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Le Vatican précise et complète sa doctrine concernant les immigrés, sans rien renier de ce qui avait été dit par le pape au cœur de l’été en pleine affaire rom. Rappel du devoir d’accueil

pdf mise en ligne :27 10 2010 ( NEA say… n° 96 )

IMMIGRATION > Politique d'intégration

Benoît XVI a rappelé, mardi 26 octobre, à l’occasion de la 97e journée mondiale des migrants  la pensée de l'Église catholique sur la question de l'immigration. Toute personne détient le «droit à immigrer» en vue «de meilleures conditions de vie», «les États ont le droit de réglementer les flux migratoires et de défendre leurs frontières en garantissant toujours le respect dû à la dignité de chaque personne humaine». Il a ajouté: «Les immigrés ont le devoir de s'intégrer dans le pays d'accueil, en respectant ses lois et l'identité nationale.» Le pape appelle à former « une seule famille humaine ».

Benoît XVI a rappelé, mardi 26 octobre, à l’occasion de la 97e journée mondiale des migrants  la pensée de l'Église catholique sur la question de l'immigration. Toute personne détient le «droit à immigrer» en vue «de meilleures conditions de vie», «les États ont le droit de réglementer les flux migratoires et de défendre leurs frontières en garantissant toujours le respect dû à la dignité de chaque personne humaine». Il a ajouté: «Les immigrés ont le devoir de s'intégrer dans le pays d'accueil, en respectant ses lois et l'identité nationale.» Le pape appelle à former « une seule famille humaine ».

Partout dans le monde, le sujet de l’accueil des migrants est ultrasensible. En Italie, en France, aux États-Unis, en Afrique, les épiscopats ont pris position mais pas toujours dans le sens souhaité par les gouvernants, tentés d’ériger des murs de protection ou, à tout le moins, de réguler précisément les flux migratoires en privilégiant les mesures d’ordre sécuritaires ou répressives. Dans ce contexte, dans son message  le pape délivre un message ferme pour ce qui relève du magistère de l’Eglise, mais  un message équilibré. Le pape a confirmé la doctrine traditionnelle de l’Eglise à l’égard des migrants. Nous sommes loin de l’interprétation que tente d’accréditer le journal le Figaro qui par ses titres et sous titre comme par ses commentaire laisserait entendre que le pape serait revenu en partie sur ce qu’il avait dit au mois d’août, qu’il aurait atténué ses propos et que la visite du président Sarkozy à Rome en serait une explication.. Non le pape n’est pas « allé à Canossa » !

 En continuité avec ses prédécesseurs, le pape propose d’envisager le monde comme « une seule famille humaine, une seule famille de frères et sœurs dans des sociétés qui deviennent toujours plus multiethniques et interculturelles, où les personnes de diverses religions aussi sont encouragées au dialogue, afin que l’on puisse parvenir à une coexistence sereine et fructueuse dans le respect des différences légitimes. » Cette famille, unique, explique Benoît XVI, englobe « migrants et populations locales qui les accueillent, et tous ont le même droit de bénéficier des biens de la terre, dont la destination est universelle, comme l’enseigne la doctrine sociale de l’Église. » Il rappelle que Jean-Paul II, à l’occasion de cette même journée des migrants en 2001, avait appelé à considérer « au-dessus de tout égoïsme nationaliste, le droit à émigrer ».

Corollaire de ce devoir d’accueil, poursuit Benoît XVI, « les États ont le droit de réglementer les flux migratoires et de défendre leurs frontières, en garantissant toujours le respect dû à la dignité de chaque personne humaine. En outre, les immigrés ont le devoir de s’intégrer dans le pays d’accueil, en respectant ses lois et l’identité nationale. » Cette dernière phrase ne doit pas être sortie de son contexte général pour ne pas en tirer des conclusions pratiques qu’elle ne légitimerait d’ailleurs si elles venaient à être mises en œuvre.

Il faut donc «accueillir les légitimes diversités humaines»  sans oublier bien sûr, que devant «différentes formes de persécutions», écrit le Pape, il arrive «que la fuite devienne nécessaire». Toute la question, pour l'Église, est alors de combattre «le manque de fraternité entre les hommes et entre les peuples» et «tout égoïsme nationaliste» car «il faut aider ceux qui sont contraints de quitter leur maison ou leur terre». Comment? En faisant notamment appliquer «les engagements précis de la communauté internationale» pour assurer le «respect de leurs droits» aux «réfugiés et migrants forcés» mais aussi «de justes préoccupations pour la sécurité et la cohésion sociale». Le message du  Pape rappelle aussi que l'Église catholique promeut «l'accueil chrétien» et l'idéal «d'une seule famille de frères et de sœurs dans des sociétés qui deviennent toujours plus multiethniques et interculturelles, où les personnes de diverses religions aussi sont encouragées au dialogue afin que l'on puisse parvenir à une coexistence sereine et fructueuse dans le respect des différences légitimes».  Implicitement des réponses sont données à des questions comme : droit du sang ou droit du sol, le regroupement familial, le refoulement des réfugiés candidats à une protection internationale, l’exercice du droit d’asile, les aides sociales jusqu’où ? le droit à l’éducation et à la formation, le droit à la santé comment ?

Texte intégral du message de Benoît XVI http://www.la-croix.com/Message-de-Benoit-XVI-pour-la-Journee-mondiale-du-migrant-et/documents/2443851/47602