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Soixantième anniversaire de la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH) : le Secrétaire général des Nations Unies appelle de toutes ses forces les Européens à plus de compréhension à l’égard des immigrés et adresse ses félicitations au Conseil de l’Europe pour son action à l’égard des ROMS. Ne pas faire des immigrés  des « boucs émissaires ! Appel à la solidarité mondiale  

pdf mise en ligne :20 10 2010 ( NEA say… n° 96 )

IMMIGRATION > Politique d'intégration

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a exhorté les Européens à faire preuve de davantage de tolérance à l'égard de leurs immigrés, à l'occasion du 60e anniversaire de la Convention européenne des droits de l'Homme mardi à Strasbourg. "Le défi européen du 21e siècle est - après avoir « gagné la paix » au siècle passé - celui de la tolérance à l'intérieur", a-t-il déclaré. Le Secrétaire général  des Nations unies s'est exprimé dans deux discours distincts largement consacrés à ce thème, le premier au Conseil de l'Europe - organisation paneuropéenne regroupant 47 pays -, le deuxième au siège strasbourgeois du Parlement de l'UE des 27.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a exhorté les Européens à faire preuve de davantage de tolérance à l'égard de leurs immigrés, à l'occasion du 60e anniversaire de la Convention européenne des droits de l'Homme mardi à Strasbourg. "Le défi européen du 21e siècle est - après avoir « gagné la paix » au siècle passé - celui de la tolérance à l'intérieur", a-t-il déclaré. Le Secrétaire général  des Nations unies s'est exprimé dans deux discours distincts largement consacrés à ce thème, le premier au Conseil de l'Europe - organisation paneuropéenne regroupant 47 pays -, le deuxième au siège strasbourgeois du Parlement de l'UE des 27.
 

Devant le Parlement européen, faisant allusionà cette « rhétorique » condamnée à la fois par le Parlement européen et l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, il a dit « les chapitres les plus sombres de l’Europe ont été écrits dans un tel langage. Aujourd’hui les cibles principales sont les immigrants de foi musulmane. L’Europe ne peut pas se permettre les clichés qui ferment les esprits et nourrissent la haine. Et le monde ne peut pas se permettre d’une Europe qui agit ainsi ». Des propos plus explicites et plus forts que ceux qu’avait tenus dans un contexte voisin la vice-présidente Reding, propos qui lui furent fortement reprochés par les plus hautes autorités françaises, chacun s’en souvient.

 

Ban Ki-moon a déploré que la situation sur ce point ne se soit guère améliorée depuis la venue en 2003 de son prédécesseur devant les députés européens. Kofi Annan avait alors lancé "un appel passionné pour que l'Europe saisisse l'élan offert par l'immigration, et pour résister à ceux qui diabolisent ces nouveaux-venus comme « l'autre".

 

"J'aimerais pouvoir dire aujourd'hui que la situation en Europe s'est améliorée entre temps. Mais, en tant qu'ami de l'Europe, je partage une préoccupation profonde", a regretté M. Ban.

 

"Une tendance dangereuse est en train d'apparaître: certains jouent sur les peurs des gens", a-t-il poursuivi sous les applaudissements des eurodéputés.

 

"Ils accusent les immigrants de violer les valeurs européennes, alors que trop souvent ce sont les accusateurs qui subvertissent ces valeurs et donc l'idée même de ce que cela signifie d'être citoyen de l'Union européenne".

 

"Les chapitres les plus sombres de l'histoire de l'Europe ont été écrits avec un tel langage", a commenté M. Ban, relevant que "aujourd'hui, les cibles principales sont des immigrants de confession musulmane".

 

"L'Europe ne peut pas se permettre des stéréotypes qui ferment les esprits et nourrissent la haine. Et le monde ne peut pas se permettre une Europe qui fait cela", a-t-il poursuivi.

 

Un peu plus tôt, au siège du Conseil de l'Europe, le secrétaire général de l'ONU a déploré qu'une "anxiété croissante" dans les pays développés serve de "prétexte à des politiques de discrimination et d'exclusion".

 

"Dans bien des pays développés, immigration et récession économique suscitent une anxiété croissante, qui, de plus en plus, sert de prétexte à des politiques de discrimination et d'exclusion", a affirmé M. Ban.

 

Aujourd'hui, "le schisme entre l'Est et l'Ouest a été remplacé par une fracture de plus en plus marquée entre le Nord et le Sud. Les droits civils et politiques reculent, l'engagement en faveur du droit au développement social et économique manque de vigueur".

 

"Quand on parle de droits de l'Homme, il ne devrait y avoir aucune sélectivité. Les droits de l'Homme ne sont pas un menu dans lequel on peut picorer", a martelé M. Ban.

 

Le secrétaire général s'est félicité de l'initiative prise par le Conseil de l'Europe d'une réunion "à haut niveau" avec l'UE mercredi à Strasbourg pour "discuter de l'intégration des Roms en Europe".

 

Le secrétaire général du Conseil de l'Europe, Thorbjoern Jagland, a convenu qu'il restait "beaucoup de problèmes à régler" en matière de droits de l'Homme dans certains des 47 pays de cette organisation paneuropéenne, "et pas seulement dans les nouvelles démocraties". "Nous devons balayer devant notre propre porte", a-t-il conclu.

 

 Devant le Parlement européen il a réitéré ses appels

 

 Ban Ki-moon appelle l'Europe à ne pas faire des immigrés des boucs émissaires

 

Ne pas faire des immigrés musulmans des boucs émissaires, dans cette période de tensions économiques et sociales.

