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La fracture numérique s'impose à la fête de l'Internet

pdf mise en ligne :27 03 2006 ( NEA say… n° 09 )

COOPERATION JUDICIAIRE PENALE > Programme de La Haye

C’est la fête de l’Internet, réjouissons-nous! Toute fête a son revers: ici, il se nomme la "fracture numérique". Le Parlement vient de le désigner en adoptant sa résolution qui a suivi l’examen de la communication de la Commission de juin 2005 "i2010-Une société de l’information pour la croissance et l’emploi". D’emblée, le Parlement européen nous dit "il n’y aura pas de société de la connaissance sans élimination de la fracture numérique. Autrement dit, sans la possibilité pour tous d’accéder à la connaissance, d’en faire usage et de participer à sa production, ce sera le déclin culturel et industriel de l’Union européenne toute entière". Faut-il rappeler que la société de la connaissance est l’acte fondateur de la stratégie de Lisbonne?
Récemment, la Commission a rappelé le rôle majeur de la stratégie dite stratégie "i-2010" dans la lutte contre les déséquilibres régionaux et sociaux, mis en exergue dans cette autre communication intitulée "La politique de cohésion pour soutenir la croissance et l’emploi: orientations stratégiques communautaires 2007-2013" qui marquait la révision de la stratégie de Lisbonne, première mouture.

Trois objectifs sont retenus par le Parlement européen: un espace européen unique pour les nouvelles technologies de l’information, des investissements en matière de recherche et d’innovation, et une société européenne de l’information fondée sur l’inclusion et non l’exclusion.

Concernant ce dernier objectif, il appelle les Etats membres à communiquer les progrès réalisés dans ce domaine. Le succès sera mesuré en fonction de la perception du problème par les citoyens. Il note que plus de la moitié de la population n’a pas accès aux nouvelles technologies de l’information et qu’il convient de promouvoir l’alphabétisme numérique, chez les jeunes comme chez les adultes et les femmes en particulier. En raison du vieillissement de la population, les solutions techniques retenues doivent être des solutions convenant à tous, personnes âgées ou handicapées par exemple. Le droit d’accéder à l’information appartient à tous les citoyens.

Les médias et les nouvelles technologies sont désormais en mesure de conditionner d’une manière importante les idées et les comportements des citoyens et sont indissolublement liés à la vie démocratique. L’e-accessibilité est nécessairement fondée sur le socle des droits de l’Homme. Les principes de confiance et de protection de la vie privée sont essentiels. Le Parlement européen demande à la Commission de veiller particulièrement à l’utilisation abusive des nouvelles technologies dans le cadre de la traite des femmes et des enfants

Le désenclavement numérique de certains territoires ruraux est essentiel: ces territoires peuvent contribuer à la croissance des richesses, ils ne doivent pas souffrir d’un handicap de départ.

Tous les acteurs, tous les opérateurs doivent respecter pleinement la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne et la Convention de l’Unesco sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles du 20 octobre 2005 . La Convention de l’Unesco ne fait pas seulement obligation aux Etats membres de protéger la diversité culturelle et d’encourager le multiculturalisme, elle consacre aussi la double nature des médias et des nouvelles technologies: elle est à la fois économique et culturelle. Les nouvelles technologies peuvent être des instruments très positifs du renforcement et de la protection de la diversité culturelle et du multilinguisme.

Insister sur la dimension du genre est impératif: il faut éviter les répercussions fâcheuses de la révolution numérique sur l’égalité ou la perpétuation des inégalités. Les femmes sont concernées par les risques d’analphabétisme numérique de façon disproportionnée. Cette lutte doit faire l’objet d’actions spécifiques. Le Parlement européen prie donc la Commission de réaliser, en collaboration avec l’Institut européen pour l’égalité entre les hommes et les femmes, une analyse de l’acquis communautaire, d’entamer un dialogue avec les principaux acteurs du secteur des médias afin d’élaborer un Code de l’égalité entre les femmes et les hommes au sein des médias et des nouvelles technologies et de s’assurer de la pleine participation des femmes, non seulement en qualité d’utilisatrices mais également en tant que forces créatrices dans une société de la communication et de l’information qui est en pleine émergence.

Les Etats membres doivent faire en sorte que les femmes puissent avoir accès à des nouvelles possibilités d’emploi, si prometteuses dans ces nouveaux domaines, et faire en sorte qu’elles ne soient pas désavantagées par les conditions de travail et par les philosophies d’organisation propres à l’industrie mondiale des nouvelles technologies de la communication et plus particulièrement sur le plan de la flexibilité des conditions de recrutement et d’emploi.

Une attention particulière doit être accordée à la situation des femmes dans les zones rurales, insulaires, montagnardes ou géographiquement reculées, périphériques, ainsi qu'aux femmes appartenant à des minorités, immigrées, maltraitées, détenues, handicapées ou en situation de grande vulnérabilité, alors même que l’on sait que, toutes, elles pourraient trouver dans ces nouvelles technologies des moyens efficaces pour une plus grande participation à la vie économique, politique et sociale. Le Parlement européen invite les Etats membres à garantir l’accès au crédit, à engager et promouvoir davantage de femmes au niveau de la prise de décision, pour que les femmes en entreprises, notamment les propriétaires de petites entreprise ou de micro entreprises, puissent tirer pleinement parti des possibilités offertes par les nouvelles technologies.

► Communication de la Commission "Combler le fossé existant en ce qui concerne la large bande", COM (2006) 129 du 20 mars 2006. (pdf)
Commission Communication "Bridging the Broadband Gap", 20 March 2006. (pdf)
Communiqué de presse

► Communication de la Commission "i2010 – Une société de l’information pour la croissance et l’emploi", COM (2005) 229 du 1er juin 2005.
Communication from the Commission "i2010 – A European Information Society for growth and employment".

► Communication de la Commission "Une politique de cohésion pour soutenir la croissance et l’emploi - Orientations stratégiques communautaires 2007-2013", COM (2005) 299 du 5 juillet 2005.
Communication from the Commission "Cohesion Policy in Support of Growth and Jobs - Community Strategic Guidelines, 2007-2013".

► EUROSTAT, La fracture numérique en Europe, Statistiques n°38/2005, 10 novembre 2005.

ESNET, collectif de lutte contre la fracture numérique

► First Conference "Information and Communication Technogies for an Inclusive Society", Riga, 11-13 June 2006.