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Conférence de Copenhague et Réfugiés climatiques : un nouveau rapport de l'OIM révèle de graves défaillances et appelle à renforcer la protection des réfugiés climatiques Le rapport infirme les craintes de les voir se diriger vers les pays riches.

pdf mise en ligne :11 12 2009 ( NEA say… n° 79 )

IMMIGRATION > Conditions d'accueil des réfugiés

 Alors que le monde redécouvre le problème après dix ans d'insouciance, une nouvelle étude de l'OIM destinée à évaluer les données existantes sur la migration et l'environnement met en évidence la nécessité d'accroitre les efforts de gestion des mouvements internes et transfrontaliers qui ont lieu à cause du changement climatique et de la dégradation de l'environnement.

Bien que les données sur la question soient très peu fiables, le rapport, intitulé "Migration, environnement et changement climatique : évaluer les données", indique non seulement que les mouvements humains à grande échelle causés par le changement climatique et la dégradation de l'environnement sont inévitables mais qu'ils sont déjà en marche. Toutefois, ces flux s'effectuent surtout à l'intérieur des pays ou vers les pays voisins, infirmant ainsi certaines craintes de voir des millions de personnes pauvres se diriger vers les pays riches en raison du changement climatique.
Le nombre de personnes touchées par les catastrophes naturelles a plus que doublé ces dernières années. Cependant, le rapport souligne qu'il n'y a pas eu d'augmentation des migrations internationales depuis les régions touchées au cours de cette période. 
Au contraire, selon ce rapport, établi grâce au soutien de la Fondation Rockfeller, la recherche montre que la majorité des flux migratoires provoqués par les catastrophes naturelles soudaines ou lentes (la sécheresse, par exemple) sont avant tout internes. Les mouvements se font entre zones rurales ou de zones rurales à zones urbaines. A l'inverse, la migration internationale est un mouvement principalement transfrontière - elle requiert une certaine organisation et des ressources dont les personnes qui ont perdu leurs maisons ou leurs moyens d'existence ont peu de chances de disposer.  Certains Programmes d'Action Nationaux d'Adaptation (PANA) menés par les pays les moins avancés afin de s'adapter au changement climatique citent justement des cas où le réchauffement climatique et les autres facteurs environnementaux sont responsables de la migration interne. Par exemple, au Mali, les flux s'effectuent du nord vers le sud et vers les côtes d'Afrique de l'ouest. Il s'agit pour eux d'une stratégie spontanée d'adaptation à la sécheresse. Le pays reconnait cependant que cette migration interne ajoute une pression supplémentaire sur un écosystème déjà fragile.
Un autre aspect mis en avant par le rapport est l'impact souvent négligé mais non moins grave des catastrophes naturelles lentes par rapport aux phénomènes climatiques extrêmes tels que les tempêtes ou les inondations. Entre 1979 et 2008, 718 millions de personnes ont été victimes de tempêtes alors que 1,6 milliard de personnes ont été touchées par la sécheresse. Pourtant, certains pays tels que Sao Tomé-et-Principe, les Iles Samoa, les Iles Salomon et les Maldives voient la réinstallation interne vers des régions plus sûres comme la seule stratégie d'adaptation au changement climatique.

Le rapport indique qu'en général, les pays prévoient de gérer les migrations environnementales à l'intérieur du pays, à l'exception des petits Etats insulaires menacés par la montée du niveau des  eaux qui, dans certains cas, a déjà effacé certaines îles de la carte, provoquant ainsi des flux migratoires internationaux. Cependant, l'ampleur potentielle des mouvements futurs nécessitera d'apporter un soutien international aux pays les moins avancés qui sont les plus touchés par la migration environnementale interne et transfrontière car ces pays n'auront pas la capacité ou les ressources pour gérer de tels flux.

Le rapport met également en évidence les carences politiques préoccupantes dans les pays de destination du monde industrialisé pour faire face à la migration environnementale. Même s'ils reconnaissent que l'impact du changement climatique sur la migration est surtout d'ordre interne, la migration internationale est néanmoins susceptible d'être de plus en plus importante dans l'avenir et nécessitera la mise en œuvre de programmes politiques qui sont aujourd'hui inexistants.
Les zones sensibles potentielles de la migration internationale sont également identifiées. Ce sont des pays où les taux d'émigration sont élevés, qui doivent relever des défis socio-économiques considérables et faire face à des catastrophes climatiques lentes qui ont des conséquences sur certains aspects tels que la sécurité alimentaire. Parmi ces pays, on trouve  l'Afghanistan, le Bangladesh, la plupart des pays d'Amérique centrale et plusieurs pays d'Afrique de l'ouest et d'Asie du sud-est.
Cependant, ce manque persistent de données sur les migrations, le changement climatique et la dégradation de l'environnement représente un obstacle majeur pour dresser un tableau plus clair sur la question et faire des projets. La grande variabilité des estimations existantes sur le nombre de migrants environnementaux (entre 25 millions et 1 milliard d'ici 2050) ne fait que confirmer ce manque de données sur la question.
Le rapport expose également la nécessité d'adopter une approche plus équilibrée dans la compréhension du lien entre la migration et le changement climatique, un sujet complexe qui est souvent perçu comme un phénomène de déplacement forcé provoqué par des événements climatiques extrêmes et qui néglige le rôle décisif que la migration peut jouer dans l'adaptation à cette nouvelle réalité climatique.

Le rapport, seule publication qui réunit tous les champs de la recherche actuelle sur la migration et l'environnement, peut être téléchargé sur : http://publications.iom.int/bookstore/free/migration_and_environment.pdf