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Droits de l’Homme : l’Europe n’est-elle pas en train de perdre toute crédibilité alerte le Commissaire aux droits de l’Homme du Conseil de l’Europe.

pdf mise en ligne :06 05 2011 ( NEA say… n° 107 )

DROITS FONDAMENTAUX > Dignité humaine

Si l’Europe continue à considérer comme des personnes « totalement non désirées », l'Europe sera très peu crédible lorsqu'elle évoquera les droits de l'Homme au cours des forums internationaux, prévient Thomas Hammarberg, commissaire responsable des Droits de l'Homme au Conseil de l'Europe. Thomas Hammarberg est bien connu des lecteurs de Nea Say de nombreux articles ont été consacrés à relayer ses prise de position (69 articles lui ont été consacrés http://www.eu-logos.org/eu-logos_nea-say.php?q=hammarberg&Submit=%3E)

Si l’Europe continue à considérer comme des personnes « totalement non désirées », l'Europe sera très peu crédible lorsqu'elle évoquera les droits de l'Homme au cours des forums internationaux, prévient Thomas Hammarberg, commissaire responsable des Droits de l'Homme au Conseil de l'Europe. Thomas Hammarberg est bien connu des lecteurs de Nea Say de nombreux articles ont été consacrés à relayer ses prise de position (69 articles lui ont été consacrés http://www.eu-logos.org/eu-logos_nea-say.php?q=hammarberg&Submit=%3E)

 

M. Hammarberg a déclaré que la Tunisie avait été un « modèle pour toutes les politiques concernant les réfugiés dans le monde entier » malgré d’énormes pressions migratoires à ses frontières. La Tunisie est confrontée à une situation difficile suite à la « révolution de Jasmin » de janvier, mais elle a malgré tout accueilli  « à bras ouverts » plus d’un quart de million de réfugiés venus de Libye, a indiqué M. Hammarberg.« En revanche, les 500 millions d’Européens ferment leurs portes, renvoyant des bateaux entiers, traitant ceux qui viennent en Europe comme s’ils étaient totalement indésirables. Je pense que c’est très triste. C’est la preuve que l’Europe ne respecte pas ses propres déclarations concernant les droits de l’Homme », a-t-il dit.

 

M. Hammarberg présentait son nouveau livre, intitulé « Human rights in Europe: no grounds for complacency » (« Droits de l’Homme en Europe : pas de place pour la complaisance »), au Centre d’études de la politique européenne (CEPS). Le commissaire aux droits de l’Homme a critiqué de récentes décisions visant à réinstaurer les contrôles aux frontières intérieures de l’espace Schengen qui envoient , selon  lui, des signaux négatifs au reste du monde. « Je crois en effet que nous sommes face à une situation très malheureuse alors que l’Europe se ferme encore plus et commence à réinstaurer ses frontières de manière à envoyer des signaux négatifs quant à l’accueil des réfugiés et des immigrés venus d’autres parties du monde », a-t-il déclaré. Des déclarations (et même des actions) de responsables gouvernementaux  sont  en contradiction avec les normes déjà établies en matière de droits de l’Homme. « Je suggère plutôt, au lieu de céder à ce type de tendances xénophobes, que les personnalités politiques importantes se lèvent et expliquent pourquoi nous devons nous soucier des gens qui sont désespérément dans le besoin à l’autre bout du monde et voir cela sous un angle humanitaire. Mais ils ne le font pas. Ils battent en retraite et trahissent les principes fondamentaux des droits de l’Homme alors que je croyais que l’Europe les honorerait », a-t-il ajouté.

 

M. Hammarberg a également affirmé que le problème, apparu en juillet dernier en France avec l’expulsion en masse de Roms, était loin d’être résolu. Nea say rappelle que Viviane Reding, vice-présidente  de la Commission européenne, a toujours déclaré que la France restait sous surveillance, même si une procédure d’infraction n’était pas ouverte Près de six mois après la crise , peut-être serait-il utile de faire le point sur ce point précis. Sur un autre thème, M. Hammarberg a qualifié de « malheureuse » la décision de la Commission européenne de donner son feu vert aux amendements d’une loi controversée sur les médias en Hongrie, alors que le Conseil de l’Europe avait quant à lui adoptée une position plus critique. Il est vrai que le Conseil de l’Europe comme l’OSCE ont été plus en pointe sur cette affaire. A suivre également.

