Une information citoyenne au service d'une identité européenne
Réactions, commentaires et débats avec des invités

Glossaire interactif des termes de l'Espace de liberté, de sécurité et de justice
Observatoire législatif de l’Espace européen de liberté, de sécurité et de justice
Veille juridique et documentaire axée sur la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne
Actualités des grands projets de l'Union européenne
Dossiers documentaires thématiques
Actualités sur le rôle de l'Union européenne dans le monde
Une information citoyenne au service d'une identité européenne

  Asile : le HCR ( Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés)publie ses recommandations à la Présidence polonaise de l'UE. Le HCR rappelle que concernant le « Printemps arabe » malgré l'instabilité, les réfugiés ont été protégés et que  les pays en développement accueillent 80% des réfugiés du monde

pdf mise en ligne :03 07 2011 ( NEA say… n° 110 )

DROITS FONDAMENTAUX > Conditions d'accueil des réfugiés

 Le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a publié vendredi 1 juillet ses recommandations à l'attention de la Pologne sur l'avancement du programme de l'Union européenne en matière d'asile, au début de sa Présidence de l'Union européenne.

 Le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a publié vendredi 1 juillet ses recommandations à l'attention de la Pologne sur l'avancement du programme de l'Union européenne en matière d'asile, au début de sa Présidence de l'Union européenne. Dans ce document, le HCR souligne le fait que la Pologne assume la Présidence à l'occasion du 60e anniversaire de la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés – celle-là même qui a protégé de nombreux réfugiés polonais durant les 40 premières années de l'existence de la Convention. Aujourd'hui la Pologne est elle-même un pays d'asile. L'année dernière, 6.540 personnes ont déposé une demande d'asile en Pologne, ce qui en fait le 10e pays d'accueil parmi les 27 Etats membres de l'UE, a souligné un porte-parole du HCR, Adrian Edwards, lors d'une conférence de presse à Genève.

Les recommandations du HCR couvrent quatre domaines : le besoin pour l'Europe de garder ses frontières ouvertes pour les personnes qui fuient la crise en Libye, et de montrer une solidarité envers la Tunisie et l'Egypte, qui sont des pays de premier asile ; l'importance d'efforts continus pour construire la capacité d'accueil en matière d'asile et l'espace de protection dans les pays situés à la frontière orientale de l'UE ainsi que dans l'ouest des Balkans ; le travail qui reste à faire pour aboutir à un véritable système d'asile européen commun, en raison d'incohérences majeures dans la pratique des pays de l'UE ; la contribution potentielle de l'UE aux Commémorations du HCR en 2011 pour le 60e anniversaire de la Convention de 1951 sur le statut des réfugiés et le 50e anniversaire de la Convention de 1961 sur la réduction de l'apatridie.

Le HCR encourage l'UE à se joindre à la réunion ministérielle de décembre prochain, organisée par le Haut Commissaire, avec des engagements d'actions concrets en particulier dans le domaine de la réinstallation des réfugiés. Le HCR exhorte par ailleurs les pays de l'UE à adhérer aux Conventions de 1954 et de 1961 sur l'apatridie, en soulignant que seuls 14 des 27 Etats membres de l'UE sont des Etats parties à ces deux instruments.

      -.  Les six premiers mois de l'année 2011 ont été marqués par des soulèvements populaires dans plusieurs pays du monde arabe, mais malgré ces turbulences, les espaces de protection pour les populations vulnérables sont restés ouverts

En Egypte, « les opérations du HCR sont restées au même niveau d'activité qu'avant le printemps » et « la frontière avec la Libye est restée ouverte », a indiqué jeudi 30 juin l'agence onusienne par communiqué. « Un grand nombre de personnes arrivant en Égypte ont trouvé un abri sûr et beaucoup ont été hébergées par des familles égyptiennes ». En Libye, le HCR est parvenu à venir en aide à plus de 8.000 réfugiés à l'intérieur du pays. « Actuellement nous maintenons une opérationnalité minimale à Tripoli et nous commençons à opérer dans l'est », a précisé l'agence, qui souligne la vulnérabilité inquiétante des populations subsahariennes migrantes. « Pour ceux qui restent en Libye, la situation est particulièrement menaçante, avec des personnes qui sont en danger de subir une hostilité de la part des groupes pro et des anti-gouvernement car elles sont perçues comme des mercenaires », a prévenu le HCR.

