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20 juin journée mondiale des réfugiés : l'espace humanitaire se restreint et le nombre des réfugiés grandit dont 80% dans les pays en développement. Cri d'alarme des autorités européennes et du Haut commissaire aux réfugiés des Nations Unies. Rapport annuel accablant !

pdf mise en ligne :25 06 2009 ( NEA say… n° 69 )

DROITS FONDAMENTAUX > Conditions d'accueil des réfugiés

Pression croissante sur l'espace humanitaire mondial: Louis Michel et John Holmes sonnent l'alarme Louis Michel, membre de la Commission européenne chargé du développement et de l'aide humanitaire, et John Holmes, coordonnateur des secours d'urgence des Nations unies, se sont rencontrés. Ils ont examiné les grandes priorités humanitaires et les moyens de renforcer la capacité de réaction du système humanitaire international. Ils ont également passé en revue un certain nombre de points chauds sur le plan humanitaire dans le monde, notamment la Somalie, où des millions de personnes sont tributaires de l'aide à la suite du conflit qui y perdure. Appel de détresse du président du HCR  Antonio Guterres à l'occasion de la journée mondiale des réfugiés

Louis Michel a mis l'accent sur les points suivants: «Le Bureau des Nations unies pour la coordination de l'aide humanitaire (BCAH) et la Commission européenne ont pour même objectif d'assurer l'acheminement de l'aide humanitaire vers les populations civiles dans le monde de manière impartiale et non discriminatoire. Toutefois, l'accès de l'aide humanitaire aux populations touchées se fait de plus en plus difficilement et la sécurité des travailleurs humanitaires est de moins en moins garantie. Dans des pays comme la Somalie, le Soudan, Sri Lanka et le territoire palestinien occupé, les situations humanitaires que nous rencontrons sont totalement inacceptables. La violation du droit humanitaire international a un pouvoir meurtrier comparable à n'importe quelle arme. Rien ne saurait la justifier». Louis Michel a souligné l'importance d'un effort conjoint et bien coordonné de la part des organisations humanitaires en vue de relever le défi d'acheminer une aide vitale vers les zones de conflit. Et d'ajouter: «L'Union européenne et les Nations unies poursuivront leur coopération afin de garantir le respect de l'espace humanitaire. Le BCAH (OCHOA) a un rôle important à jouer en matière d'orientation et de coordination, à l'heure où les besoins se font de plus en plus pressants».

John Holmes a, pour sa part, déclaré: «Le partenariat entre le BCAH et la Commission est un pilier essentiel du système humanitaire mondial et fait réellement la différence dans la lutte contre la souffrance dans le monde. Bien qu'il soit déjà efficace, nous avons pour ambition d'améliorer encore notre capacité de réaction commune».
Depuis 2007, la Commission européenne a octroyé quelque 20 millions d'euros pour soutenir l'action du BCAH. Pour de plus amples informations, voir: http://ec.europa.eu/echo/index_fr.htm

  

De son côté l'ONU a  marqué la Journée mondiale des réfugiés. Les millions de personnes aidées par le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) sont parmi les plus vulnérables sur la planète, a rappelé Antonio Guterres à l'occasion de la Journée mondiale des réfugiés marquée le 20 juin.

Il y a 42 millions de réfugiés ou déracinés à l'intérieur de leur propre pays. Parmi eux, près de 6 millions se trouvent exilés pour la plupart dans des camps, depuis cinq ans ou plus dans de situations que les humanitaires appellent « situations de réfugiés prolongées ». Le président du HCR Antonio Guterres n'a pas hésité à dire «  en dépit des rumeurs alarmistes propagées par des politiciens et des médias populistes faisant état de flos de demandeurs d'asile dans certains pays industrialisés, la réalité est que 80%  des réfugiés se trouvent dans les pays en voie de développement » .

« Nous sommes dans une période d'énorme incertitude au niveau mondial, en particulier pour les dizaines de millions de personnes déplacées et de réfugiés déracinés par les conflits et les persécutions », a dit le Haut Commissaire Guterres. « Les réfugiés ne sont pas des statistiques sans visage – ce sont des gens comme vous et moi qui ont tout perdu en dépit d'eux », a-t-il rappelé. Le chef du HCR a regretté l'insuffisance des moyens pour fournir une assistance essentielle sous la forme d'abris, de services de santé, d'éducation, de nutrition, d'assainissement et de protection contre la violence et les abus.

Au Cameroun, par exemple, les enfants réfugiés de la République centrafricaine souffrent d'une mortalité allant jusqu'à 7 fois le taux d'urgence. Moins d'un tiers des filles réfugiées vont à l'école. En Equateur, de nombreux  colombiens ignorent totalement leur droit à l'asile. Les populations indigènes et les femmes célibataires sont particulièrement exposées à l'exploitation et aux abus. En Géorgie, des personnes déplacées depuis 15 ans continuent de vivre dans des centres sordides et surpeuplés manquant d'eau, d'isolation du froid et d'égouts.
En Thaïlande, plus de 100.000 réfugiés et demandeurs d'asile du Myanmar ont vécu pendant des années dans des camps surpeuplés, causant une frustration énorme qui conduit à des violences domestiques et d'autres abus.


