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Eric Besson veut maintenir le cap sur la politique d'immigration :tant pour l'expulsion de clandestins qu'en matière d'intégration ou de droit d'asile. Quant au vote des étrangers, on en reparlera plus tard...Mais un ton plus conciliant

pdf mise en ligne :03 09 2009 ( NEA say… n° 72 )

IMMIGRATION > Conditions d'accueil des réfugiés

Suite à l'article du journal la Croix, ce sont surtout les enfants de sans papiers et le mineurs non accompagnés qui ont retenu l'attention du monde associatif

"Je ne vais renoncer à rien", a dit cet ancien responsable socialiste en s'efforçant de démontrer que la feuille de route fixée par Nicolas Sarkozy alliait fermeté et humanité et que la France restait une "terre d'accueil". Concernant les expulsions d'étrangers en situation irrégulière, vues comme le baromètre d'un ministère très controversé, Eric Besson a annoncé que 17.350 sans-papiers avaient été expulsés sur les sept premiers mois de l'année. Il assuré que ce chiffre, inférieur à celui de la même période de 2008, ne l'empêcherait pas d'atteindre l'objectif de 27.000 reconduites à la frontière sur l'année assigné par le chef de l'Etat dans une lettre de mission très détaillée. Des associations humanitaires ayant dénoncé durant l'été une multiplication des placements de familles avec enfants en centre de rétention administrative, Eric Besson a dit qu'il ne comptait pas mettre fin à cette pratique. Selon lui, les parents sont "libres de choisir d'amener ou pas leurs enfants dans un centre de rétention ou de les confier à l'extérieur."
Le quotidien La Croix ayant indiqué que 242 enfants ont séjourné dans des centres de rétention en 2007, le ministre a annoncé qu'il ferait un recensement précis. Selon lui, 15 mineurs sont passés depuis le 15 août dans de tels lieux. Il a également mis en avant le fait que la circulaire qui permettait cette pratique avait été signée par l'ancien Premier ministre Lionel Jospin et plusieurs de ses anciens camarades socialistes. "Autrement dit, ce sont des socialistes qui ont pensé qu'il était plus sain pour les familles et les enfants d'adapter comme ça les chambres dans les chambres de rétention. Et ils ont bien fait de le faire", a-t-il dit sur LCI.

"Non, il n'y a pas de changement de politique (...) La France traite dignement les étrangers en situation irrégulière interpellés sur son territoire", a-t-il insisté lors de sa conférence de presse. La Ligue des droits de l'homme avait adressé une lettre ouverte au ministre pour lui demander de renoncer à de telles méthodes. "Nous vous demandons de mettre fin à cette inversion du droit qui ignore la spécificité de l'enfance et met notre pays dans une situation inacceptable au regard de ses engagements internationaux", écrivait-elle. Parallèlement aux expulsions, Eric Besson a insisté sur sa volonté d'augmenter la pression contre les filières d'immigration illégales, 86 ayant été démantelées du 1er janvier au 31 juillet, soit 30% de plus en un an.
Sur le plan de l'accueil, Eric Besson a avancé  une série de statistiques tendant à montrer que la France restait "un pays ouvert. "Ainsi, 104.827 titres de long séjour ont été délivrés entre le 1er janvier et le 31 juillet 2009, soit une progression de 0,7% par rapport à la même période de 2008, a-t-il dit. Dans cette catégorie, les autorisations de séjour accordées au titre de l'asile sont en très nette progression (+22%) mais celles délivrées dans le cadre de l'immigration familiale ont baissé de 7,6%. Avec 18.658 demandes d'asile déposées, soit une hausse de 32,6%, la France reste le premier pays européen pour le nombre de demandes d'asile reçues et pour le taux d'acceptation, a assuré Eric Besson.
 
