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Immigration : çà rapporte, plus que çà coûte ! Eulogos l’avait bien dit…..Des parlementaires veulent briser les fantasmes de leurs concitoyens.

pdf mise en ligne :14 05 2011 ( NEA say… n° 108 )

IMMIGRATION > Politique d'intégration

Les immigrés rapportent plus qu'ils ne coûtent c’est ce que l’éditorial de Nea Say N° 107 essayait de démontrer et c’est ce qu’un rapport d’audit de parlementaires confirme.  Des parlementaires de tous bords ont rendu public mercredi, à l’Assemblée nationale française, un rapport d’audit mené pendant près d’un an sur la politique d’immigration de la France pour «éclairer l’approche des phénomènes migratoires». C’est le collectif « Cette France-là »  regroupant journalistes et intellectuels qui a mené l’enquête

Les immigrés rapportent plus qu'ils ne coûtent c’est ce que l’éditorial de Nea Say N° 107 essayait de démontrer et c’est ce qu’un rapport d’audit de parlementaires confirme.  Des parlementaires de tous bords ont rendu public mercredi, à l’Assemblée nationale française, un rapport d’audit mené pendant près d’un an sur la politique d’immigration de la France pour «éclairer l’approche des phénomènes migratoires». C’est le collectif « Cette France-là »  regroupant journalistes et intellectuels qui a mené l’enquête

Si aucune recommandation conjointe n’émerge de cet audit conduit auprès de 35 chercheurs et experts, les parlementaires (députés, sénateurs et représentants français au Parlement européen) à l’origine de la démarche entendent bien «peser» sur le sujet ou «interpeller» leurs formations respectives. Ainsi, Sandrine Mazetier (PS) a indiqué qu’elle «interpellera les candidats à la primaire socialiste» sur la politique d’immigration qu’ils entendent mener. Etienne Pinte (UMP), opposant notoire à la politique du gouvernement dans ce domaine, a regretté qu’«aujourd’hui on alimente les peurs, alors qu’il faut faire appel à l’intelligence de nos concitoyens». Il a assuré  qu’il entendait «peser» sur elle, citant en exemple l’abandon par la majorité de la déchéance d’extension de nationalité dans le projet de loi sur l’immigration.

Le rapport apporte un éclairage sur des aspects souvent peu ou mal connus du grand public. Ainsi, le fait que les migrants subsahariens ont en moyenne un niveau d’instruction supérieur aux personnes vivant en France métropolitaine (40% d’entre eux sont diplômés du supérieur), que le pourcentage de diplômés de l’enseignement secondaire a doublé en quelques années ou encore, que le taux d’activité entre les étrangers de 30 à 49 ans et les Français du même âge est sensiblement identique. L’universitaire Lionel Ragot a souligné que si la France optait pour une «immigration zéro» ce n’est pas 3% mais 5% du PIB supplémentaire qu’il faudra trouver à l’horizon 2050 pour financer la protection sociale. Martine Billard (Parti de Gauche) a fait état d’une autre étude selon laquelle si les immigrés «coûtent» annuellement 47,9 milliards d’euros en dépenses de protection sociale, ils rapportent 60,3 milliards en cotisations, soit un solde largement positif. Le rapport est moins un audit que l’esquisse de réponses à des questions régulièrement posées : les migrants sont-ils trop nombreux ? trop peu qualifiés ? trop différents, la politique menée est-elle fidèle aux valeurs de la France ?

Tous les parlementaires présents ont regretté les fins de non-recevoir des responsables institutionnels sollicités et que ce rapport d’audit n’ait pu se faire dans un strict cadre parlementaire (le rapport ayant été financé par eux-mêmes). Pour mener à bien leur mission, les parlementaires ont dû mettre la main à la poche. 21 députés, sénateurs et représentants français au Parlement européen, de tous bords politiques, réunis en association, ont eux-mêmes financé une évaluation des politiques relatives à l’immigration. Et ce, face au refus des responsables institutionnels et du gouvernement de mettre en place un audit sur la question.

Chercheurs, experts, acteurs professionnels et associatifs ont été sollicités. « L’objectif était de rétablir la réalité sur les phénomènes migratoires en France et de répondre à des fantasmes et des élucubrations que nous ne cessons d’entendre sur le sujet », commente Étienne Pinte, député UMP des Yvelines.

Le premier volet du rapport se penche sur les caractéristiques des étrangers. Contrairement à une idée reçue, ce ne sont plus majoritairement les personnes les plus démunies qui sont candidates à l’émigration. Les migrants subsahariens, par exemple, ont en moyenne un niveau d’instruction supérieur à celui des personnes vivant en France métropolitaine (40 % d’entre eux sont titulaires d’un diplôme du supérieur). Le rapport considère en outre que « beaucoup de responsables politiques font l’impasse sur la réalité de la mobilité » des migrants. La commission a en effet pu établir que cinq ans après leur entrée, seuls 60 % des titulaires d’un titre de séjour sont encore sur le territoire français. L’association dénonce par ailleurs « une politique du chiffre qui détourne l’administration et la police de leurs véritables missions ». Le coût des interpellations, des contentieux, de la rétention et des reconduites à la frontière s’élèverait à 415 millions d’euros, selon un rapport du sénateur UMP Pierre Bernard-Reymond réalisé dans le cadre de la mission « immigration, asile et intégration » du projet de loi de finance pour 2011. 30 % des personnes placées en rétention sont expulsées : soit presque deux fois plus que l’estimation commandée fin 2009 par le ministère de l’immigration, qui s’élevait à 232 millions d’euros. Malgré ces moyens accrus, la part des exécutions des mesures de reconduite à la frontière reste stable : 30 % des personnes placées en rétention sont effectivement expulsées. Il est aussi rappelé qu’au niveau mondial la France est un pays qui est plutôt dans la fourchette basse en matière d’importance de l’immigration ce que confirme la récente communication de la Commission européenne (cf. autre information). Enfin et c’est le plus surprenant, le rapport remet largement en cause de concept de « développement solidaire » mis en avant ces dernières années par les gouvernements français successifs mais aussi au niveau européen comme le confirme la communication du 4 mai de la Commission européenne. Le collectif s’efforce de démontrer que cette politique est d’une très faible efficacité.

Cet audit a ses limites : peu de propositions, des considérations qui mériteraient d’être plus nuancées, des données qui appellent une validation plus assurée. Elle est une heureuse initiative dans son souci d’apporter la clarté et de faire la chasse aux lieux communs non vérifiés qui ne résistent pas le plus souvent à un début d’analyse

Le Parlement européen serait bien inspiré de reprendre à son compte cette étude et de l’amplifier en l’étendant aux 27 membres de l’Union européenne !

 

Texte du rapport http://issuu.com/smazetier/docs/rapport_de_l_audit_de_la_politique_d_immigration__?viewMode=magazine&mode=embed