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Visite du président Sarkozy au Vatican : le rôle de l'Eglise est de pardonner. C'est son rôle, et elle le fait toujours, mais il faut faire pénitence. Communiqué du Saint Siège.

pdf mise en ligne :08 10 2010 ( NEA say… n° 95 )

DROITS FONDAMENTAUX > Dignité humaine

 

CITE DU VATICAN, 8 OCT 2010 (VIS). En début d'après-midi, la Salle-de-Presse du Saint-Siège a diffusé le communiqué suivant: "Ce matin, le Pape a reçu le Président de la République Française, M.Nicolas Sarkozy, qui s'est ensuite entretenu avec le Cardinal Tarcisio Bertone, Secrétaire d'Etat, et Mgr.Dominique Mamberti, Secrétaire pour les relations avec les états. Au centre des échanges cordiaux ont été des sujets de politique internationale, tels que le processus de paix au Moyen Orient, la situation des chrétiens dans plusieurs pays et l'élargissement de la représentativité des régions du monde dans les organismes multilatéraux. Par ailleurs, l'importance de la dimension éthique et sociale des problématiques économiques, dans la perspective proposée par l'encyclique Caritas in Veritate, a été soulignée. Après avoir évoqué le voyage apostolique du Saint-Père à Lourdes et à Paris en 2008 ainsi que la visite du Président Sarkozy l'année précédente, les parties ont réaffirmée leur volonté de maintenir un dialogue permanent aux différents niveaux institutionnels et de continuer à collaborer de manière constructive dans les questions d'intérêt commun." (VIS 20101008(180)

 

La pénitence consistera à relire Caritas in Veritate.

En attendant la méditation du subtil cardinal français Tauran a été utile, on peut l’espérer. Dans la prière pour la France http://www.la-croix.com/Le-politique-et-l-economique-ne-sont-pas-le-tout-de-l-homme/documents/2442260/47602  et répondant d’une certaine façon au président  Sarkozy qui avait dit que lutter contre l’immigration illégale était  « un impératif moral », le cardinal dans son commentaire de la première lettre de Saint Paul à Timothée a conclu par une citation de Blaise Pascal : « le propre de la puissance est de protéger » ! En effet, dans un Etat de droit lutter contre ce qui est illégal est une obligation. L’essentiel est de savoir comment, avec quelles armes et selon quels principes du droit européen et international.

 

En effet  c’est entre français en quelque sorte  et à bien des égards en territoire français que s’est produit le véritable « choc des mots ». Dans la chapelle Sainte-Pétronille, protectrice de la France, le cardinal français Jean-Louis Tauran, président du conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, a lu une méditation aux termes précis : « En pensant à aujourd’hui et à demain, nous demandons à Dieu, pour le peuple de France et ses dirigeants, courage et persévérance afin que chacun à sa place considère ce qu’il peut accomplir, seul et avec d’autres, au service de son prochain : pour le respect absolu de la vie, la justice, l’emploi, l’éducation, la santé, l’environnement, la sécurité, l’accueil des persécutés et des immigrés, la vérité de l’information, la paix chez eux et dans le monde. » « Blaise Pascal l’a dit autrement, a poursuivi le cardinal : “le propre de la puissance est de protéger”. » En écho, une heure plus tard, lors du déjeuner à la villa Bonaparte, ambassade de France près le Saint-Siège, Nicolas Sarkozy lui répondait : « Lutter contre l’immigration illégale qui produit tant de détresse et de drames, qui prive les pays les plus pauvres de leurs forces vives, c’est un impératif moral. » Parmi les autres impératifs moraux, le président a cité la régulation de la finance, du commerce et de l’Internet, sans oublier la stabilisation des marchés de matières premières.

 

Auparavant, l’entretien à huis clos a porté, semble-t-il, essentiellement sur les sujets de politique internationale : G20, processus de paix au Moyen-Orient et situation des chrétiens dans cette région, sans oublier, selon le communiqué officiel, « la dimension éthique et sociale des problématiques économiques ». Au bout du compte : des réactions peu nombreuses en France. L’ancien premier ministre socialiste Laurent Fabius a été l’un des rares à réagir, demandant dès samedi au président Nicolas Sarkozy de « ne pas prendre les catholiques pour des sots ». « Il y a une faute commise par le président de la République à l’égard des Roms. Cette faute est une faute morale », a-t-il estimé devant la convention nationale sur le projet de politique étrangère du PS. L’ancien secrétaire général du Parti socialiste, François Hollande a réagi dans des termes voisins. De son côté, interrogé par le Journal du dimanche, le grand maître du Grand Orient de France, Guy Arcizet, a évoqué un « mélange des genres qui va à l’encontre des principes de la séparation de l’Église et de l’État ». Seule l’opposition a commenté, les soutiens du président Sarkozy ont relaté les faits sobrement sans considérations d’ordre politique, même si tous avaient avant la visite souligné l’enjeu politique du voyage : reconquérir l’électorat chrétien qui semble vouloir déserter le camp  de Sarkozy, par le style et le traiement infligé aux Roms. Vraisemblablement il faudra plus que cela pour qu’une reconquête éventuelle, mais toujours possible au deuxième tour de l’élection, s’inscrive dans la durée.

 

Cf. Nea say a publié et commenté l’encyclique Caritas in Veritate                                                                              

 

Cf. Nea say a publié et commenté l'encyclique Caritas in Veritate