens (27 %) affirment qu'un candidat proposant d'augmenter en priorité les dépenses de l'Union dans le domaine des affaires sociales et de l'emploi les inciterait à voter en sa faveur. L'absence d'enjeu consistant susceptible d'impliquer les Européens explique largement la faiblesse de l'intérêt pour les élections européennes. Partout, le scrutin est détourné à des fins nationales et les électeurs qui le refusent marchent vers l'abstention.
 
Ce ne sont pas les électeurs qui ne s'intéressent pas aux élections européennes, ce sont les élections européennes qui ne sont pas intéressantes. Il est pour le moins frappant de constater que, d'un côté, 56 % des Européens jugent que leur appartenance à l'Union est une chance, tandis que, d'un autre côté, 53 % déclarent ne pas s'intéresser au scrutin du 7 juin. Est-ce l'Europe qui est en cause ou bien la manière de faire de la politique ? Interrogés sur les meilleurs moyens de faire entendre leur opinion par les responsables politiques, les Européens ne plébiscitent aucun des items suggérés : adhérer à un parti (13 %) ou à un syndicat (10 %) ne séduit pas plus que manifester (11 %), signer des pétitions (14 %) ou s'exprimer sur des blogs (13 %). Participer à des débats publics ne rallie pas grand monde (20 %), tandis que les formes d'action plus conflictuelles comme la grève (7 %) ou plus radicales comme le blocage des activités économiques ou des moyens de transport (4 %), restent très marginales. Seul le vote emporte une sorte d'adhésion relative (46 %).
 
Nos classes politiques devront s'adapter à la nouvelle donne car la globalisation est entrée dans les consciences et avec elle une autre idée de l'Europe. Ce sentiment ne procède pas d'un idéal relancé mais des premières expériences du siècle. Les Européens sont à la recherche d'une puissance publique supplémentaire, non seulement capable de les protéger mais aussi de fortifier leurs nations qui ne peuvent relever seules les nouveaux défis planétaires. Ils ne l'imaginent pas en lieu et place de leurs puissances publiques nationales mais à côté, comme en appui.