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Sarkozy met en garde contre une pratique ostentatoire de la foiNicolas Sarkozy se refuse à envisager l'interdiction de construire des minarets en France.

pdf mise en ligne :08 12 2009 ( NEA say… n° 79 )

DROITS FONDAMENTAUX > Liberté de pensée, de conscience et de religion

 Il met en garde les croyants de toutes les religions contre toute pratique ostentatoire ou provocatrice de leur foi. Dans une tribune publiée dans Le Monde daté de mercredi 9 décembre, le chef de l'Etat dénonce dans le même temps les critiques qui ont accueilli en France la victoire du "oui" au référendum suisse sur l'interdiction des minarets, estimant qu'elles traduisent un "méfiance viscérale pour tout ce qui vient du peuple".

Il juge néanmoins que ce genre de problèmes n'appelle pas une réponse aussi tranchée mais "doit être résolu au cas par cas dans le respect des convictions et des croyances de chacun".
La publication de cette tribune est sa deuxième contribution au débat très controversée sur l'identité nationale lancé par le ministre de l'Immigration, Eric Besson, un débat qui a pris une dimension religieuse depuis la votation suisse du 29 novembre. Pour Nicolas Sarkozy, ce qui s'est passé en Suisse "n'a rien à voir avec la liberté de culte ou la liberté de conscience" et rappelle la victoire du "non" au référendum français de 2005 sur la nouvelle constitution européenne.

"Les peuples d'Europe sont accueillants, sont tolérants, c'est dans leur nature et leur culture. Mais ils ne veulent pas que leur cadre de vie, leur mode de pensée et de relations sociales soient dénaturés", a-t-il indiqué. "Et le sentiment de perdre son identité peut être une cause de profonde souffrance", poursuit-il, avant d'estimer que la "mondialisation contribue à aviver ce sentiment". Il en résulte selon lui un "besoin d'appartenance" auquel on peut répondre "par la tribu ou par la nation, par le communautarisme ou par la République."


"L'identité nationale, c'est l'antidote au tribalisme et au communautarisme. C'est pour cela que j'ai souhaité un grand débat sur l'identité nationale", fait-il valoir. A partir de là, le chef de l'Etat oppose le "métissage" ou la "volonté de vivre ensemble" au communautarisme, qui est "le choix de vivre séparément" et appelle les Français à "respecter ceux qui arrivent" comme il demande aux immigrés de "respecter ceux qui accueillent". "Respecter ceux qui arrivent, c'est leur permettre de prier dans des lieux de culte décents", indique-t-il en rappelant son action en faveur de la religion musulmane, pour qu'elle soit considérée à l'égal des autres, lors de son passage au ministère de l'Intérieur.

"Respecter ceux qui accueillent, c'est s'efforcer de ne pas les heurter, de ne pas les choquer, c'est en respecter les valeurs, les convictions, les lois, les traditions et les faire - au moins en partie, siennes" ajoute-t-il. Aux plus de cinq millions de Français d'origine musulmane, Nicolas Sarkozy promet ainsi de combattre "toute forme de discrimination". Mais il dit aussi que "tout ce qui pourrait apparaître comme un défi" à l'héritage chrétien de la France et aux valeurs de la République "condamnerait à l'échec l'instauration si nécessaire d'un Islam de France".Pour ces raisons, il conclut sa tribune en déclarant que tout Français croyant "quelle que soit sa foi, quelle que soit sa croyance (...) doit savoir se garder de toute ostentation et de toute provocation et, conscient de la chance qu'il a de vivre sur une terre de liberté, doit pratiquer son culte avec l'humble discrétion qui témoigne non de la tiédeur de ses convictions mais du respect fraternel qu'il éprouve vis-à-vis de celui qui ne pense pas comme lui, avec lequel il veut vivre".