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La liberté religieuse ne va pas de soi : le Parlement européen se saisit du problème. Des députés demandent que l'UE mette en place une action diplomatique ferme et efficace. Un écho indirect au synode du Proche Orient au Vatican.

pdf mise en ligne :11 10 2010 ( NEA say… n° 95 )

DROITS FONDAMENTAUX > Liberté de pensée, de conscience et de religion

Une conférence européenne  l'a encore clairement démontré. Les chrétiens sont les premiers à souffrir de toutes ces discriminations.  La COMECE vient de déposer un mémorandum avec 11 recommandations. La liberté religieuse est un pilier des droits de l'Homme et figure en première place (art 10) de la Charte européenne des droits fondamentaux. En dépit de cela, 70% de la population mondiale vit dans des pays où existent de sévères restrictions sur celle-ci.

Une conférence européenne  l'a encore clairement démontré. Les chrétiens sont les premiers à souffrir de toutes ces discriminations.  La COMECE vient de déposer un mémorandum avec 11 recommandations. La liberté religieuse est un pilier des droits de l'Homme et figure en première place (art 10) de la Charte européenne des droits fondamentaux. En dépit de cela, 70% de la population mondiale vit dans des pays où existent de sévères restrictions sur celle-ci.

Certaines de ces restrictions sont établies par la loi, d'autres sont du fait d'une hostilité sociale. Si l'on considère les pays les plus peuplés, les plus hauts niveaux de restriction sont en Arabie Saoudite, au Pakistan, en Indonésie, en Inde, en Iraq et en Iran. Dans ces pays, gouvernement comme société imposent des limites sur les pratiques et les croyances religieuses. En Chine, au Vietnam, ces restrictions sont du fait du gouvernement. Au Nigéria, au Bengladesh, il s'agit plutôt d'hostilités de la part de la société. A l'inverse, les pays les plus tolérants sont le Japon, le Brésil, Taiwan, la Pologne, le Mozambique, le Pérou, la Corée du Sud. 133 pays hostiles envers les chrétiens

Quelle qu'en soit l'origine, les chrétiens sont le groupe religieux le plus souvent visé. Ces derniers sont persécutés dans 133 pays! Avec bien sûr des niveaux de gravité différents puisque le mot "persécution" recouvre des réalités aussi différentes que les obstacles à la proclamation de sa foi, la confiscation et la destruction des lieux de culte, l'interdiction de l'éducation religieuse ou la peine de mort pour les apostats. Chaque année, 170.000 chrétiens souffrent en raison de leur foi. On estime qu'il y a même eu plus de chrétiens discriminés au cours du XXe siècle que lors des 19 siècles précédents... Cette persécution envers les chrétiens est particulièrement aiguë en Afrique du nord et dans le Moyen-Orient. Mgr Louis Sako, archevêque de Kirkuk a d'ailleurs pu témoigner de leur situation en Irak. "Il y avait autour d'un million de chrétiens avant la guerre. Aujourd'hui, ils sont environ 500.000 et leur nombre continue à baisser". Depuis 2003, 51 églises ont été attaquées, un évêque et trois prêtres ont été enlevés puis assassinés, et près de 900 chrétiens ont été tués dans ce pays. L'archevêque craint réellement que cette communauté ne disparaisse rapidement. "La violence des extrémistes ne laisse pas d'alternative autre que se convertir immédiatement à l'Islam, quitter le pays ou bien encore payer une taxe au Jihad pour éviter la mort." Pour la communauté chrétienne d'Irak, la guerre menée par les Etats Unis a été un désastre.

L'amélioration de la situation dépendra fortement du degré d'implication de la communauté internationale. Pour les députés européens Mario Mauro (Groupe PPE) et Konrad Szymański (Groupe CRE), "la liberté religieuse doit être intégrée aux politiques extérieures de l'UE en ajoutant aux accords avec les pays tiers une clause contraignante relative au respect de la liberté religieuse". C'est cette requête qu'ils présentent au Parlement européen selon la procédure habituelle.

