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EDITORIAL

pdf mise en ligne :17 05 2006 ( NEA say… n° 12 )

ASILE > Elargissement

La toute jeune HALDE, la Haute Autorité française de lutte contre les discriminations et pour l'égalité, vient de déposer son premier rapport annuel. C’est un vrai bonheur de lire et de constater un travail bien fait, un ton et un angle d’attaque appropriés, judicieux, exemplaires. En un an, 2365 cas étudiés, réglés par la conciliation à l’amiable, transmis à la justice ou simplement rendus public, la publicité ayant valeur de réprobation. Il est instructif de retenir que 40% des cas concernent des discriminations liées aux origines ethniques, 14% à la santé ou au handicap, 6% au sexe ou à l’âge. L’emploi se trouve au premier plan, mais l’accès au logement est aussi une source importante de discriminations. Pour l’instant, la HALDE n’entend pas punir, mais dresser un constat, informer, éduquer pour que les pratiques puissent évoluer. Elle a écrit aux 150 plus grosses entreprises opérant sur le territoire français, en leur proposant huit mesures concrètes qui vont des techniques de recrutement jusqu’aux méthodes pour la promotion et la généralisation de la formation. Travail remarquable!

La Directive Bolkestein a volé en éclat, imposant une révision fondamentale non seulement de la proposition de directive mais aussi des réflexions sur les dossiers connexes comme le détachement des travailleurs. C’est dans ce contexte que la Commission vient de rendre publique, pour consultation générale, sa communication sur les services sociaux d'intérêt général. Cette communication a reçu peu de publicité dans la presse, notamment la presse française, comme si elle était épuisée par toutes les imprécations lancées en direction des intentions supposées de Bruxelles au moment du référendum sur le traité constitutionnel. Ce qui est en jeu, c’est le service à la personne, le service de proximité. La dimension du problème, son impact sur la vie de tous les jours sont considérables. Une révolution équivalente à celle du téléphone portable nous attend. Pas moins! nous annoncent différents responsables. Avec ce que cela représente comme exploitation du formidable gisement d’emplois. C’est une réalité aux États-Unis, où apparaissent des plates-formes d’envergure nationale sous-traitant le travail à des professionnels locaux capables d’assurer un service de proximité. On assiste à une véritable industrialisation liée à deux tendances de fond: le vieillissement de la population et la course au temps. La course au gigantisme, à l’image des grandes surfaces de ventes des produits marchands, n’est pas inéluctable. Loin de là! Il y a place non seulement pour les PME, mais aussi pour le bénévolat, un bénévolat professionnel et équitablement rémunéré.

L’immigration ne sera ni choisie, ni subie, mais concertée et solidaire, c’est ce que Franco Frattini et Antonio Vitorino, l’actuel responsable du dossier au sein de la Commission et son prédécesseur ont redit, avec force, lors du séminaire organisé par le Parlement européen sur l’intégration des immigrés. Ils ont réaffirmé qu’aucune politique de bonne intégration ne peut être dissociée des autres facettes du problème, toutes les autres facettes, à commencer par la concertation avec les pays de départ: migration et politique du développement sont liés, comme nous le rappellera le rapport de Mme Carlotti en cours de préparation. Immigration choisie? La France est-elle si assurée que ceux qu’elle entend choisir la choisiront aussi? Des études, à commencer par celles commandées par Nicolas Sarkozy, mais aussi des articles de journaux, soulignent les handicaps de la France dans ce domaine. La critique la plus définitive ne sera-t-elle pas de dire simplement: ça ne marchera pas!

En ce qui concerne les travaux de la commission d’enquête du Parlement européen sur l'utilisation alléguée de pays européens par la CIA pour le transport et la détention illégale de prisonniers, il faut constater le retour en force de la diplomatie avec l'audition de Javier Solana, le refus du secrétaire général de l’OTAN de se présenter, le déplacement aux États-Unis de la mission d’enquête et les déclarations des proches conseillers de Condoleezza Rice. Évolution qui était prévisible dès le début de l’affaire. La commission du Parlement européen, inébranlable, poursuit ses travaux avec sérieux, méthode, courage, opiniâtreté. Tous nos vœux!

La conférence de Tunis sur la société de l’information de l’automne dernier semble bien oubliée. La Commission européenne n’entend pas se faire complice de ce silence. L’Union européenne recherche un partenariat global, international. Dans sa communication, elle vient de souligner que nous sommes là au cœur des droits de l’homme et des libertés fondamentales. Cet appel est passé inaperçu. Dommage!