 

 

En Syrie, les frontières sont restées ouvertes aux réfugiés iraquiens. Les écoles et les centres de santé continuent d'accueillir des réfugiés en leur fournissant les soins adéquats. De son côté, la Tunisie garde ses frontières ouvertes à un grand nombre de personnes fuyant la Libye, note l'agence onusienne, soulignant que les enfants réfugiés sont autorisés à aller à l'école et à être soignés. Le HCR a signé un nouvel accord de coopération avec le gouvernement tunisien afin d'intensifier les opérations. Au Yémen, « l'hospitalité avec les demandeurs d'asile et les réfugiés a prévalu malgré l'instabilité politique et l'insécurité », a indiqué le HCR. « Le HCR a maintenu ses programmes de soutient au plus de 100.000 réfugiés mais notre personnel fait face à des niveaux d'insécurité qui imposent une limitation du travail », poursuit le communiqué.

« Globalement, le HCR estime que malgré les événements actuels, les espaces de protection à l'intérieur des pays de la région n'ont pas été substantiellement dégradés. Les traditions islamiques et l'hospitalité arabe envers les réfugiés perdurent et le HCR a pu continuer sur son travail », conclut l'agence. Ce constat est à souligner par contraste  avec les comportements dans l’UE pourtant confrontée à des flux migratoires de bien moindre ampleur.

      -. HCR : les pays en développement accueillent 80% des réfugiés du monde

 A l'occasion de la Journée mondiale des réfugiés, le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a rappelé lundi que ce sont les pays en développement qui abritent 80% des réfugiés alors que les discours les plus virulents à l'égard de ces populations s'entendent surtout dans les pays les plus riches.

« La charge que représentent les déplacés dans le monde est particulièrement mal répartie. Les pays pauvres en accueillent beaucoup plus que les pays riches. Si c'est dans les pays industrialisés que le discours anti-réfugiés est le plus bruyant, il n'empêche que ce sont les pays en développement qui abritent 80% des réfugiés. Cette situation ne peut pas rester sans solution équitable », a déclaré Ban Ki-moon dans un message adressé à l'occasion de cette Journée. « La Convention sur les réfugiés de 1951 a 60 ans cette année. Il y a 60 ans également qu'a été créé le Haut-commissariat pour les réfugiés, qui est l'organisme spécialisé des Nations Unies. Dans toutes les années écoulées depuis, il n'est pas devenu moins pressant ni plus facile de secourir les réfugiés et les déplacés du monde entier », a-t-il ajouté. Le chef de l'ONU a rappelé que les conflits qui se prolongent et l'instabilité croissante dans des pays comme la Somalie, l'Iraq ou l'Afghanistan ainsi que les crises qui se développent en Afrique du Nord et au Moyen-Orient sont parmi les facteurs « qui expliquent pourquoi la population réfugiée représente actuellement 44 millions de personnes dans le monde ».

« En cette Journée mondiale, nous devrions tous, partout dans le monde, avoir une pensée pour ces millions d'enfants, de femmes et d'hommes qui ont été évincés et dont la vie est en danger alors que, le plus souvent, ils ne veulent que rentrer chez eux ou commencer une vie nouvelle. Ne perdons jamais de vue l'humanité que nous avons en commun », a-t-il conclu.

Le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a publié  un rapport sur les tendances mondiales en 2010 qui révèle un profond déséquilibre dans le soutien international accordé aux personnes déracinées dans le monde. Les pays en développement accueillent les quatre cinquièmes des réfugiés, à une période où l'hostilité à l'égard des réfugiés s'accroît dans de nombreux pays industrialisés. Le rapport du HCR sur les tendances mondiales en 2010 montre que de nombreux pays parmi les plus pauvres au monde abritent de vastes populations réfugiées, aussi bien en valeur absolue que par rapport à la taille de leur économie. Le Pakistan, la République islamique d'Iran et la République arabe syrienne comptent les plus fortes populations réfugiées avec respectivement 1,9 million, 1,07 million et 1,005 million.

