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France : « Immigrés entrepreneurs », un nouveau titre de séjour est créé !

pdf mise en ligne :16 09 2009 ( NEA say… n° 72 )

IMMIGRATION > Conditions d'accueil des réfugiés

Le gouvernement veut attirer les immigrés entrepreneurs. Éric Besson, le mardi  15 septembreau ministère de l'Immigration, lors d'une conférence de presse en présence de chefs d'entreprise d'origine étrangère a présenté le dispositif qui  vise à éviter que ces étrangers aillent s'installer ailleurs qu'en France.

 «C'est une carte de résident Gold», a lancé le ministre de l'Immigration, Éric Besson, qui présentait i un nouveau titre de séjour, spécialement créé pour attirer «les investisseurs étrangers, les entrepreneurs, les talents venus d'ailleurs. C'est désormais la compétition mondiale pour séduire les meilleurs». Tout juste créée par décret, cette carte permet aux investisseurs nés à l'étranger d'obtenir d'emblée un titre de séjour de dix ans pour «contribution économique exceptionnelle». Au lieu d'un titre d'un an, qu'il fallait renouveler, créant une instabilité juridique. Dans le détail, il faudra investir dix millions, ou créer (ou préserver) 50 emplois pour obtenir cette carte de résident. Le ministère espère voir 200 personnes en bénéficier l'an prochain. «Disons-le clairement, notre pays a besoin d'immigration», a insisté Éric Besson. De «main-d'œuvre», comme par le passé, mais aussi des «capitaines». En France, l'immigration professionnelle représente moins de 20 % des visas longs séjours, contre 40 à 50 % dans les autres pays développés. «Aux États-Unis, un quart des entreprises de haute technologie sont créées par des étrangers», a expliqué le ministre, qui entend restaurer l'attractivité de la France.
Le nouveau dispositif devrait surtout bénéficier aux «sociétés étrangères qui hésitent à monter une filiale en France, plus qu'aux start-up», a relativisé Aruna Schwarz, une Indienne à la tête d'une entreprise de high-tech en France. «Mais j'ai créé ma société avec 40 000 euros ! On est loin des dix millions.» Le ministre a d'ailleurs reconnu un dispositif «un peu élitiste». Cette mise de départ a été calculée sur la moyenne des investissements étrangers réalisés en 2008. Mais le montant pourra être ajusté, a fait savoir le ministre. Car «il s'agit de valoriser tous les créateurs d'origine étrangère».  C’est un signal qui se veut positif.
Une trentaine d'entrepreneurs étaient venus apporter leur témoignage. Des déracinés, arrivés autrefois en France pour fuir le Liban ou le Vietnam en guerre. Des étudiants restés après des études supérieures.  «Ce nouveau visa ne récompense pas forcément des parcours comme les nôtres,  ont-ils-il reconnu. Mais c'est un signal positif, pour les immigrés et les enfants de l'immigration, trop souvent décriés.» Eux-mêmes semblent avoir évité ces stigmates. Comme si leur réussite avait emporté les «mauvais souvenirs et tracas administratifs».
Si la France veut attirer des talents, ce n'est pas seulement son système de visas qu'elle doit assouplir, mais «toute la création d'entreprises et notamment le secteur recherche et développement qu'il faut encourager», ont martelé ces chefs d'entreprise, reprenant l’antienne de tous les entrepreneurs français.