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Guantanamo toujours d'actualité : six détenus algériens préfèrent rester à Guantanamo que d'être rapatriés. Enfin l'Allemagne accueille d'anciens détenus, concrétisant une annonce relativement ancienne…L'affaire Omar Khadr refait parler d'elle. Un détenu Yéménite renvoyé dans son pays. Le Royaume-Uni complice dès la premère heure! Compte rendu d'une visite guidée.

pdf mise en ligne :12 07 2010 ( NEA say… n° 91 )

DROITS FONDAMENTAUX > Lutte contre la torture

Pour les algériens, leur refus crée une situation complexe rendant difficile une solution rapide rapporte le Washington Post http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2010/07/09/AR2010070904926.html?wpisrc=nl_headline Detainee Database liste des prisonniers détenus  http://projects.washingtonpost.com/guantanamo/L'Allemagne va accueillir deux détenus et « pas un de plus » a annoncé le 7 luillet le ministre de l'intérieur Thomas de Maizières. L'affaire Omar Khadr à nouveau sur la sellette avec sa comparution devant un tribunal. Prisonnier depuis l'âge de 15 ans, détenu depuis 8 ans a-t-il le choix pour une autre formule que celle du boycott de son procés? une formule qu'il semb le avoir retenue.
Pour les algériens, leur refus crée une situation complexe rendant difficile une solution rapide rapporte le Washington Post http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2010/07/09/AR2010070904926.html?wpisrc=nl_headline Detainee Database liste des prisonniers détenus  http://projects.washingtonpost.com/guantanamo/

L'Allemagne va accueillir deux détenus et « pas un de plus » a annoncé le 7 luillet le ministre de l'intérieur Thomas de Maizières. Il s'agit d'un Palestinien et d'un Syrien détenu depuis 9 ans, ne représentant aucun danger pour l'Allemagne. Le ministre a rappelé que ces deux personnes ne sont accusés d'aucun acte répréhensible, ni aux Etats-Unis, ni dans leur pays d'origine, ni en Allemagne. Washington avait demandé que l'Allemagne accueille un troisième détenu. Il s'agit d'une chose impossible a expliqué le ministre allemand cat il n'avait pas la certitude qu'il ne représente pas un danger pour la sécurité de l'Allemagne. L'un des deux détenus doit être accueilli en Rhénanie-Palatinat et l'autre à Hambourg. La section allemande de Amnesty international a salué la décision allemande, la qualifiant de contribution pour mettre fin à ce scandale contre les droits de l'homme. Avec ces deux détenus , les européens auront au total accueili 21 détenus, Guantanamo détient encore 181 détenus (cf. supra Detainee  Database) contre 240 lors de la prise de fonction du président Obama.

Quant au  Canadien Omar Khadr, (bien connu des lecteurs de Nea Say), il est devant  un juge militaire à partir du 12  juillet. Le Canadien Omar Khadr, il est le dernier dernier citoyen occidental détenu à la base américaine de Guantanamo. Il comparait devant un juge militaire pour une audience préliminaire, avant l'ouverture de son procès prévu en août pour meurtre et actes de terrorisme.
Selon les autorités militaires américaines, Omar Khadr devait notamment confirmer devant le juge s'il renonce  à être représenté par ses avocats civils américains comme il l'a fait savoir la semaine dernière et expliquer ce qu'il compte faire pour la suite des procédures engagées contre lui . Omar Khadr, 23 ans, a annoncé  qu'il se séparait de ses avocats civils américains. Ceux-ci ne devraaient donc pas présents en cour. Les règles régissant les tribunaux militaires de Guantanamo exigent toutefois la présence des avocats de la défense militaire qui ont été assignés au dossier. Ceux-ci, sous la direction du lieutenant-colonel Jon Jackson, seront présents, malgré les souhaits de l'accusé.
C'est le 10 août que doit normalement s'ouvrir le procès d'Omar Khadr accusé d'avoir lancé une grenade qui a tué un soldat américain lors de combats en Afghanistan en juillet 2002. Il était alors âgé de 15 ans. Initialement, cinq jours d'audiences préliminaires sont prévus  pour notamment débattre de l'admissibilité d'une partie de la preuve. Mais l'annonce du renvoi de ses avocats américains est venue brouiller les cartes.
Initialement, cinq jours d'audiences préliminaires étaient prévus cette semaine pour notamment débattre de l'admissibilité d'une partie de la preuve. Mais l'annonce du renvoi de ses avocats américains est venue brouiller les cartes. Une seule journée d'audience, est maintenant au programme. "Le but principal de la session  est de se pencher sur les questions concernant la représentation de l'accusé". Dennis Edney, un avocat canadien qui représente les intérêts de M. Khadr au Canada, est arrivé à Guantanamo et agira comme conseiller pour son client. Cependant, les règles des commissions militaires ne lui permettent toutefois pas de plaider en cour. Les débats  devaient normalement porter sur une demande de la défense pour exclure certaines déclarations attribuées à Omar Khadr lors d'interrogatoires. Ses avocats voulaient les faire déclarer inadmissibles parce qu'ils auraient été obtenus, selon eux, de force ou à la suite de mauvais traitements. Ajoutons  une autre inconnue: la réaction à venir du gouvernement du Canada. Omar Khadr est le dernier citoyen occidental à être détenu à Guantanamo, les autres ayant été rapatriés par leurs gouvernements respectifs. Mais Ottawa a toujours refusé de demander le retour du jeune homme né à Toronto en 1986. Il avait donc 15 ans lorsqu'il a été fait "prisonnier"! La semaine passée, la Cour fédérale canadienne a annoncé qu'elle accordait sept jours au gouvernement pour trouver une solution à la violation des droits constitutionnels de M. Khadr. La Cour estime que le gouvernement du Premier ministre Stephen Harper n'en a pas fait assez pour remédier à la violation des droits de son citoyen. Rappelons que Omar Khadr est détenu depuis huit ans sur la base navale américaine, après avoir été blessé puis capturé lors de combats en Afghanistan en juillet 2002. C'est son père, Ahmed Said Khadr, un proche d'Oussama ben Laden, qui l'avait entraîné au Pakistan puis en Afghanistan à l'époque. S'il est reconnu coupable, il risque la prison à vie. C'est la perspective d'une détention prolongée qui semble le pousser maintenant vers le boyctt de son propre procès.
   