De son côté, le Secrétariat de la COMECE (Commission des épiscopats de la Communauté européenne) a profité de cette conférence pour présenter son Mémorandum sur la liberté religieuse. http://www.comece.org/content/site/fr/activites/evenements/conferenceonpersecution/article/3629.html

Le texte contient 11 recommandations adressées au Parlement Européen, à la Commission Européenne, au Conseil et au Service Européen pour l'Action Extérieure, afin qu'ils contribuent dans la mesure de leurs responsabilités respectives à la promotion de la liberté religieuse dans le cadre des relations extérieures de l'UE. Le Mémorandum rappelle que  "Le droit à la liberté de religion est si étroitement lié aux autres droits fondamentaux que l'on peut soutenir à juste titre que le respect de la liberté religieuse est comme un « test » pour l'observance des autres droits fondamentaux".

En tout cas  pour les députés européens Mario Mauro (italien PPE), Othmar Karas (autrichien PPE et vice-président du groupe et en charge des questions interreligieuses) l'objectif est clair : la liberté religieuse doit être intégrée aux politiques extérieures de l'Union européenne et il faut ajouter aux accords avec les pays tiers une clause contraignante relative à la liberté religieuse. Telle est la principale requête de la déclara   tion  écrite présentée selon la procédure habituelle. Pour être soumise à la plénière, elle devra recevoir la signature de 380 députés dans un délai de trois mois pour être adoptée. Pour ces députés c'est un test pour le respect des autres droits fondamentaux , ainsi que l'a déclaré Othmar Karas : « la liberté religieuse et la non-discrimination vont de pair. Les religions sont des éléments importants de l'identité européenne et le dialogue interreligieux est donc crucial pour la conscience politique et européenne.
Un écho au Synode sur le Proche Orient
Le débat engagé au Parlement européen trouve un écho indirect dans le Synode pour le Proche Orient qui se déroule actuellement au Vatican jusqu’au 24 octobre.  Israël et l’Islam sous observation.

 

Comme le rapporte le journal la Croix, s’appuyant sur un dépêche de l’Agence France Presse les travaux sont marqué par des critiques à l’égard d’Israël concernant le serment d’allégeance, mais aussi sur la division sur le comportement à avoir vis-à-vis de l’Islam.

 

Le rapporteur général du synode sur le Moyen-Orient a critiqué lundi une disposition contraignant les candidats non juifs à la citoyenneté israélienne à prêter allégeance à "l'Etat juif et démocratique d'Israël" adopté la veille par le gouvernement israélien. Le patriarche copte d'Alexandrie Antonios Naguib a, au cours d'une conférence de presse, jugé qu'il y avait une "contradiction flagrante" de la part d'Israël dans le fait d'adopter une telle mesure.

"On ne peut pas annoncer, publier, réclamer et affirmer un Etat démocratique et une démocratie civile et en même temps dire : +dans notre démocratie nous imposons telle chose, tel choix de religion+", a-t-il expliqué, précisant s'exprimer à "titre personnel"."C'est très curieux que cela vienne d'un Etat qui déclare être le plus démocratique, si ce n'est l'unique Etat démocratique, dans la région du Moyen-Orient et du monde arabe", a insisté le patriarche. Le gouvernement israélien, dominé par la droite, a approuvé dimanche un projet d'amendement controversé contraignant les candidats non juifs à la citoyenneté israélienne à prêter allégeance à "l'Etat juif et démocratique d'Israël". Quelques ministres et la responsable de l'opposition se sont prononcés contre la nouvelle procédure.La minorité arabe d'Israël (20% de la population) qualifie ce texte, qui concrètement n'affecte qu'un petit nombre de personnes, de "raciste", notamment parce qu'il vise les Palestiniens voulant s'installer en Israël après s'être mariés avec des Arabes israéliens.

 

Le synode sur le Moyen-Orient, réuni du 10 au 24 octobre au Vatican, rassemble près de 200 "pères synodaux" de rite catholique romain ou oriental, 36 experts et 34 auditeurs sous le thème "L'Eglise catholique au Moyen-Orient : communion et témoignage".