Quant au vote des étrangers, la question n'est pas d'actualité, les français ont d'autres préoccupations on en reparlera plus tard…Comme l'ancien président socialiste, François Mitterrand, le ministre de l'Immigration se déclare en principe favorable au droit de vote des étrangers. Mais il ajoute aussitôt, dans le Figaro, que la question ne se pose pas vraiment : «Ce n'est pas un sujet d'actualité parce qu'actuellement ce n'est pas la préoccupation des Français»,a-t-il expliqué. L'ex-socialiste Eric Besson, secrétaire général adjoint de l'UMP, suggère qu'un débat soit lancé «dans la perspective» de l'élection présidentielle de 2012. Le candidat Sarkozy ne s'était-il pas dit favorable à ce droit en 2007 ? Le secrétaire général de l'UMP, Xavier Bertrand, s'est empressé de faire savoir, sur i-Télé, que le sujet ne fait «pas partie des préoccupations des Français». Pas question d'un débat qui détournerait l'attention «des priorités des Français».
 
Une politique à la recherche de son centre de gravité.
Du bilan des huit premiers mois dressé par le Ministre Eric Besson, il ressort que sa politique est à la recherche d'un centre de gravité perceptible. Pour l'heure présente, l'aspect répressif le dispute au souci de la bonne intégration des migrants et d'un traitement humain conforme au droit international. «Bien sûr que mon désir d'arrondir les angles est immense.» C'est par cette formule qu'Éric Besson a achevé jeudi la présentation du bilan de ses huit premiers mois au ministère de l'Immigration. L'ex-socialiste ne s'est guère appesanti sur la maîtrise des flux migratoires qui constitue pourtant le premier des objectifs de sa mission, si ce n'est pour dénoncer les filières de l'immigration illégale - «celles la traite des êtres humains, du proxénétisme, de l'exploitation de l'enfance, de l'esclavagisme moderne, de la servitude domestique» et faire état des progrès enregistrés dans la lutte contre celles-ci : 86 filières démantelées, 3 043 interpellations de trafiquants de migrants. Il a veillé  à ne pas employer les termes sensibles qui fâchent que sont par exemple «les tests ADN» et le «délit de solidarité», le ministre a surtout fait la part belle dans son discours aux missions consensuelles de son portefeuille ministériel : l'immigration légale, le droit d'asile, l'intégration, le développement solidaire. «La France reste une ­terre d'accueil et d'immigration», a souligné le ministre, ajoutant que son ministère pourrait d'ailleurs être celui de l'asile qui représente plus de 50 % de son budget. Près de 10 500 titres de long séjour ont été délivrés depuis janvier, en hausse de 0,7 %. Parmi ces autorisations de séjour, celles au titre du droit d'asile sont en hausse de 22 % - 7 049 - tandis que celles délivrées à titre professionnel - chères à Nicolas Sarkozy  de l'immigration choisie- et à titre familial reculent respectivement de 1,8 % et 7,6 %. Le ministre a annoncé jeudi que l'intégration sera «la priorité de ses quatre prochains mois» avec la tenue d'un comité interministériel sur le sujet «d'ici à la fin du mois». Dans le même temps, il devra aussi gérer la fermeture de la «jungle» de Calais. Conscient des difficultés à venir, il a indiqué qu'une opération à blanc «avec interprètes et médecins» serait organisée.
 
En conclusion : l'année qui vient de s'écouler a surtout  été marquée par le véritable bras de fer qui a opposé le ministre à la Cimade et aux autres associations de défense des étrangers dont Nea say a relaté les différents épisodes. Eric Besson  ne pouvait pas, à l'occasion de la présentation de son bilan, passer sous silence ces différents épisodes et il a tenu à montrer un ton plus conciliant : « j'aimerai beaucoup améliorer mes relations avec la Cimade » a-t-il déclaré et a ajouté à propos de ses relations avec l'ensemble des mouvements associatifs « qu'il y a un espace de dialogue et s'il reste des malentendus, il fera tout pour les lever ». Pour les quatre prochaines années la priorité sera l'intégration, a-t-il promis. Un comité interministériel se réunira dans les prochaines semaines. Autre engagement :  des initiatives sur l'identité nationale pour les migrants mais aussi pour l'ensemble des personnes vivant sur le territoire de la République : « il s'agit de lutter contre la tentation du communautarisme », a-t-il tenu à préciser. Un ton plus conciliant, la volonté d'une politique qui ne serait que répressive marque le pas. On a vu à l'occasion de l'épisode du "délit de solidarité" que l'opinion publique, et ce contrairement peut-être à certaines attentes, prenait ses distances avec le tout répressif.