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Affaire Wikileaks : la liberté d’expression et le droit à l’information en cause ? La haute commissaire aux droits de l'homme de l'ONU inquiète des pressions sur WikiLeaks. Pour elle, c’est une menace contre la liberté d’expression.

pdf mise en ligne :09 12 2010 ( NEA say… n° 99 )

DROITS FONDAMENTAUX > Liberté d'expression

Ces pressions "peuvent être interprétées comme une tentative de censure contre la publication d'informations", a déclaré Navi Pillay. La haute commissaire aux droits de l'homme de l'ONU s'est dite inquiète, jeudi 9 décembre, des pressions exercées sur les compagnies offrant des services au site WikiLeaks, qui, ces dernières semaines, a diffusé des milliers de documents secrets de la diplomatie américaine en collaboration avec cinq grands quotidiens internationaux.

Ces pressions "peuvent être interprétées comme une tentative de censure contre la publication d'informations", a déclaré Navi Pillay. La haute commissaire aux droits de l'homme de l'ONU s'est dite inquiète, jeudi 9 décembre, des pressions exercées sur les compagnies offrant des services au site WikiLeaks, qui, ces dernières semaines, a diffusé des milliers de documents secrets de la diplomatie américaine en collaboration avec cinq grands quotidiens internationaux.

"Je suis préoccupée par des informations faisant état de pressions exercées sur des compagnies privées, dont des banques, des sociétés émettrices de cartes bancaires ainsi que des fournisseurs de sites Internet pour qu'ils ferment leurs lignes de crédit pour des dons destinés à WikiLeaks", a expliqué Mme Pillay au cours d'une conférence de presse. Elle a également dénoncé des pressions visant à empêcher l'hébergement du site. Ces dernières "peuvent être interprétées comme une tentative de censure contre la publication d'informations, et pourrait potentiellement constituer une violation du droit à la liberté d'expression de WikiLeaks", a-t-elle ajouté.

Plusieurs sociétés telles Visa, MasterCard ou encore Postfinance.ch ont suspendu leurs services de paiement à WikiLeaks, dans la foulée de ces publications. Une riposte a été organisée par des hackers ayant pris fait et cause pour Julian Assange, le fondateur du site, augmentant jeudi leurs cyber-attaques contre "les adversaires de WikiLeaks". "Si WikiLeaks a commis des actes reconnus comme illégaux, cela doit être traité dans le cadre de la législation et non par le biais de pressions ou d'intimidations, notamment sur des tierces parties", a insisté Mme Pillay.

Pour la Haut commissaire, « c'est ce que les medias appellent une cyber-guerre », car l'affaire Wikileaks « soulève des questions complexes de droits de l'homme, sur l'équilibre entre liberté d'information et le droit des personnes à être informées et le besoin de protéger la sécurité nationale et l'ordre public ». Cela étant, elle a estimé que ces pressions « peuvent être interprétées comme une tentative de censure contre la publication d'informations, et pourraient constituer une violation du droit à la liberté d'expression de Wikileaks ».

Dans un entretien à la chaîne de radiotélévision américaine ABC, le Rapporteur de l'ONU sur la liberté d'opinion et d'expression, Frank La Rue, est lui aussi revenu sur l'affaire Wikileaks, et notamment l'arrestation et l'incarcération du fondateur du site Internet, Julian Assange, en insistant sur la différence entre les fuites elles-mêmes et la diffusion de ces fuites. « S'il y a une responsabilité dans la diffusion de ces fuites, c'est exclusivement celle de la personne qui est responsable de ces fuites et non du media qui prend l'initiative de les diffuser », a-t-il insisté, rappelant que c'était « de cette manière que la transparence fonctionne et que la corruption a été combattue dans de nombreux cas ». Revenant ensuite sur les pressions exercées sur des sociétés hébergeant le site Wikileaks, Frank La Rue a rappelé qu'il avait « clairement indiqué que le simple fait que des informations aient fuité ne pouvait pas excuser des pressions quelconques sur des entreprises ».

POUTINE et LULA aux côtés de WIKILEAKS. Vladimir Poutine a mis en doute le bien-fondé de l'arrestation de Julian Assange au cours d'une conférence de presse. "Si on parle de démocratie, il faut qu'elle soit totale. Pourquoi a-t-on mis Assange en prison ? C'est ça la démocratie ?", a déclaré le premier ministre russe. "Il faut commencer par balayer devant sa porte. Je renvoie la balle à nos collègues américains", a ajouté M. Poutine. Le président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, a également protesté jeudi contre la détention du fondateur de WikiLeaks. Lula a dit exprimer à WikiLeaks sa "solidarité pour la divulgation des documents et protester contre [l'atteinte] à la liberté d'expression". Julian Assange "a mis à nu une diplomatie qui paraissait intouchable", a-t-il souligné.

Centre d’actualités des Nations Unies http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=23919&Cr=internet&Cr1=