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Génocide des tsiganes : le Parlement européen commémore le génocide des populations tziganes . « Nous voulons nous souvenir » ! (Jerzy Buzek)

pdf mise en ligne :07 02 2011 ( NEA say… n° 102 )

DROITS FONDAMENTAUX > Protection des victimes

A l’occasion de la mini-session plénière de mercredi à Bruxelles, la Parlement européen a  commémoré pour la première fois le "génocide des Roms par les nazis". A ce sujet, le Président du Parlement, Jerzy Buzek a souligné qu' "un tiers des personnes détenues à Auschwitz étaient Roms, mais la plupart des Européens l'ignorent", évoquant également que seuls quelques Etats européens ont reconnu

A l’occasion de la mini-session plénière de mercredi à Bruxelles, la Parlement européen a  commémoré pour la première fois le "génocide des Roms par les nazis". A ce sujet, le Président du Parlement, Jerzy Buzek a souligné qu' "un tiers des personnes détenues à Auschwitz étaient Roms, mais la plupart des Européens l'ignorent", évoquant également que seuls quelques Etats européens ont reconnu officiellement le génocide des Roms». Le 66ème anniversaire de la libération d’Auschwitz-Birkenau nous rappelle que les Roms   constituaient  groupe minoritaire parmi les victimes mais la plupart des Européen ne le savent pas. Le génocide des Roms n’a été reconnu officiellement que par quelques Etats membres de l’UE. Le moment est venu de dire à tout le monde que les Roms ont vécu le traumatisme du génocide (…) Le Parlement européen, c’est la voix de l’UE, c’est le Parlement qui se bat pour les droits de l’homme. Aujourd’hui, nous voulons nous souvenir de nos sœurs et de nos frères Roms. Nous souhaitons que cette tragédie soit mieux comprise ».

 

 Pour le vice-président de la Commission, Maros Sefcovic, , les Etats membres doivent travailler davantage pour améliorer l’intégration des Roms. La Commission adoptera en avril un cadre européen pour les stratégies d’intégration des Roms, l’objectif étant de se battre pour leur intégration et contre leur exclusion. Pour la Commission la défense des droits fondamentaux est tr ès importante en Europe. Il est important que tous puissent s’intégrer, a-t-il conclu.Au nom du PPE, la Hongroise d’origine Rom et rapporteur sur le dossier, Livia Jaroka a demandé à tous les Etats membres de reprendre dans les manuels scolaires « notre histoire commune » depuis 700 ans : « nous avons une histoire commune et notre avenir doit être aussi commun » a-t-elle conclu. Le vice-président socialiste du S&D, Hannes Swoboda a estimé qu’il faut créer les conditions pour que les Roms se sentent partout chez eux, pour que tous puissent voyager librement en Europe. «  Lorsque nous aurons obtenu cela, nous aurons déjà fait beaucoup pour les Roms et nous aurons fait exactement le contraire de ce que voulaient les nazis avec l’élimination des Roms durant l’holocauste ». pour l’ALDE, la roumaine Renate Weber a dit espérer que la déclaration du président du Parlement européen soit suivie de mesures concrètes dans l’UE et dans ses Etats membres. Elle a plaidé pour la mise en place d’une véritable stratégie européenne pour l’inclusion des Roms.

 

En titrant "L'Europe doit reconnaître le génocide Tzigane",le journal  Le Monde revient sur le douloureux travail de mémoire qu'il reste à faire dans de nombreux Etats membres. Comme l'extermination de "220 000 à 500 000 Roms en Europe selon les historiens est longtemps restée dans l'ombre de l'Holocauste de quelques six millions de personnes de confession juive", il demeure envers les populations dites tziganes "une grande méconnaissance de l'autre". Retraçant l'histoire de leurs persécutions en France au début du siècle, le quotidien de référence français remarque "à la fin de la guerre, les Tziganes sont absents du procès de Nuremberg". Pourtant certains pays ont été plus aptes à appréhender la question tzigane : "ce génocide sera reconnu en Allemagne en 1982, en Hongrie, un musée consacré à ce génocide est construit en 1998. Ce pays commémore chaque année, depuis 2001, le souvenir des Tziganes victimes de ce génocide auxquels il consacre un cours d'histoire dispensé à tous les adolescents".

 

En France,  malgré la présidence du premier sommet européen sur l'inclusion des Roms, "le génocide tzigane n'est toujours pas reconnu. De même, si le carnet anthropométrique a disparu, c'est pour être remplacé par un carnet de circulation ne constituant ni une pièce d'identité ni un justificatif de nationalité, encore moins un passeport" souligne Le Monde. Crée en 1912, le régime nomade est encore de vigueur pour ces populations. "Ce fichage nous poursuit même sur nos documents d'identité", les cartes d'identité des titulaires d'un Livret de circulation commençant par les lettres "LC" (Livret de circulation), a dénoncé M. Daumas, de l'Union française des associations tsiganes (Utaf). "Nous n'avons aujourd'hui plus aucun autre recours que l'Europe pour mettre fin à ces discriminations".

 

Quoiqu'il en soit, cette initiative voulue de longue date, pour  les familles des victimes du génocide et les associations tsiganes en rendant hommage aux victimes tsiganes massacrées par le régime nazi, le Parlement européen honore la mémoire de près d’un million de personnes trop longtemps oubliées dans la mémoire collective .