Le boycott a été finalement l'arme défensive qu'il a choisie de retenir pour sa défense : « Je boycotte la commission militaire, premièrement en raison de son injustice et de son iniquité", a-t-il dit, en lisant une longue déclaration préparée à l'avance. Selon lui, le tribunal militaire "a été constitué pour condamner les détenus". Il a par ailleurs rejeté à nouveau un accord avec la justice américaine qui lui a proposé de plaider coupable en échange d'une réduction de peine. En vertu de cette offre, le Canadien, qui est emprisonné depuis près de 8 ans, aurait été condamné à trente ans de prison, mais n'aurait eu à purger que cinq ans supplémentaires. "Je ne vais accepter aucune offre parce que cela donnerait une excuse au gouvernement américain pour m'avoir torturé et abusé alors que j'étais un enfant", a-t-il indiqué.
Omar Khadr a par ailleurs confirmé qu'il n'allait pas présenter de défense lors de son procès. "J'y assisterai peut-être mais je n'y participerai pas", a-t-il dit. L'accusé avait déjà décidé la semaine dernière de se séparer des trois avocats américains qui devaient le défendre, dont un, un militaire, désigné par le ministère américain de la Défense. "Personne ne parle en mon nom", a-t-il dit l au juge Patrick Parrish, alors que le magistrat laissait entendre qu'il pourrait forcer cet avocat militaire à conseiller le jeune homme malgré tout. "Ce sera la même chose avec des avocats ou sans avocats, ce sera une sentence à vie", a commenté  Omar Khadr.

