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Le responsable des migrants au Vatican, Mgr Agostino Marchetto, démissionne.

pdf mise en ligne :02 09 2010 ( NEA say… n° 92 )

IMMIGRATION > Politique d'intégration

Nea Say a récemment donné la parole à Mgr Marchetto (cf.la Chronique ROM). Sanction ou décision normale et personnelle d'un homme âgé et malade? Le journal La Croix penche pour la seconde hypothèse (cf. l'article du journal la Croix du 2 septembre) Saluons cette personnalité courageuse

 

Le responsable des migrants au Vatican, Mgr Agostino Marchetto, démissionne.
Nea Say a récemment donné la parole à Mgr Marchetto (cf.la Chronique ROM). Sanction ou décision normale et personnelle d'un homme âgé et malade? Le journal La Croix penche pour la seconde hypothèse (cf. l'article du journal la Croix du 2 septembre) Saluons cette personnalité courageuse

« Le pape a accepté, le 25 août, la démission de Mgr Agostino Marchetto, secrétaire du Conseil pontifical pour la pastorale des migrants et des personnes en déplacement, démission qui ne sera officialisée que lors de la nomination de son successeur. En dépit des déclarations controversées de ce prélat italien à l'encontre des gouvernements italien et français, il ne s'agit pas d'une mise à la retraite anticipée


Quelles sont les conditions du départ de Mgr Marchetto ?

« Depuis un an, a expliqué Mgr Marchetto à La Croix, fatigué, j'avais demandé au pape de pouvoir me retirer à 70 ans, selon la règle pour les nonces apostoliques (1). Trois jours avant mon anniversaire, le 28 août, j'ai reçu l'acceptation du Saint-Père. » Le prélat, connu en Italie pour ses positions vigoureuses en faveur des immigrés et des gens du voyage, souffre, par ailleurs, des séquelles d'un cancer, soigné avec succès en 1996.

« Après neuf années passées au sein de ce Conseil pontifical, explique-t-il, je suis heureux d'avoir pu lui donner un élan et faire connaître la doctrine sociale de l'Église appliquée à tous les secteurs de la mobilité humaine. »

Né en 1940 à Vicenza (Italie), Mgr Marchetto fut diplomate en Afrique avant de devenir, en 1994, nonce apostolique en Biélorussie, puis, en 1999, observateur permanent du Saint-Siège auprès de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture. Jean-Paul II l'avait nommé, en 2001, secrétaire du Conseil pontifical pour la pastorale des migrants.
Qu'a-t-il reproché au gouvernement italien ?

En février 2009, alors que Silvio Berlusconi, le chef du gouvernement, avait envisagé la prise en charge de la sécurité publique par des citoyens bénévoles, Mgr Marchetto avait fustigé « l'abdication de l'État de droit ». Deux jours plus tard, le P. Lombardi, directeur de la Salle de presse du Saint-Siège, avait rappelé, sans citer Mgr Marchetto, « la légitime autonomie des autorités civiles dans la gestion du bien commun ».

En juillet 2009, Mgr Marchetto s'était également élevé contre « la criminalisation des migrants » mise en œuvre par les autorités italiennes.

À nouveau, se faisant alors l'écho de la Secrétairerie d'État, le P. Lombardi avait précisé que Mgr Marchetto ne s'était exprimé qu'« à titre personnel ». Ce que confirme aujourd'hui l'intéressé : « Nous, diplomates, savons bien que la Secrétairerie d'État peut replacer nos déclarations dans le cadre plus vaste de sa politique générale. » Ces tout derniers jours, il avait déploré la mort d'un enfant tsigane de 3 ans dans l'incendie qui avait ravagé un campement aux portes de Rome.
Quelle fut son attitude par rapport au gouvernement français ?

Dès le 8 mars 2010, Mgr Marchetto confiait à La Croix, à l'occasion de la rencontre à Rome des directeurs nationaux de la pastorale des Tsiganes : « L'Église est aux côtés des gens du voyage. Nomades et sédentaires doivent s'accepter mutuellement, avec un minimum de convivialité et de respect mutuel. Il faut savoir se pardonner les offenses réciproques. L'engagement de l'Église à leurs côtés n'est pas optionnel. Nous devons viser la "croissance intégrale", en particulier des persécutés, des plus démunis. »

Dès lors, Mgr Marchetto, en phase avec de nombreux évêques français, a vivement réagi ces derniers jours aux propos de Bruno Gollnisch (FN) et d' Alain Minc niant au pape le droit de s'exprimer sur ces questions (1) : « Le Saint-Père a voulu dire quelque chose à la France », confirme aujourd'hui Mgr Marchetto, ajoutant : « L'Église n'est ni de droite, ni de gauche. Elle ne souhaite pas entrer dans des discussions politiques, mais simplement proposer son regard sur ces personnes souffrantes. »(2)

Frédéric MOUNIER, à Rome »

(1) Parce qu'allemand !
(2)  Ces propos rejoignent ceux du cardinal archevêque de Paris, André Vingt-trois (cf. autre article). Dans la presse conservatrice française (le Figaro) s'est développée une analyse du discours du pape visant à minimaliser la portée de ses propos .