Le Pakistan en supporte également les plus lourdes répercussions économiques avec 710 réfugiés pour un dollar de son Produit intérieur brut (PIB) par habitant (en parité de pouvoir d'achat), suivi de la République démocratique du Congo (RDC) et du Kenya avec respectivement 475 et 247 réfugiés. En comparaison, l'Allemagne, le pays industrialisé qui accueille la plus importante population réfugiée (594.000 personnes), héberge 17 réfugiés pour un dollar de son PIB par habitant. Il y a 60 ans, lors de la création du Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, le nombre de réfugiés bénéficiaires était de 2,1 millions d'Européens, alors déracinés par la Seconde guerre mondiale. Aujourd'hui, le HCR travaille dans plus de 120 pays, au bénéfice de personnes forcées de fuir à l'étranger, mais également à l'intérieur des frontières de leur propre pays.

Le rapport du HCR montre aussi que 43,7 millions de personnes sont déracinées à travers le monde, soit à peu près l'ensemble de la population de la Colombie ou de la République de Corée, ou encore de la Scandinavie et du Sri Lanka à la fois. Sur ce total, on dénombre 15,4 millions de réfugiés (dont 10,55 millions sont pris en charge par le HCR et 4,82 millions sont enregistrés auprès de l'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA)), 27,5 millions de personnes déplacées à l'intérieur même de leur propre pays par les conflits et près de 850.000 demandeurs d'asile, dont près d'un cinquième d'entre eux se trouvent en Afrique du Sud. Il est particulièrement alarmant de noter le nombre de 15.500 demandes d'asile déposées par des mineurs non accompagnés et des enfants séparés de leur famille, pour la plupart des Somaliens et des Afghans. Le rapport ne couvre pas les déplacements de population qui se sont produits en 2011 depuis la Libye et la Côte d'Ivoire.

« Dans notre monde d'aujourd'hui, il est préoccupant d'observer les idées fausses sur les mouvements de réfugiés et le paradigme de la protection internationale », a déclaré lundi le chef du Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, António Guterres, dans un communiqué.« Les craintes d'afflux supposé de réfugiés dans les pays industrialisés sont très exagérées ou associées à tort avec des problèmes relatifs à la migration. En attendant, ce sont les pays les plus pauvres qui doivent supporter le plus lourd fardeau », a-t-il ajouté.

En 2010, et pour les réfugiés relevant de la compétence du HCR, 7,2 millions de personnes se trouvaient dans cette situation, soit plus que jamais depuis 2001. Parallèlement, seulement 197.600 personnes ont pu rentrer chez elles. C'est le nombre le plus faible depuis 1990.

 

« Un seul réfugié privé d'espoir, c'est déjà trop. Le monde se soustrait à ses obligations envers ces personnes, en les laissant attendre la fin de l'instabilité déchirant leur pays et en leur demandant de mettre indéfiniment leur vie entre parenthèses. Les pays en développement ne peuvent pas continuer à supporter seuls cette charge et le monde industrialisé doit corriger ce déséquilibre », a martelé António Guterres.  « Il faut accroître les quotas de places de réinstallation. Nous avons besoin d'initiatives de paix accélérées pour les conflits prolongés, afin que les réfugiés puissent rentrer chez eux », a-t-il ajouté. Contrairement au faible niveau de retours de réfugiés l'an dernier, la situation des personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays, que l'on appelle les déplacés internes, a connu une évolution. En 2010, plus de 2,9 millions de déplacés internes ont regagné leur foyer dans des pays comme le Pakistan, la République démocratique du Congo, l'Ouganda et le Kirghizistan. Néanmoins, même avec ce niveau de retours, le nombre global de 27,5 millions de déplacés internes était le plus élevé depuis 10 ans.

Un autre groupe, plus difficile à quantifier et qui relève de la compétence du HCR, est celui des apatrides, c'est-à-dire des personnes qui ne bénéficient pas du filet de sécurité que constitue la nationalité. Le nombre de pays faisant état de populations apatrides a augmenté régulièrement depuis 2004, mais des différences dans les définitions et les méthodologies empêchent encore d'obtenir des données fiables sur l'ampleur du problème. En 2010, le nombre déclaré d'apatrides (3,5 millions) s'élevait à pratiquement la moitié de celui de 2009, mais cet écart était principalement dû à des changements méthodologiques dans certains pays ayant transmis les informations. Selon des données officieuses, le nombre d'apatrides à travers le monde avoisine plutôt les 12 millions. En août prochain, le HCR lancera une campagne mondiale pour mieux faire connaître le sort des apatrides dans le monde et accélérer les programmes pour leur venir en aide.

Texte complet du rapport du HCR http://www.unhcr.be/commonFiles/Global_report/UNHCR_GLOBAL_TRENDS_2010.pdf