Une information citoyenne au service d'une identité européenne
Réactions, commentaires et débats avec des invités

Glossaire interactif des termes de l'Espace de liberté, de sécurité et de justice
Observatoire législatif de l’Espace européen de liberté, de sécurité et de justice
Veille juridique et documentaire axée sur la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne
Actualités des grands projets de l'Union européenne
Dossiers documentaires thématiques
Actualités sur le rôle de l'Union européenne dans le monde
Une information citoyenne au service d'une identité européenne

Des chiffres pour rétablir l'équilibre entre perception et réalité du terrorisme international

pdf mise en ligne :05 04 2006 ( NEA say… n° 10 )

COOPERATION JUDICIAIRE PENALE > Lutte contre la violence envers les enfants

"Au vu du nombre d’incidents et de victimes mortelles dus au terrorisme international, il est difficile de soutenir le point de vue selon lequel le terrorisme international représente une menace d’envergure existentielle et que, par conséquent, le contre-terrorisme doit être considéré comme une guerre de longue durée (…) Il convient davantage de considérer le terrorisme international comme un défi que comme une menace". Telle est la principale conclusion d’une étude de Rik Coolsaet et de Teun Van de Voorde, du département des Sciences politiques de l’Université de Gand, que vient de publier le Groupe de recherche et d’information sur la paix et la sécurité (GRIP). Ces conclusions rejoignent assez largement celles de Gérard Chaliand, citées dans NEA say… n°7.

Les auteurs s’étendent largement sur leur méthode de travail et la définition des concepts utilisés. L'une et les autres peuvent être discutées. Ainsi, l’étude tient pour du "terrorisme international" les attentats qui ont endeuillé Madrid, mais pour du "terrorisme national" ceux de Londres. On peut discuter de tout cela, mais sans remettre radicalement en cause la conclusion: les pays occidentaux ont mis en place une culture sécuritaire sans commune mesure avec la vraie menace terroriste. S’exprimant devant la commission des libertés du Parlement européen, M. De Vries, "Monsieur anti- terrorisme" de l’Union européenne, n’indiquait-il pas, il y a quelques jours, que personne n’était certes à l’abri d’un attentat terroriste, mais que la menace avait globalement décru, se réduisant à 3 ou 4 foyers, et que, singulièrement, Al-Quaida avait perdu la plus grande partie de sa capacité opérationnelle?

L’année 2005 est marquée par un déclin général du terrorisme international, nous disent les auteurs de l’étude, de 40% pour le nombre de victimes, et de 30% pour la quantité d’attaques. La perception du terrorisme international en tant que menace extérieure n’est donc pas confirmée par la réalité des chiffres de mortalité. C’est le Moyen-Orient qui est le plus touché: en 2005, en Irak et en Jordanie, presque neuf victimes mortelles sur dix sont liées au terrorisme international. Contrairement au terrorisme international, le terrorisme national est en recrudescence, le nombre d’incidents et de morts ayant respectivement augmenté de 90% et 60%. Cette croissance est due essentiellement à l’Irak, où le nombre de morts dus au terrorisme national a augmenté brusquement à partir de 2004. En 2005, les sunnites irakiens et les groupes djihadistes ont été responsables de 80% des morts.

Les auteurs tirent de l’analyse de leurs chiffres que les pays occidentaux ne sont pas les principales cibles du terrorisme djihadiste. La concentration des victimes au Moyen-Orient montre que les principales victimes du terrorisme perpétré au nom de l’Islam sont les musulmans…Ce qui permet de comprendre le déclin de la sympathie dont jouit le terrorisme djihadiste, et en particulier Oussama Ben Laden, dans les pays musulmans, comme l’a montré l’enquête américaine du Pew Research Center. La guerre en Irak a donné un énorme coup d’accélérateur au terrorisme: ce pays est désormais l’épicentre du terrorisme, provoquant un choc au sein d’une même civilisation, alors que la mode voudrait que l’on parle d'un choc des civilisations.