 

Thomas Hammarberg a repris les points de vue développés récemment (le 14 avril) lors de la présentation du rapport annuel. La mise en œuvre des droits de l’homme laisse à désirer8

 « La mise en œuvre des droits de l'homme progresse trop lentement et les normes adoptées ne se traduisent pas toujours dans les faits. Le déficit de mise en œuvre est important », a déclaré le Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe, Thomas Hammarberg, en présentant aujourd’hui son rapport annuel. « Ce que j'ai vu et entendu au cours de mes activités de 2010 m'a rempli d'une profonde impatience. »

 

Le rapport recense les difficultés nécessitant une action bien plus déterminée de la part des pouvoirs publics. En particulier, le Commissaire souligne que les conditions de vie des Roms ne se sont guère améliorées et que peu de progrès ont été enregistrés dans les domaines de l'éducation, du logement, de la santé et de l'emploi. « Nous devons veiller à renforcer l'insertion des Roms dans la société, à élargir leur représentation politique et à leur donner davantage de possibilités de participer activement à la vie de la collectivité. »

 

Le développement des tendances xénophobes et racistes constitue un autre motif de préoccupation. « Les groupes nationalistes et extrémistes qui ont exploité ces tendances à des fins électorales n'ont guère rencontré de résistance. Je suis déçu que les principaux dirigeants politiques n'aient pas pris plus fermement position en défendant publiquement les principes des droits de l'homme. »

 

Les responsables politiques se sont généralement révélés incapables de contrer les stéréotypes islamophobes. Ils n’ont pas expliqué clairement que les musulmans font partie intégrante de notre Europe multiculturelle et ont largement contribué au développement de notre continent au fil des siècles. « Il est grand temps que les responsables politiques reconnaissent publiquement ce fait et agissent de manière plus résolue pour combattre les crimes de haine et la discrimination. Si le multiculturalisme a échoué, c'est parce que cette option n'a jamais vraiment été envisagée sérieusement. »

 

Les tendances xénophobes influencent aussi les politiques migratoires, y compris l'attitude envers les réfugiés et des demandeurs d'asile. « Il faudrait redoubler d'efforts pour instaurer une gestion des migrations qui soit humaine. Ainsi que le montre la crise actuelle en Afrique du Nord, nous avons besoin d'une nouvelle politique européenne commune en matière de migrations et d'asile, politique qui répartirait de manière plus équitable la responsabilité de l'accueil de ces personnes entre les Etats membres. »

 

Pour ce qui est de la liberté des médias, le Commissaire constate que la situation laisse encore à désirer dans plusieurs pays européens. « Certains gouvernements prennent des mesures pour empêcher les médias de formuler la moindre critique. Les médias de service public reçoivent des instructions du gouvernement et les fréquences sont attribuées aux chaînes de radio et de télévision selon des critères politiques. Le pluralisme des médias est également menacé par des tendances à la création de monopoles et à des formes de propriété oligarchiques. »

 

En outre, le Commissaire est préoccupé par l’ampleur de l’impunité en matière pénale. « L’impunité nie la portée de la prééminence du droit telle que nous la défendons. Plusieurs assassinats de journalistes et de défenseurs des droits de l'homme qui ont eu un grand retentissement restent impunis. Parfois, le tueur à gages a été identifié, mais pas le commanditaire du meurtre. Les enquêtes n’ont pas toujours été menées avec professionnalisme et n’ont pas toujours bénéficié du soutien nécessaire pour pouvoir aboutir. »

 

Le Commissaire note aussi que les inégalités se creusent en Europe. « Les budgets d’austérité tendent à avoir les conséquences les plus graves sur les personnes les plus vulnérables, dont les enfants, les personnes âgées et les personnes handicapées. Le fort taux de chômage remet en cause le droit à un emploi décent, ce qui risque de menacer la cohésion sociale et la stabilité de la société. »

 

Enfin, il souligne l’importance d’accorder plus d’attention à la situation des femmes. « La violence familiale, la discrimination sur le marché du travail et la faible représentation au niveau politique et dans la direction des entreprises figurent parmi les obstacles qui empêchent les femmes de jouer pleinement leur rôle dans nos sociétés, au même titre que les hommes. Cette situation honteuse et inexcusable n'a duré que trop longtemps. »

 

      -. Texte de l’intervention du Commissaire au séminaire d’Istanbul (ainsi que des autres intervenants https://wcd.coe.int/wcd/ViewDoc.jsp?id=1775377

 

      -. Présentation du rapport annuel des activités de Thomas Hammarberg https://wcd.coe.int/wcd/ViewDoc.jsp?id=1765477

     

      -. Présentation devant le CEPS par Thomas Hammarberg de « no grounds for Complacency » http://www.ceps.eu/event/human-rights-europe-no-grounds-complacency