 

« Les immigrés aujourd'hui souffrent de manière disproportionnée, que ce soit à l'intérieur de l'Europe ou ailleurs. Ils souffrent du chômage, de discrimination et de manque d'opportunités à l'école et dans le monde du travail. Mais une tendance encore plus dangereuse est en train d'émerger. Une nouvelle politique de polarisation. Certains jouent sur les peurs des gens. Ils cherchent à invoquer des valeurs de gauche pour des causes qui ne le sont pas », a dit le Secrétaire général dans ce discours devant les parlementaires européens.

 

 

« Ils accusent les immigrés de violer les valeurs européennes. Mais trop souvent, ce sont ces accusateurs qui corrompent ces valeurs et ainsi le concept même de citoyen de l'Union européenne", a-t-il ajouté.

 

 

« Les chapitres les plus sombres de l'Europe ont été écrits dans un tel langage. Aujourd'hui les cibles principales sont les immigrés de foi musulmane. L'Europe ne peut pas se permettre les clichés qui ferment les esprits et nourrissent la haine. Et le monde ne peut pas se permettre d'une Europe qui agit ainsi », a affirmé Ban Ki-moon.

 

 

Selon le Secrétaire général de l'ONU, « l'Europe moderne est fondée sur les droits de l'homme et sur des valeurs empreintes d'humanité". "Notre ambition est donc celle d'un continent uni, et non divisé par des différences ethniques ou religieuses. Une Union dans laquelle tous les enfants, quelle que soit l'origine de leurs parents, ont les mêmes chances de réussite. Une Union forte, unie, dynamique pour le XXIe siècle », a-t-il dit.

 

 

 

Le Secrétaire général a déclaré qu'il comprenait les difficultés rencontrés par de nombreux Européens. « Les emplois sont rares. Les tensions sont élevées. Les gens souffrent, sont en colère et déçus. Cela a entraîné une érosion de la confiance dans les institutions, dans les dirigeants et entre voisins », a-t-il souligné. « C'est une période d'épreuves, même dans une région prospère comme l'Europe. Je pense que nous pouvons la surmonter ».

 

 

Il a déclaré sa « confiance dans le modèle européen, dans l'Europe qui représente non seulement une entité géographique, mais aussi un idéal. Nous traversons des temps difficiles. C'est justement parce qu'ils sont difficiles, que nous devons continuer à faire preuve de solidarité ».

 

Il a appelé les parlementaires européens à faire preuve de leadership et de solidarité aussi bien en Europe qu'au-delà. »Nous grandirons ou nous tomberons ensemble »

 

Il a supplié  l'Union européenne à jouer un rôle moteur dans la résolution des principaux défis auxquels le monde est confronté : la pauvreté, le changement climatique, la dénucléarisation et l'immigration. Il a insisté sur la solidarité entre pays et organisations telles que l'Union européenne et les Nations unies ainsi que sur la nécessité d'agir et non de se contenter de discours.

 

Saluant son illustre visiteur et plantant le décor, le Président du Parlement européen, Jerzy Buzek, a rappelé que les défis actuels ne peuvent être relevés que « par un effort commun de toutes les nations et de tous les peuples ». S'inscrivant dans cette logique et alternant entre la langue de Molière et celle de Shakespeare, Ban Ki-moon a souligné que l'Union européenne (UE) et les Nations unies étaient des partenaires naturels. Il a appelé à plus de solidarité car « nous grandirons ou nous tomberons ensemble ».

 

Réduire la pauvreté en passant des engagements à l'action :le Secrétaire général des Nations unies a rappelé que dans le monde, un milliard de personnes se couchent le ventre vide chaque soir, et que ce chiffre risque d'augmenter de 64 millions cette année. Lors du sommet des Nations unies sur les Objectifs du millénaire pour le développement, le mois dernier, les pays développés se sont engagés à augmenter leurs efforts pour réduire l'extrême pauvreté. « Ces engagements doivent être mis en pratique maintenant », a demandé Ban Ki-moon. Il s'est dit inquiet de la stagnation des négociations à l'Organisation mondiale du commerce (OMC), les règles et pratiques actuelles handicapant certains pays, ainsi que de l'augmentation des prix des médicaments de base.

 

Il faut « aider les peuples à s'aider eux-mêmes », a-t-il prôné. « Nous pouvons nous serrer la ceinture sans fermer les yeux sur les défis communs ». Il a appelé les députés européens à soutenir les actions des Nations unies dans les situations d'urgence.

 

Les engagements des pays développés doivent également être honorés en ce qui concerne la lutte contre le changement climatique. Trente milliards de dollars ont été promis en décembre dernier à Copenhague, a rappelé Ban Ki-moon.  « Plus on attend et plus le prix à payer sera élevé en termes de compétitivité, de ressources et de vies humaines ».

 

Par ailleurs, certaines questions restées en suspens doivent être prises à bras-le-corps lors de la prochaine conférence, à Cancún (Mexique). « Les parties concernées doivent faire preuve de souplesse, de solidarité et de courage pour arriver à un compromis. La santé, la sécurité et la prospérité de millions de personnes en dépendent. Il n'y a pas de temps à perdre », selon le numéro un des Nations unies. Il souhaite que la méfiance entre pays en voie de développement et pays développés soit dépassée grâce au soutien financier de ces derniers.

 

- Ban Ki-moon se félicite de l'initiative du Conseil de l'Europe sur les Roms http://www.coe.int/t/dc/press/news/20101019_speech_ban_ki_moon_fr.asp

 

- Discours de Thorbjørn Jagland [en] http://www.coe.int/t/dc/press/news/20101019_speech_costa_.asp

 

- Discours de Jean-Paul Costa http://www.coe.int/t/dc/press/news/20101019_speech_costa_.asp

 

- Discours de Gjorgje Ivanov [en] http://www.coe.int/t/dc/press/news/20101019_speech_ivanov.asp

 

-        Site du 60e anniversaire de la Convention

 http://human-rights-convention.org/?lang=fr