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Google : l'affaire Street View confirme de curieuses pratiques. Google est aussi déjà dans le colimateur duGroupe 29 avec d'autres concurrents pour leurs moteurs de recherche.

pdf mise en ligne :25 05 2010 ( NEA say… n° 88 )

DROITS FONDAMENTAUX > Protection des données personnelles

Le géant d'internet a recueilli des informations à travers un logiciel dont les techniques se rapprochent de celles de la piraterie informatique. En Europe plusieurs pays ont ouvert des enquêtes. Sur la selette aussi Yahoo, Microsoft pour leur moteur de recherche tout comme Google.
Une erreur humaine, telle a été la première ligne de défense retenue par Google pour expliquer comment le groupe s'est trouvé en possession de données échangées par des internautes connectées à internet à travers des réseaux Wi-Fi  ouverts. Cette défense ne sera sans doute pas suffisante alors que plusieurs enquêtes ont été ouvertes en Europe et aux Etats-Unis sur son programme Street View  par lequel ces informations ont été collectées. Depuis son lancement en 2007 aux Etats-Unis, ce projet attire les critiques. Google s'est toujours défendu, Google pourrait avoir aujourd'hui à répondre de ses actes devant la justice.
Google a reconnu le 14 mai au soir avoir « par erreur » collecté des données personnelles dans le cadre de la préparation de son service Street View. Le Mercredi 19 mai le tribunal de Hambourg a annoncé qu'une enquête préliminaire avait été lancée contre le groupe américain. En France la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) a précisé le jeudi 20 mai, qu'elle avit engagé, la veille, un contrôle de Google, mais que les conclusions ne seront pas prêtes dans l'immédiat. Une enquête similaire a été ouverte par l'organisme italien chargé de protéger la Vie privée. L'Irlande demande la destruction des données.
Street View qui propose des visites virtuelles de centaines de villes dans le monde, faisait déjà l'objet de fortes critiques, car il photographiait des propriétés privées ou des personnes à leur insu, et, parfois les photos n'étaient pas floutées d'emblée.
 
Google est déjà dans le colimateur du G 29 qui rassemble les  contrôleurs nationaux des Etats membres: ils viennent d'envoyer à Google, Yahoo, Microsoft par courrier un sévère rappel à l'ordre.
 
La vie privée …..jusqu'au dernier octet ! Les moteurs de recherche inquiètent les contrôleurs européens des données
Les trois géants américains de l'Internet, Google, Yahoo! et Microsoft, ont chacun reçu un courrier en date du mercredi 26 mai, de la part du G29, le "club" des Commissions nationales de l'informatique et des libertés (CNIL) européennes, leur demandant d'améliorer la protection des données personnelles des utilisateurs de leurs moteurs de recherche.
En mars 2008, le G29 avait publié des recommandations en la matière : les éditeurs de service en ligne ne devaient pas détenir plus de six mois les adresses " IP " (les identifiants des ordinateurs sur le Web), ainsi que l'historique des sites Web sur lesquels les internautes avaient surfé et les "cookies", ces petits logiciels espions qui les suivent aussi à la trace. Au motif que toutes ces informations permettaient d'identifier les internautes, donc constituaient des données à caractère personnel.L'organisme souhaitait aussi qu'au-delà des six mois de conservation, ces informations soient toutes détruites, "jusqu'au dernier octet". Mais ses recommandations n'ont toujours pas été suivies, ou seulement de manière parcellaire. D'où les trois lettres du 26 mai.
http://ec.europa.eu/justice_home/fsj/privacy/docs/wpdocs/others/2010_05_26_letter_wp_google.pdf
http://ec.europa.eu/justice_home/fsj/privacy/docs/wpdocs/others/2010_05_26_letter_wp_microsoft.pdf
http://ec.europa.eu/justice_home/fsj/privacy/docs/wpdocs/others/2010_05_26_letter_wp_yahoo.pdf

Le G29 reproche en particulier à Google, le plus populaire des moteurs au monde, de stocker pendant neuf mois les données de navigation de ses utilisateurs, et à l'issue de cette période, de ne pas détruire complètement l'adresse IP, mais seulement le dernier octet. "Cette destruction partielle n'est pas suffisante, elle n'empêche pas les données de navigation d'être identifiées " note le G29 dans son courrier. Il ajoute : "Google continue à collecter, traiter et stocker des données personnelles en Europe à une large échelle. […]. Etant donné l'importance qu'a pris Google dans la vie quotidienne des citoyens européens [95% de part de marché], cet apparent manque d'intérêt pour la protection des données est préoccupant".

Concernant Microsoft, le G29 salue la décision de l'éditeur de logiciels de réduire à six mois la durée de détention des adresses IP, mais "vous devriez appliquer la même politique pour les cookies" précise t-il dans son courrier. Le portail Yahoo!, qui s'était engagé à ne conserver que treize mois les données personnelles de ses utilisateurs, puis quatre-vingt-dix jours, mais pour certaines d'entre elles seulement, se voit de son côté reprocher une technique d'anonymisation peu claire. Aux trois, le G29 demande qu'un audit indépendant de leurs pratiques puisse être mis en place.
Ces courriers prennent un relief particulier, alors que les inquiétudes concernant l'exploitation à leur insu des données personnelles des internautes ne cessent de monter. Cette série d'affaires ne va pas faire baisser les inquiétudes dans la communauté des internautes.
 
      -. Lettre adressée à la Federal Trade Commission  américaine http://ec.europa.eu/justice_home/fsj/privacy/docs/wpdocs/others/2010_05_26_letter_wp_federal_trade_commission.pdf
      -. Lettre adressée à la vice-présidente de la Commission, Viviane Reding
http://ec.europa.eu/justice_home/fsj/privacy/docs/wpdocs/others/2010_05_26_letter_wp_vpreding.pdf
 
http://ec.europa.eu/justice_home/fsj/privacy/news/docs/pr_26_05_10_en.pdf

A suivre .