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Femmes et migrations : un livre à lire : « Migrer au féminin » de Mme Roulleau-Berger. Elles représentent la moitié des migrantsLes femmes sont de plus en plus nombreuses à émigrer seules.

pdf mise en ligne :12 04 2010 ( NEA say… n° 86 )

IMMIGRATION > Politique d'intégration

Les femmes sont de plus en plus nombreuses à émigrer seules. Selon les Nations-Unies elles sont 49%  des migrants en 2010 ; C'est en Europe que leur part est la plus élevée : 52%, suivie de l'Océanie (51,2%) et du continent américain et des Caraïbes (50,1%). En Afrique la majorité est le fait des hommes, les femmes n'étant que 46,8% ce qui représente malgré tout un pourcentage important. En Asie elles représentent 44,6% mais avec de fortes disparités, par exemple en Indonésie, elles représentent 70% des migrants.
Qui sont ces femmes qui constituent la moitié des 214 millions de migrants dans le monde ? Quels sont leurs parcours, leurs aspirations ? Même si le regroupement familial demeure un motif important de déplacement, la migration des femmes émigrent seules et le regroupement familial n'est pas la motivation dominante. Peu de chiffres existent à ce sujet ce sont les études sociologiques qui nous renseignent à ce sujet.
" Dans Migrer au féminin (PUF, 192 pages, 15 euros),, Laurence Roulleau-Berger, directrice de recherche au CNRS, lève un coin du voile sur les parcours de quelque 187 femmes venues de Chine, d'Afrique subsaharienne et du Maghreb, ou d'Europe centrale et orientale et installées en France depuis moins de dix ans. La sociologue a également interviewé certains de leurs employeurs. Trait commun à toutes ces femmes, leur migration, assure Mme Roulleau-Berger, témoigne d'une conquête de leur autonomie. Même si les raisons économiques sont assurément à la base de leur départ, "le désir de se réaliser" n'est jamais très loin. "Ces femmes en migration ont décidé de partir pour accéder au "gouvernement d'elles-mêmes", assure la sociologue, en reprenant une expression du philosophe Michel Foucault. Leur position sur le marché du travail dépend de leur capacité à parler ou pas la langue du pays d'accueil. "Si elles se trouvent en insécurité linguistique, la première étape sera très souvent de travailler dans une enclave ethnique. Ce sont souvent les niches ethniques qui distribuent  le travail dans les entreprises contrôlées par la diaspora, dans le textile ou la restauration. La "niche ethnique" constitue un pas de plus vers l'intégration. Contrairement aux enclaves, les employeurs sont des nationaux et les populations étrangères y sont mixées entre différentes nationalités et origines, comme dans les entreprises de nettoyage.
Les employeurs contribuent à la formation de niches ethniques et pluriethniques en favorisant l'embauche de femmes en migration originaires d'un même pays", écrit Mme Roulleau-Berger. Parfois avec des raisonnements à la limite du racisme. «  Tout ce dont on a besoin, ces gens l'ont en eux «  rapporte la sociologue. Entre les femmes sans papiers, en grande insécurité sociale, celles recrutées dans les services d'aide à la personne (garde d'enfants, soins aux personnes âgées, etc.) dont l'Europe vieillissante a besoin et les femmes très qualifiées qui composent une partie des élites internationales, la sociologue fait également apparaître des commerçantes qui traversent la planète. A l'image de ces Africaines qui font du commerce de bijoux ou de vêtements qu'elles vont chercher en Arabie saoudite et en Italie et viennent revendre en France ou au Sénégal, ces migrantes "fabriquent de la globalisation et à d'autres moments en sont l'objet", commente la sociologue. Mme Roulleau-Berger décrit avec acuité cette « mondialisation par le bas".

Lors de la journée internationale de la femme la Commission européenne a placé l'égalité et l'émancipation au premier rang des priorités du développement http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=IP/10/248&format=HTML&aged=0&language=FR Bien entendu on ne peut cacher le traffic des êtres humains qui sont derrière ces migrations http://www.s-af.org/modules/news/article.php?storyid=102
 
Le réseau des femmes migrantes adresse une lettre ouverte aux ministres européens de l'immigration réunis à Saragosse http://epacvaw.org/IMG/pdf/Lettre_ouverte_ENoMW_Integration_Ministerial_14042010_FR.pdf