 

 Par ailleurs, les débats mettent en lumière deux conceptions face à l’islam. Tandis que la véhémence, la colère et le ressentiment colorent les propos irakiens et palestiniens, la prudence vient d’Afrique du Nord… et le franc-parler des cardinaux de la Curie, tel le cardinal Angelo Sodano, ancien secrétaire d’État : « Il est urgent de mettre un terme aux menées agressives au sein de l’islam. Nous devons toujours demander le respect de la liberté religieuse pour tous les croyants. ». Face à l’islam, deux courants apparaissent : ceux qui préfèrent composer, dialoguer et d’autres, plus « sévères », selon un observateur. Deuxième considération : la moitié des catholiques du Moyen-orient sont issus de l'immigration asiatique. Deux chiffres ont circulé, conduisant à déplacer la réflexion. Près de la moitié des catholiques présents au Moyen-Orient seraient désormais issus de l’immigration asiatique (donc de rite latin). Et enfin, selon Mgr Selim Sayegh, évêque auxiliaire latin de Jérusalem, « cinq des 50 sectes actives en Jordanie disposent chacune de plus de pasteurs que l’ensemble de nos Églises catholiques et orthodoxes ».

 

Le synode sur le Moyen-Orient, réuni du 10 au 24 octobre au Vatican, rassemble près de 200 "pères synodaux" de rite catholique romain ou oriental, 36 experts et 34 auditeurs sous le thème "L'Eglise catholique au Moyen-Orient : communion et témoignage". Pour en savoir plus, consulter l’Agence Zenit http://www.zenit.org/article-25650?l=french

http://www.la-croix.com/afp.static/pages/101011164919.rcvjeyen.htm

 

 

RECOMMANDATIONS (COMECE)

Les institutions de l'UE doivent assurément poursuivre! leurs politiques de

protection et de promotion des libertés fondamentales à l'égard des pays tiers

où la liberté religieuse – dont celle des minorités religieuses (notamment, les

minorités chrétiennes) - est violée. Il leur est recommandé en particulier :

 

1. de signifier er aux pays tiers défaillants en matière de liberté religieuse que

celle-ci aussi constitue un droit fondamental essentiel à respecter parmi les

droits de l'Homme8"et de rendre davantage effectives les conditionnalités

figurant en la matière dans les accords bilatéraux avec ces pays;

 

2. d'inciter les pays tiers qui n'ont pas signé ou ratifié les conventions établies

dans l'esprit de la Déclaration universelle des Droits de l'Homme (1948) à

le faire (ceci concerne notamment le Pacte international relatif aux droits

civils et politiques de 1966, dont l'art. 18 garantit la liberté religieuse9)";

 

3. dans les cas où les pays tiers ont pris des engagements dans le domaine de la

liberté religieuse ne sortant pas tous leurs effets, de les inciter à les mettre en

oeuvre en veillant à l'effectivité du droit;

 

4. en cas de discriminations et persécutions" rencontrées en matière de

liberté religieuse impliquant des individus et des groupes dans la société,

indépendamment des autorités politiques et publiques, de signifier er aux pays

tiers défaillants que l'État a le devoir de protéger tous ses citoyens, quelle

que soit leur appartenance religieuse; à cette fin notamment, d'inciter les

pays dans lesquels une loi contre le blasphème est instrumentalisée en vue de

persécuter les minorités religieuses, d'utilement l'amender ou l'abolir;

 

5. dans le Rapport annuel de l'UE sur les droits de l'Homme, de procéder à un

examen approfondi de la situation de la liberté religieuse dans le monde et de

formuler des recommandations en vue de l'améliorer";

 

6. de soutenir les dialogues menés avec les autorités religieuses et les structures

de dialogue interreligieux des pays tiers en vue de favoriser le respect de la

liberté religieuse et des attitudes d'ouverture envers les minorités religieuses";

48 A fortiori dans le cadre d'accords conclus par l'UE comprenant des clauses de respect des droits fondamentaux.

Il en est ainsi, par exemple, de l'art. 2 des accords d'association euro-méditerranéens, qui

stipule que le respect des droits fondamentaux tels que mentionnés dans la Déclaration universelle

des Droits de l'Homme (1948) en constitue un «"élément essentiel"».

