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Immigration, une grande première en France ! Bonne ou mauvaise chose, les immigrés pourront envoyer leur argent depuis les bureaux de tabac !

pdf mise en ligne :13 06 2010 ( NEA say… n° 89 )

IMMIGRATION > Politique d'intégration

A plusieurs reprises Nea Say a attiré l’attention sur ces transferts d’argent  par les immigrés vers leur  pays d’origine. Ces transferts constituent une masse importante et sans cesse grandissante. Ils posent différents problèmes : leur coût pour l’immigré, leur destination et leur emploi. La consommation indispensable, la dépense ostentatoire ou le développement. Ces transferts ont une valeur stratégique largement sous utilisée.

Le bureau de tabac du coin de la rue  faisait déjà office de point de vente  des paris PMU et du Loto et mille choses encore, par exemple de lieux de convivialité populaire. Depuis peu, à la caisse, on peut aussi envoyer de l'argent vers l'étranger. C'est une première en France et ce service d'un genre nouveau pour un buraliste a été  inauguré par MoneyGram, numéro deux mondial du transfert d'argent derrière Western Union.
L'initiative, qui doit être multipliée dans les semaines à venir, est une petite révolution sur le marché très convoité de l'envoi d'argent à l'international. Ces services sont principalement utilisés par les migrants: selon le ministère de l'immigration, qui soutient l'opération, quelque 8 milliards d'euros ont transité entre la France et leurs pays d'origine en 2009. Ce flux a progressé de 10% en moyenne par an depuis 2002 et il représente jusqu'à 20% du PIB de certains Etats comme les Comores.Jusqu'à présent, Western Union était en situation de quasi-monopole en France. La société bénéficie d'un partenariat avec la Banque postale depuis 1994 qui lui permet d'être présente dans 6000 agences réparties sur tout le territoire. Pour contrer l'offensive de MoneyGram, Western Union a annoncé, le 2 juin, une baisse de ses commissions allant jusqu'à 20 % sur certains envois, initiative qui a reçu le soutien du ministre de l'immigration, Eric Besson.
MoneyGram vient donc remettre un peu de concurrence où il en manquait. Une offre rendue possible grâce à la transposition d'une directive européenne de 2007 libéralisant les services de paiements. Entré en vigueur en novembre 2009, ce texte permet aux buralistes volontaires d'obtenir le statut "d'établissement de paiement". Les initiatives de Western Union et MoneyGram s'inscrivent dans un contexte de pression internationale. Au sommet du G8 de L'Aquila (Italie), en juillet 2009, les chefs d'Etat et de gouvernements s'étaient en effet engagés à réduire les coûts de transferts de fonds des migrants de moitié en cinq ans. A l'automne 2009, la Banque mondiale a aussi pointé la France du doigt pour ses tarifs alors parmi les plus élevés au monde.
Le ministère de l'immigration s'est rapidement intéressé  aux  initiatives à l'étude de Western Union et MoneyGram.Les principaux pays de destination des transferts d'argent correspondent en effet aux flux migratoires. L'Afrique représente ainsi le plus gros volume d'envois de fonds de la France vers l'étranger, se classant même devant l'Asie. Selon MoneyGram, le pays qui arrive en tête des transferts est le Maroc, suivi du Sénégal, du Cameroun et de la Côte d'Ivoire. Le Mali, en revanche, dont la diaspora est pourtant très nombreuse, est moins bien placé. La faute, selon l'opérateur, au "trafic informel".
Mais plus de la moitié des envois échapperait aux réseaux officiels, passant de la main à la main ou tout autre système permettant  l'échange de fonds sans mouvement interbancaire. Le manque de confiance et le coût prohibitif des commissions des opérateurs expliquent largement c e  aphénomène :  selon la Banque mondiale, il faut compter en France entre 13% et 16% de commissions pour 140 euros envoyés.

Un site Internet comparateur de prix (Envoidargent.fr http://www.envoidargent.fr/ )  mis en place par l’Agence française du développement (AFD) a bien été réactualisé début juin pour permettre aux migrants de mieux faire jouer la concurrence, mais beaucoup sont originaires de pays et de zones rurales où la présence des banques est très faible. Des solutions comme le transfert d'argent par téléphonie mobile sont de plus en plus à l'étude, comme celle de Maroc Telecom, qui s'est engagé à fournir une offre d'ici juin 2011.
Reste l'usage de cet argent. La plupart des sommes envoyées servent à la consommation courante: alimentation, logement, fêtes religieuses… Dans un contexte de baisse de l'aide au développement, de plus en plus d'institutions, en France comme à l'étranger, y voient là une nouvelle forme possible de co-développement.  Perspectives régulièrement avancées mais à ce jour restées assez largement  sans réelle mise en pratique.

Les chiffres faisant autorité en matière de transferts proviennent de la Banque mondiale « Migrant Remittance Flows- Global Survey » (april 2010). L’enquête a été menée auprès de 114 banques centrales dont 33 africaines  http://econ.worldbank.org/WBSITE/EXTERNAL/EXTDEC/EXTDECPROSPECTS/0,,contentMDK:21121930~menuPK:3145470~pagePK:64165401~piPK:64165026~theSitePK:476883,00.html