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Une autre perception de l'immigration

pdf mise en ligne :21 04 2006 ( NEA say… n° 11 )

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Avec le blocage au Sénat américain d'une loi sur l'immigration, soutenue par George W. Bush, qui permettrait la régularisation de près de 12 millions de travailleurs clandestins, les États-Unis ont connu le réveil d'un débat de société, porté par des manifestations pacifiques un peu partout dans le pays.
Pour reprendre l’expression du Washington Post, le "géant latino", endormi, s’est réveillé. Ceux qui défilent aujourd’hui voteront demain. L’ambiance est celle des manifestations en faveur des droits civiques du début des années 1960, plus que l’ambiance anti-guerre, qu’il s’agisse du Vietnam ou de l’Irak. "Nous sommes une nation d’immigrants" rappelle Ted Kennedy. Les clivages politiques traditionnels volent en éclat. Le président Bush, d’ordinaire si prompt à trancher, hésite et ne se trouve pas spontanément là où on l’attendait. Le thème constituera l’enjeu des élections de l’automne prochain. Les raisonnements se font complexes, nuancés et à certains égards paradoxaux, en tous cas loin des schémas simplificateurs qui dominent en Europe. L’immigration y est perçue souvent comme une opportunité: la demande de travail est un produit positif de l’immigration qui ne nuit pas à la main d’œuvre locale avec laquelle elle était censée entrer en concurrence. Même le thème sécuritaire, pourtant si populaire aux États-Unis, ne fait pas recette et une étude d’un professeur de Harvard , Robert Sampson, a fait la une des journaux: il démontre que ces populations immigrées commettent bien moins de délits et de violences que les populations traditionnelles "blanches" ou "noires". La criminalité recule devant l’immigration….La position des États-Unis face à leurs immigrants reste certes ambiguë, mais s’adaptant aux réalités, plus pragmatique qu’idéologique. D’un côté, ils tentent de limiter et d’encadrer l’immigration, pratiquant ce qu’on est tenté d’appeler une politique de l’immigration choisie, sur la base des compétences recherchées et de la nationalité, tout en tentant de contrôler vigoureusement les flux d’immigrants en provenance du Mexique. D’un autre côté, ils absorbent ces immigrants légaux ou non sur le marché du travail puis, au bout du compte, finissent par régulariser leur situation tant la pression économique est forte, autant sur l’offre que sur la demande de main d’œuvre immigrée.

Immigration Debate, USA Today.

► "America's Immigration Quandary - No Consensus on Immigration Problem or Proposed Fixes", Pew Research Center for the People & the Press Report, 4 April 2006.

► "CULTURAL MECHANISMS AND KILLING FIELDS: A REVISED THEORY OF COMMUNITY-LEVEL RACIAL INEQUALITY", Robert J. Sampson and Lydia Bean, Harvard University, Department of Sociology, July 2005. (pdf)

► "L'Amérique dans la rue", Barthélémy Courmont, Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), 11 avril 2006.

► "Les limites de l'immigration choisie", par Laetitia Van Eeckhout, Le Monde, 10 avril 2006.