Un Yéménite renvoyé dans son pays, une exception, pas la règle. Les USA renvoient un détenu blanchi de Guantanamo au Yémen: L'administration Obama a renvoyé un détenu de Guantanamo au Yémen, son pays d'origine, après qu'un juge fédéral eut ordonné sa libération, arguant que Mohammed Odaini était détenu sans motif depuis plus de huit ans, a annoncé mardi  13 juillet le Pentagone dans un communiqué. Toutefois, ce transfert vers le Yémen reste une exception et "la suspension des rapatriements de Yéménites de Guantanamo reste en vigueur, en raison de la situation en matière de sécurité dans ce pays", explique le Pentagone. En janvier, le président Barack Obama avait suspendu tous les transferts de détenus yéménites, après la tentative d'attentat perpétrée le jour de Noël par un jeune Nigérian dans un avion Amsterdam-Detroit, qui a affirmé avoir été entraîné dans un camp d'Al-Qaïda au Yémen. Mais le cas du Yéménite Mohammed Odaini, qui avait 17 ans lorsqu'il a été capturé au Pakistan, a contraint l'administration a lever partiellement cette suspension. Un juge fédéral a en effet estimé fin mai qu'il n'existait pas de preuves d'un lien quelconque entre le jeune homme et Al-Qaïda. Près de la moitié des 180 prisonniers encore détenus à Guantanamo sont yéménites. Rappelons que lors  de son entrée en fonctions en janvier 2009, Barack Obama avait fixé à janvier 2010 la date butoir pour la fermeture du centre de détention situé sur l'île de Cuba, mais l'administration américaine n'a pas pu tenir ce délai comme l'a expliqué en détail Nea Say.
Quant au Royaume-Uni, comme le rapporte la BBC http://www.bbc.co.uk/news/10622493, sa complicité est totalement engagée dès la première heure. C'est ce qui résulte de différents documents produits lors d'un procès devant la High Court devant laquelle six personnes ont engagé une action. Le Premier ministre recherche une issue dans un effort de médiation plus que dans un procès en bonne et due forme. L'ancien premier ministre, Tony Blair est directement visé par la révélation des documents.
Visite guidée à Guantanamo: par Philippe Coste. Huit ans après, le correspondant de L'Express à New York est retourné à la base américaine où restent incarcérés les membres présumés d'Al-Qaeda. Le contraste est saisissant: l'Amérique fait tout pour restaurer son image. Nous dit-il..C'est une glace sans tain. On peut voir sans être vu. Mais, de notre côté du mur, le couloir du camp 6 ultramoderne résonne de commentaires. "Ils sont libres de leurs mouvements vingt heures par jour, souffle un garde. Les autres jouent au foot dans la cour en attendant de regarder la Coupe du monde." "Ils disposent de 16 chaînes de télé", glisse un autre. "Y compris Al-Jazira", ajoute le commandant de la prison, une petite dame à chignon brun, en treillis, qui savoure du coin de l'oeil notre surprise à la mention du CNN arabe, longtemps honni par l'Amérique comme la voix du djihad.   A la base de ravitaillement navale, encore assoupie en 2002 sur cette pointe aride de Cuba, s'est adjointe une véritable ville de 6 000 habitants, militaires et contractuels civils, pour moitié affectés au complexe carcéral. Un demi-milliard de dollars ont contribué à la construction de sept prisons, mais aussi d'une vraie petite banlieue de pavillons gris égayée de bougainvillées et ponctuée d'aires de jeux. Guantanamo se targue aussi de ses équipements de loisirs : un golf de neuf trous veillé par les iguanes, des terrains de sport, deux piscines splendides, un pub anglais, des fast-foods... Gitmo s'est refait une vertu. En partie, du moins.  
La plupart des détenus peuvent évoluer dans des espaces collectifs en plein air. "Pour les Afghans, surtout, cette vie en commun est le nec plus ultra", confie un gradé. A l'hôpital des prisons, où certains grévistes de la faim se présentent spontanément - l'un d'entre eux depuis quatre ans - pour prendre leur repas par sonde nasale, le psychologue de service assure que les pathologies carcérales sont trois fois moins nombreuses dans ces camps collectifs que dans les établissements des Etats-Unis : "Ils vivent ensemble ; ils s'entraident et s'écoutent."  Les prisonniers ne sont plus coupés du monde. Ils peuvent désormais communiquer une fois par semaine avec leurs familles par téléphone, ou de visu par Skype. Outre la télévision, chaque unité, et même le camp 7, reçoit trois journaux quotidiens - un égyptien, un saoudien et USA Today. A la bibliothèque - un dépôt de 16 000 volumes en 18 langues - les chariots en partance pour quatre camps peuplés de doctorants et d'illettrés emportent des commandes éclectiques : Lucky Luke en français côtoie de prudes romans à l'eau de rose égyptiens. Seuls les choix dans les 115 DVD disponibles révèlent une étrange constance. Si les plus de 40 ans raffolent de documentaires animaliers ou de dessins animés, le karaté familial de Jackie Chan est plébiscité.  
Le commandement offre aussi un programme de "stimulation intellectuelle" qui ressemble fort à un préalable à la réinsertion : alphabétisation en langue maternelle, cours d'instruction civique et sociale... "On leur apprend aussi à écrire leur CV", confie un sergent, Quel avenir pour Guantanamo? Le sort du complexe carcéral, legs du 11 septembre, n'est pas définitivement tranché.  
En Afghanistan aussi...
En Afghanistan, le principal pénitencier américain est sur la base de Bagram, à une cinquantaine de kilomètres au nord de Kaboul. Longtemps surnommé le "Guantanamo afghan", il a été repensé à la fin de l'an dernier. En décembre 2009, les 800 détenus, qui occupaient un ancien bâtiment soviétique, ont emménagé dans un centre ultramoderne. Depuis janvier, la Task Force 435 met en oeuvre, derrière les murs et les barbelés, la nouvelle stratégie américaine de contre-insurrection : gagner les coeurs et les esprits. Tapis de prière et corans dans les cellules, cours d'alphabétisation, apprentissage de la couture, de la boulangerie ou de l'agriculture irriguée, parloirs pour les familles : tout est fait pour convaincre que les Américains ne sont pas si méchants... Jusqu'à la pimpante aire de jeux destinée aux jeunes visiteurs. Comme à Guantanamo. http://www.lexpress.fr/actualite/monde/amerique/visite-guidee-a-new-guantanamo_906521.html#xtor=AL-447