 Le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés lors de la publication du rapport statistique annuel « Tendances mondiales 2008 » António Guterres a lancé un appel à la communauté internationale pour que la crise économique mondiale ne porte pas atteinte à l'aide humanitaire. Dans un discours au National Press Club de Washington lors de la publication du rapport statistique annuel du HCR sur les réfugiés, António Guterres a indiqué que la situation pour les agences humanitaires était « préoccupante », et il a appelé un soutien plus important de la part des pays donateurs. « Les montants nécessaires pour sauver les gens », a-t-il dit, « sont moindres que ceux servant à sauver les banques. »

Selon le rapport annuel « Tendances mondiales 2008 » du HCR, le nombre de personnes déracinées de force en raison des conflits et des persécutions dans le monde atteignait 42 millions à la fin de l'année dernière dans un contexte de net ralentissement des rapatriements et de conflits plus longs conduisant à des déplacements prolongés. Le total comprend 16 millions de réfugiés et de demandeurs d'asile et 26 millions de personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays.

Tout en insistant sur le besoin urgent d'un financement plus important des organisations humanitaires par les pays riches, António Guterres a cité aussi les demandes formulées par les pays qui accueillent d'importantes populations réfugiées, dont la plupart sont des pays en voie de développement.

Le nouveau rapport indique que 80 % des réfugiés dans le monde se trouvent dans les pays en voie de développement, de même que la grande majorité des personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays – une population que l'agence des Nations Unies pour les réfugiés prend de plus en plus en charge. Beaucoup sont déracinés depuis des années et aucune issue n'est en vue.

« La charge énorme occasionnée par le déplacement est supportée par des pays en voie de développement », a indiqué António Guterres. « Quatre vingt pour cent des réfugiés se trouvent dans des pays en développement. La générosité et la richesse ne sont pas proportionnels l'un par rapport à l'autre. »

Bien que le nombre total de 42 millions de personnes déracinées à la fin de l'année représente une baisse d'environ 700 000 personnes par rapport à l'année précédente, les nouveaux déplacements en 2009 – qui ne figurent pas dans ce rapport statistique annuel – ont déjà plus que compensé cette diminution.

Parmi les crises de déplacement survenues récemment ou se produisant actuellement, António Guterres a cité le Pakistan, où plus de deux millions de personnes ont été déracinées cette année par la violence entre le gouvernement et des milices, lors de la crise « la plus aiguë en matière de protection depuis le Rwanda [survenue au milieu des années 90]. »

« L'échec pour fournir une assistance humanitaire adéquate aux déplacés au Pakistan », a-t-il indiqué, pourrait avoir de sérieuses conséquences en matière de sécurité.

Environ deux millions de réfugiés et de personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays (« personnes déplacées ») ont été en mesure de rentrer chez eux en 2008, selon le rapport statistique publié par le HCR, soit une diminution par rapport à l'année précédente. Le rapatriement représentait le score le plus bas depuis 15 ans. Cette baisse reflète en partie la détérioration des conditions sécuritaires, en particulier en Afghanistan et au Soudan.

Selon le rapport statistique du HCR, le nombre total de personnes déracinées dont s'occupe le HCR s'élèvait à 10,5 millions de réfugiés dans le monde fin 2008 avec un nombre additionnel de 14,4 millions de personnes déplacées internes dans leur propre pays.

Dans le cadre du processus récent de réforme humanitaire des Nations Unies, la charge du HCR s'est accrue pour apporter une aide aux personnes déplacées, ce qui s'ajoute à son mandat traditionnel de protection et d'assistance aux réfugiés ayant franchi des frontières internationales. Depuis 2005, l'agence a vu le nombre de personnes déplacées dont elle a la charge plus que doubler.


Le rapport complet « Tendances mondiales 2008 » produit par la Section d'appui pour l'information et la coordination sur le terrain (Field Information and Coordination Support Section) du HCR est accessible sur le site Internet du HCR à l'adresse suivante : www.unhcr.org.
 
 A travers le monde un grand nombre de manifestations ont marqué la journée des réfugiés; en Belgique, c'est "Un cartoon pour les réfugiés", le nom de l'action par toutes les organisations en charge des réfugiés et demandeurs d'asile pour éclairer la problématique: les réfugiés ont fui leur pays parcequ'il y a des conflits armés ou parcequ'ils craignent des persécutions. ils n'ont pas choisi d'être réfugiés.
 
A travers le monde les actions les plus diverses ont marqué cette journée. "the World pays Tribute to refugees"