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Plus de 500 millions d’habitants en Europe ! Mais, c’est l’immigration  qui favorise le dynamisme démographique. Le nombre des naturalisations, important, marque le pas.

pdf mise en ligne :29 07 2010 ( NEA say… n° 91 )

IMMIGRATION > Politique d'intégration

La population de l’Europe des 27 a dépassé les 500 millions. Si la croissance démographique de l’Union européenne reste positive, c’est essentiellement grâce à l’excédent migratoire L’Europe des 27 a dépassé le chiffre symbolique des 500 millions d’habitants. Au 1er janvier 2010, la population de l’Union européenne a atteint 501,1 millions de personnes, soit 1,4 million d’habitants de plus en un an, selon les chiffres publiés par l’office statistique de l’Union européenne Eurostat. C’est une progression de 2,7‰ par rapport au 1er janvier 2009, date à laquelle les Européens étaient 499,7 millions.

La population de l’Europe des 27 a dépassé les 500 millions. Si la croissance démographique de l’Union européenne reste positive, c’est essentiellement grâce à l’excédent migratoire
 L’Europe des 27 a dépassé le chiffre symbolique des 500 millions d’habitants. Au 1er janvier 2010, la population de l’Union européenne a atteint 501,1 millions de personnes, soit 1,4 million d’habitants de plus en un an, selon les chiffres publiés par l’office statistique de l’Union européenne Eurostat. C’est une progression de 2,7‰ par rapport au 1er janvier 2009, date à laquelle les Européens étaient 499,7 millions.

Les pays qui contribuent le plus à cette évolution sont le Luxembourg, avec une augmentation de sa population de 17,2 ‰, la Suède (+ 9,1 ‰) la Slovénie (+ 7,2 ‰) et la Belgique (+ 7,1 ‰). En volume, c’est au Royaume-Uni (+ 412 000 habitants), en France (+ 347 000) et en Italie (+ 295 000) que l’augmentation est la plus forte.

La hausse globale s’explique principalement par un solde migratoire positif dans l’Union européenne : le nombre de personnes qui y entrent est supérieur au nombre de personnes qui en sortent. Ce facteur contribue à plus de 60 % de la progression de la population tandis que l’accroissement naturel, qui correspond à la différence entre le nombre de naissances et le nombre de décès, légèrement positif en Europe, y contribue à environ 40 %.
L'Irlande, championne de l'accroissement naturel

Les champions de l’accroissement naturel sont l’Irlande (10,2‰), loin devant Chypre (5,5‰) et la France (4,3‰). À l’inverse, le solde naturel est négatif dans 10 des 27 pays européens concernés par l’étude. « L’excédent naturel en Europe s’est progressivement réduit depuis cinquante ans, pour arriver à un niveau très modeste », analyse Gilles Pison, directeur de recherche à l’Institut national des études démographiques (Ined).

Avec en moyenne 1,6 enfant par femme, les pays européens enregistrent un taux de fécondité particulièrement faible. Cette situation s’explique par des facteurs culturels, mais aussi sociétaux. Une étude publiée en juin dernier par la Caisse d’allocations familiales française, qui s’intéresse à l’influence des politiques d’aide aux familles sur la fécondité des pays développés, estime qu’aider les femmes à concilier leur vie familiale et leur vie professionnelle incite davantage à avoir des enfants que les aides financières « sèches ». L’« ancrage historique » et la « grande stabilité » de la politique familiale française expliquent ainsi, selon l’étude, que le pays est l’un des plus féconds du Vieux Continent.

À l’échelle de l’Europe, « le nombre annuel de décès va dépasser celui des naissances dans les dix ans qui viennent. La population ne pourra se maintenir que si le solde migratoire est suffisant », avertissent les experts. Un pic démographique prévu en 2050

Cette situation ne lui est pas spécifique. Selon le scénario démographique de l’Organisation des Nations unies (ONU), alors qu’un « pic » démographique mondial sera atteint vers 2050 avec 9,15 milliards d’habitants, la baisse de la population dans les pays développés atteindra un bon quart de la population actuelle. « L’excédent des décès sur les naissances va se creuser d’ici à 2050 », confirme-t-on. D’où le rôle majeur de l’immigration dans le maintien des populations des pays développés.Les États-Unis ou le Canada, également touchés par le vieillissement, voient leur population continuer à augmenter grâce à un flux d’immigration important.  Leur exemple devrait inciter l’Union européenne à afficher plus clairement ses souhaits en matière d’immigration et comme eux à les assumer. (cf. autre article dans Nea Say sur le « Principe d’Einstein ».


