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Immigration illégale : Israël comme Ceuta, Melilla, Lampedusa, les frontières entre la Grèce et la Turquie ou la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis ?

pdf mise en ligne :12 12 2010 ( NEA say… n° 99 )

IMMIGRATION > Conditions d'accueil des réfugiés

Plus que l’annonce et le démarrage de la construction de la « barrière de sécurité » avec l’Egypte c’est l’annonce de l’ouverture d’un centre de détention pour réfugiés africains, annonce reprise par toute la presse internationale qui vient de lancer un débat d’un nouveau type et tout aussi redoutable que celui des territoires occupés ou de l’occupation de Gaza.

Plus que l’annonce et le démarrage de la construction de la « barrière de sécurité » avec l’Egypte c’est l’annonce de l’ouverture d’un centre de détention pour réfugiés africains, annonce reprise par toute la presse internationale qui vient de lancer un débat d’un nouveau type et tout aussi redoutable que celui des territoires occupés ou de l’occupation de Gaza.

« Une vague grossissante menace les emplois israéliens et l’avenir du pays », tel est le cri d’alarme que vient de lancer le chef du gouvernement israélien, Benjamin Nétanyahou. Il vise les immigrés africains  illégaux qui franchissent la frontière sud d’Israël au rythme de 1200 à 1500 par mois. Pour le chef du gouvernement les motivations sont essentiellement d’ordre économique, mais il a mis en place, pour contrecarrer ce flux, toute une série de mesures sévères qui ont amené les protestations vigoureuses des associations des défenses des droits de l’homme.

La plus controversée de ces mesures est la décision de construire un centre de rétention et de détention dans le centre du désert du Néguev non loin de la frontière avec l’Egypte et dont la capacité pourrait se situer entre 8000 et 10 000 places soit un tiers de la population africaine illégale selon une estimation récente mais controversée ;. Ce centte dont l’ouverture est prévue pour dans six mois devrait permettre d’attendre la construction entamée fin novembre de la « barrière de sécurité qui va être dressée sur une grande partie de la frontière avec l’Egypte, sur plus de 240 kilomètres. Le troisième axe du plan devrait être de démarcher les pays qui seraient susceptibles d’accueillir une partie des immigrés. Une opération des Danaïdes si l’on sait que la législation prévoit que quiconque foule le sol israélien ne peut être renvoyé vers son pays d’origine : les formalités d’expulsion sont longues, difficiles compliquées de sorte qu’en pratique les illégaux peuvent rester pendant de longues années en Israël. Il est prévu aussi que de lourdes amendes pour sanctionner les entreprises locales qui emploient cette main d’œuvre composée d’immigrés illégaux par ailleurs indispensables. On estime que 40%  des 220 000 travailleurs étrangers sont en situation illégale et que beaucoup d’entre eux sont employés sur les chantiers de construction dans les colonies, elles aussi illégales au regard du droit international ce que l’Union européenne répète régulièrement après beaucoup d’autres.

Le camp du Néguev devrait être géré par l’administration pénitentiaire ce qui renforce l’inquiétude et les protestations humanitaires au moment même où la presse israélienne rend compte dans ses reportages les violences graves dont sont victimes les Soudanais en provenance du Darfour ou les Erythréens. Les associations humanitaires (notamment au vu de la situation dans une prison militaire proche de la frontière égyptienne où sont enfermés aussi des demandeurs d’asile) voient mal comment Israël pourrait à l’avenir construire un centre, qui serait bien plus vaste, et qui ne deviendrait pas immédiatement un désastre chaotique humanitaire.

A l’avenir, les tension xénophobes déjà fortes ne peuvent que se renforcer dans un pays hanté, obsédé par le déséquilibre démographique au détriment des populations  juives ou converties au judaïsme comme récemment les 8000 falachmoras éthiopiens chrétiens pour qui c’est une condition de leur accueil en Israël.