 

7. en vue de l'objectif précité, de donner la voix aux représentants de

communautés religieuses persécutées dans le monde et aux Églises, dont la

connaissance de terrain dans ce domaine en fait des partenaires privilégiés

pour les autorités publiques, et de soutenir les ONG des États membres et

des pays tiers qui luttent en faveur de la liberté religieuse dans le monde.

 

8. Dans ses rapports sur la situation des droits de l'Homme dans le monde, la

Sous-Commission «!Droits de l'Homme!» de la Commission des Affaires

étrangères du Parlement européen est appelée à consacrer une section

spécifique" que à l'état de la liberté religieuse.

 

9. Les délégations interparlementaires du Parlement européen avec les pays

tiers défaillants dans le domaine de la liberté religieuse sont appelées à

consacrer une partie de l'ordre du jour de leurs sessions de travail à ce sujet.

 

10. Le Haut-Représentant de l'Union pour les a# aires étrangères et la

politique de sécurité est invité à pleinement intégrer la liberté religieuse

dans les politiques de droits de l'Homme de l'Union. Pour agir à cette fin, il

lui est recommandé de veiller à pourvoir le Service européen pour l'Action

extérieure (SEAE) d'un pôle 'religion' dédié à la cause de la liberté religieuse

et au rôle des acteurs religieux dans la prévention et la résolution des conflits,

ainsi que dans la reconstruction post-conflits (processus de réconciliation).

 

11. Enfi n, dans le cadre de la mise en oeuvre de l'article 17 du Traité de Lisbonne

sur le fonctionnement de l'UE, qui garantit un dialogue ouvert, transparent

et régulier entre celle-ci et les Églises, il est recommandé de donner au droit à

la liberté religieuse une place centrale dans l'agenda qui sera établi.

Rappelons sur le Conseil des Ministres Affaires générale a adopté des conclusion lors de sa 2973 ème session le 16 novembre 2009.

Texte des conclusions :

DROITS DE L'HOMME

Liberté de religion ou de conviction - Conclusions du Conseil

 

-    Le Conseil a adopte les conclusions suivantes:

   "Le Conseil réaffirme que l'Union européenne est résolument attachée a la promotion et a la protection de la liberté de religion ou de conviction.

Le Conseil rappelle que la liberté de pensée, de conscience, de religion ou de conviction s'applique de façon égale a toutes les personnes. Il s'agit d'une liberté fondamentale qui englobe toutes les religions ou convictions, y compris celles qui ne sont pas traditionnellement pratiquées dans un

pays donne, les convictions des personnes appartenant a des minorités religieuses, ainsi que les convictions non théistes ou athées. Elle comprend également le droit d'adopter ou d'abandonner de

plein gré une religion ou une conviction, ainsi que d'en changer.

 

 

Le Conseil souligne que les Etats ont le devoir de protéger chaque individu, y compris les personnes qui appartiennent a des minorités, de la discrimination, de la violence et d'autres formes de violation. Ils doivent veiller a ce que leur système législatif offre a tous sans distinction des

garanties suffisantes et effectives de liberté de pensée, de conscience, de religion ou de conviction.

 

Le Conseil condamne toutes les formes d'intolérance envers les personnes fondée sur leur religion ou leur conviction. Il déplore que la discrimination fondée sur la religion ou la conviction soit encore pratiquée dans toutes les régions du monde et que de nombreux pays continuent de priver de leurs droits humains des personnes appartenant a certaines communautés religieuses, y compris a des minorités religieuses. Le Conseil est préoccupe par les informations faisant état d'actes de

violence extrême de plus en plus nombreux perp