En ce qui concerne les naturalisations, celles-ci sont en baisse.
Ce sont les français qui naturalisent le plus et ce sont les marocains qui sont le plus naturalisés.
64 000 Marocains naturalisés en 2008 : Personne ne s'européanise plus  Les Marocains et le Turcs sont les premières minorités en Europe, mais aussi celles dont le plus de personnes obtiennent des naturalisations des pays membre de l'Union Européenne.L’Equateur est en troisième position, presque tous naturalisés par l’Espagne. Et la France est le pays qui naturalise le plus d'étrangers, c’est ce qui ressort de statistiques présentées également  le 6 juillet  par le  service  Eurostat : il a rendu public  un rapport (en anglais, résumé en français) sur le nombre et l'évolution des naturalisations des étrangers dans les Etats membres de l'UE pour l'année 2008. Selon les données officielles, 695 875 personnes ont obtenu la nationalité d'un pays membre de l'UE. Ce nombre, en légère baisse depuis l'année précédente (-2 %) confirme la tendance entamée en 2007, qui avait vu le nombre de naturalisations baisser de 4% par rapport à l'année précédente.

Une tendance dont les principaux moteurs sont le Royaume-Uni et l'Allemagne, qui ont diminué l'octroi de nationalités à hauteur de -21% et -16% respectivement. L'Italie (+18%), l'Espagne (+17%) et la France (+4%) n'ont pas inversée la donne. Mais l'évolution positive dans ces pays, surtout en Italie et en France, montre que même s'il y a, au niveau national, un climat hostile à l'immigration, les statistiques ne suivent pas forcément les débats politiques. Ainsi, la France est le pays européen où le plus d'étrangers on été naturalisés en 2008 : 137 000, contre 129 000 au Royaume-Uni et 94 000 en Allemagne.

Les Marocains en tête des naturalisations. Les nouveaux citoyens européens proviennent à 29% d'Afrique, à 22% de pays européens en dehors de l'union des 27, à 19% d'Asie et 17% d'Amérique du nord et du sud. 8% seulement des personnes naturalisés étaient des citoyens de l'UE ayant acquis la nationalité d'un autre état membre. 63 823 Marocains ont obtenu le passeport d'un Etat membre de l'UE, représentant 9,2% de toutes les naturalisations. Comme les années précédentes, le Maroc arrive ainsi en tête des pays d'origine des nouveaux nationaux, suivi de la Turquie (49 546 soit 7,2%) et de l'Equateur (27 322 soit 3,2%). Comme l'indique le rapport, 45% des Marocains naturalisés ont obtenu la nationalité française. Ainsi, si l'Espagne et l'Italie disputent actuellement à la France le rang de première destination des émigrations marocaines, sur le plan des naturalisations, l'hexagone reste clairement en tête des statistiques.

Reste à noter que si en termes absolus, la France est bien le pays le plus ouvert sur le plan de naturalisations (le rapport ne parle pas de l'obtention de permis de séjours), des statistiques ont aussi été recueillies quant au nombre d'étrangers naturalisés par habitant du pays. Sur ce plan, la Suède arrive en tête, avec 3,3 naturalisations sur 1000 habitants, suivi du Luxembourg (2,5 sur 1000). La France arrive troisième au même titre que le Royaume-Uni et le Portugal, avec 2,1 naturalisations sur 1000 citoyens. Dernier indicateur : le nombre de naturalisation par rapport au nombre d'étrangers résidant dans chaque pays. La Suède arrive également en tête du tableau, avec 54 naturalisations sur 1000 étrangers résidant dans le pays, suivi de la Pologne (48) et de la Finlande (47).

Même si cette mesure peut indiquer une tendance sur l'attitude des différents pays envers la naturalisation des étrangers, celle-ci ne peut cependant être que très approximative. Pour affiner l'analyse, il serait utile d'avoir le nombre de naturalisations par rapport au nombre de demandes déposées, et des statistiques, le cas échéant, sur les motivations des refus. Une autre image se profilerait éventuellement pour un pays tel que la France, où le droit de la nationalité reste relativement ouvert, mais où l'application du droit peut varier.

Les chiffres de EUROSTAT

      -. La population totale http://epp.eurostat.ec.europa.eu/tgm/table.do?tab=table&plugin=1&language=fr&pcode=tps00001

      -. Evolution de la population entre 2009 et 2010 par pays http://epp.eurostat.ec.europa.eu/tgm/graph.do?tab=graph&plugin=1&language=fr&pcode=tps00001&toolbox=type
 
      -. Acquisitions de la nationalité http://epp.eurostat.ec.europa.eu/cache/ITY_PUBLIC/3-06072010-AP/FR/3-06072010-AP-FR.PDF