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19 décembre 2009 : l'UE ouvre ses frontières à la Serbie, au Monténégro et à la Macédoine. Indifférence ou ignorance dans l'UE, joie démonstrative dans les trois pays. La Serbie dépose à Stockholme sa demande d'adhésion à l'Union européenne.

pdf mise en ligne :20 12 2009 ( NEA say… n° 79 )

LIBRE CIRCULATION DES PERSONNES > Ressortissants de pays tiers

C'est un tournant pour les Balkans. L'Union européenne a ouvert samedi ses frontières à plus de dix millions de Serbes, de Monténégrins et de Macédoniens, qui n'ont désormais plus besoin de visas.
Les trois pays ont fêté cet événement avec des feux d'artifice, des concerts et diverses festivités qui ont duré toute la nuit. A minuit, les bouchons de champagne ont sauté pour marquer la fin d'une période de 20 ans considérée par beaucoup d'habitants de la région comme une humiliation. Apparemment encouragée par la décision  des Vingt-Sept, le gouvernement serbe a annoncé que le pays allait officiellement faire acte de candidature à l'intégration dans les rangs de l'UE. Le Monténégro et la Macédoine ont déjà déposé leur demande. "Nous nous souviendrons tous de ce jour. Enfin, les règles communes s'appliquent aussi à nous", a déclaré le chef de la diplomatie serbe Vuk Jeremic. On a sablé aussi le champagne à bord d'un vol spécialement affrété à minuit entre Belgrade et Bruxelles, siège de l'Union européenne: le vice-Premier ministre Bozidar Djelic accompagnait une cinquantaine de ses compatriotes pour leur premier voyage dans un pays de l'UE. Et à la frontière avec la Hongrie, des centaines de personnes avaient bravé le froid pour être les premières à franchir cette frontière désormais ouverte.  Associated Press rapporte les déclarations d'un étudiant comme preuve de l'enthousiasme qui a saisi les populations, un coup dur porté aux forces radicales nationalistes et retrogrades : "Nous sommes enfin libres", a déclaré, tout sourire, un étudiant serbe de Subotica qui n'a donné que son prénom, Zarko. Un groupe de 50 citoyens serbes s'est rendu au Parlement européen le 19 décembre pour fêter la libéralisation du régime des visas. 
 
Des visas avaient été imposés alors que l'ex-Yougoslavie s'effondrait et plongeait dans la guerre en 1991.
C'est le 30 novembre que l'Union européenne a décidé que les ressortissants de l'ancienne République yougoslave de Macédoine, du Monténégro et de Serbie pourraient se rendre sans visa dans l'espace Schengen  et cela à dater du 19 décembre 2009.
La Commission a alors par la voix de ses deux commissaires concernés, Jacques Barrot et Olli Rehn, célébré l'évènement. Pour le  vice-président Jacques Barrot  l'importance politique de cette décision  est à souligner en ce qui concerne la mobilité des citoyens des trois pays. Il a mis en avant les réformes adoptées ces deux dernières années par ces pays dans les principaux domaines de la justice, de la liberté et de la sécurité. « En simplifiant la mobilité des ressortissants de l'ancienne République yougoslave de Macédoine, du Monténégro et de Serbie, l'Union encouragera les contacts entre les États membres et ces trois pays et ouvrira une nouvelle ère de coopération avec ceux-ci », a affirmé le vice-président. De son côté Olli Rehn, commissaire chargé de l'élargissement,  a fait remarquer que « La décision adoptée aujourd'hui traduit la perspective européenne claire offerte aux pays des Balkans occidentaux et elle est le résultat de l'important travail accompli par les pays concernés pour satisfaire aux exigences de la libéralisation du régime des visas ».
Le nouveau régime d'exemption de visa s'appliquera à tous les détenteurs d'un passeport biométrique, qui pourront désormais se rendre dans l'espace Schengen et y séjourner jusqu'à 90 jours par période de six mois. Rappelons que l'espace Schengen regroupe 28 pays européens, à savoir tous les États membres de l'UE à l'exception du Royaume-Uni et de l'Irlande, ainsi que trois pays n'appartenant pas à l'Union, c'est-à-dire l'Islande, la Norvège et la Suisse. Les personnes ne possédant pas de passeport biométrique et les résidents du Kosovo détenteurs d'un passeport serbe délivré par la direction de coordination établie à Belgrade devront encore disposer d'un visa. Il en va de même pour les personnes qui ont l'intention de travailler durant un bref séjour ou qui souhaitent séjourner plus de 90 jours dans l'espace Schengen: elles doivent être en possession d'un visa et d'un permis de travail. La Commission a entamé, début 2008, le dialogue relatif à la libéralisation du régime des visas avec l'ancienne République yougoslave de Macédoine, le Monténégro, la Serbie, l'Albanie et la Bosnie-et-Herzégovine. Les feuilles de route de la Commission, établissant les conditions auxquelles chaque pays devait satisfaire, ont constitué la pierre angulaire de ce dialogue. En juillet 2009, la Commission a proposé de supprimer l'obligation de visa pour les trois premiers pays. Le Parlement européen a émis un avis positif  à une date récente en novembre 2009. 
 
 Couronnement d'une série de succés, la Serbie dépose sa candidature à l'Union européenne, le 22 décembre à Stockholm, une démarche  véritablement historique. La Serbie, 7,5 millions d'habitants, est donc en passe de franchir le pas du dépôt de candidature à l'UE, en dépit des mises en garde qui lui avaient été adressées ces dernières semaines par plusieurs Etats membres sur les risques d'une candidature prématurée. Un dépôt de candidature auprès de la présidence de l'UE est la toute première étape pour un pays aspirant à l'Union. Il appartient alors à la présidence de l'Union de transmettre cette candidature aux Etats membres de l'UE, qui décideront alors, en temps voulu et à l'unanimité, de la communiquer pour avis à la Commission européenne. Ce dépôt de candidature intervient après deux succès pour la Serbie dans sa progression européenne, outre l’accord sur les visas, la mise en oeuvre, longtemps bloquée, d'un accord de libre-échange entre l'UE et Belgrade.         

L'Albanie et la Bosnie-et-Herzégovine, qui sont également concernées par le dialogue sur les visas, ne sont pas incluses dans la décision , la dernière évaluation réalisée par la Commission ayant montré qu'elles ne satisfaisaient pas encore complètement aà toutes les exigences. La Commission a intensifié l'assistance qu'elle apporte à ces deux pays pour la mise en œuvre des réformes nécessaires. Elle procédera à une nouvelle évaluation entre décembre 2009 et février 2010. Dès que ces deux pays auront accompli les progrès nécessaires en ce qui concerne l'exécution des feuilles de route, la Commission ne manquera pas de proposer la levée de l'obligation de visa imposée à leurs ressortissants.