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 Quand les internautes français  luttent contre la Cybercriminalité. Europol associé.

pdf mise en ligne :16 01 2010 ( NEA say… n° 81 )

COOPERATION POLICIERE ET JUDICIAIRE > Lutte contre la cybercriminalité

Un an après le lancement d'un site dédié au signalement, la police a collecté plus de 50 000 signalements. Une super plate-forme Icros (Internet Crime Reporting Online System) va voir le jour au sein d'EUROPOL.

Pervers sexuels, escrocs abusant de la générosité du public après une catastrophe comme celle d'Haïti, nostalgiques du nazisme, champions du hacking ou encore pirates bancaires… Une traque sans précédent est menée sur le Web par l'Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l'information (OCLCTIC) qui a ouvert un portail électronique aux quelque 30 millions d'internautes français surfant sur la Toile. Lancée sous une forme embryonnaire il y trois ans, cette «plate-forme de signalement des contenus illicites» ne collectait à l'origine que les affaires de pédopornographie ou d'atteintes aux mineurs décelées sur des sites ou des forums de discussion.

Depuis son extension en janvier 2008 à l'ensemble des contenus illicites sur Internet, sa fréquentation bat des records. Ce guichet policier baptisé Pharos (www.internet-signalement. gouv.fr) a franchi la barre des 52 353 signalements enregistrés. Soit un rythme d'un millier de signalements  par semaine et une augmentation de 500 % par rapport à l'année précédente. «Avant la mise en place de ce site, nombre d'internautes se présentaient dans des commissariats ou des brigades de gendarmerie en notant sur des morceaux de papier des faits pas toujours cohérents ou compréhensibles. Par ailleurs, le même fait pouvait être dénoncé au même moment à quinze services de police ou de gendarmeries différents. En centralisant l'information sur un guichet unique, sont  supprimées ces redondances et des enquêtes inutilement menées en parallèle.

Après recoupements, les cyberpoliciers ont établi pas moins de 25.918 fiches de contenus ou comportements suspects. La moitié concerne des escroqueries extravagantes: outre les fausses loteries ou appels aux dons lors de catastrophes, les escroqueries les plus courantes sont liées à des annonces de voitures vendues à prix bradés à l'étranger et dont il faut avancer les frais de douanes. D'autres, dites «à la nigériane», mettent en scène des prétendues princesses déchues, des émirs de pacotille ou de fumeux aventuriers demandant aux gogos des sommes considérables pour débloquer des pactoles à l'autre bout du monde. En général, l'extravagance des scénarios n'a d'égal que l'extrême  crédulité des victimes.L'escroquerie  aux sentiments sur les sites de rencontres personne cherchant l'âme sœur à distance par exemple) est la nouvelle tendance, avec chantages à l'appui.

Les internautes ont en outre dénoncé plus de 7 400 atteintes visant des mineurs, essentiellement liées à la pédopornographie. Peu à peu,  Pharos devient un acteur incontournable de la "police du Web" : il fait en sorte que cet espace de liberté ne soit pas synonyme de zone de non-droit…» L'année dernière encore, près de 1 350 sites ou blogs xénophobes, néonazis, révisionnistes ont été portés à la connaissance des cyberenquêteurs. Les plus structurés sont hébergés aux États-Unis, retranchés derrière le premier amendement de la Constitution garantissant une absolue liberté d'expression. Dans le cadre de la future loi d'orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure (Loppsi), les fournisseurs d'accès pourraient bloquer dès le printemps un millier de sites figurant sur une liste noire. Par ailleurs, à l'initiative de la police judiciaire française pendant la présidence française de 2008, une «super plate-forme» Icros (Internet Crime Reporting Online System) verra le jour d'ici à la fin de l'année au sein d'Europol pour mieux coordonner la répression des sites illicites à travers les 27 pays de l'Union. Aujourd'hui encore nombre de sites interdits refleurissent peu après dans des pays voisins. La stratégie de lutte ne peut être qu'européenne. Cf. communiqué de presse de Europol suite à une réunion d'experts  en cybercriminalité de décembre 2009.

Les renseignements recueillis par la plate-forme de signalement des contenus illicites sont ensuite filtrés par l'Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l'information (OCLCTIC). Ils ont donné lieu en 2009, 6 110 transmissions pour information ou action à des services de terrain. A 1530 reprises, les dossiers ont été transmis via Interpol aux polices étrangères dans le but de fermer des noms de domaines ou de contenu illicites. En France, 80 enquêtes préliminaires ont été ouvertes. Les investigations ont débouché sur la mise au jour de trafics d'armes, de médicaments ou d'autres affaires malsaines de toutes sortes.