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Hongrie : la loi controversée sur les medias et le reste…un pouvoir autoritaire au cœur de l'Europe !

pdf mise en ligne :20 07 2011 ( NEA say… n° 112 )

DROITS FONDAMENTAUX > Droit à la liberté et à la sûreté

Le Parlement hongrois a quelque peu atténué en matière de protection des sources des journalistes la loi controversée sur les médias, jugée liberticide par ses détracteurs et qui a entaché le début de la présidence tournante hongroise de l'Union européenne (UE) au premier semestre. Une simple habileté qui ne trompe personne. Et le reste ? qui fait qu'on peut s'interroger : si rien ne change fortement, pourrons-nous vivre durablement sous le même toit ?  

       Le Parlement hongrois a quelque peu atténué en matière de protection des sources des journalistes la loi controversée sur les médias, jugée liberticide par ses détracteurs et qui a entaché le début de la présidence tournante hongroise de l'Union européenne (UE) au premier semestre. Une simple habileté qui ne trompe personne. Et le reste ? qui fait qu'on peut s'interroger : si rien ne change fortement, pourrons-nous vivre durablement sous le même toit ?

 

Les médias

Selon une des modifications adoptées par l'Assemblée nationale, où le gouvernement conservateur de Viktor Orban dispose d'une majorité des deux-tiers, l'organe de contrôle des médias hongrois NMHH ne pourra plus obliger les journalistes à révéler leurs sources: cette prérogative revient à "un tribunal ou une autorité d'investigation" et uniquement dans le cas d'une affaire "de sécurité et d'ordre public". La méfiance à l'égard du judiciaire se poursuit malgré l'épuration en cours

 

D'autre part, c'est dorénavant le Conseil des médias (MT), l'organe exécutif du NMHH, composé de proches du parti au pouvoir, le Fidesz, qui définira le nombre de chaînes de télévision et de stations de radio autorisées à émettre. Les radios et télévisions devront consacrer 35% de leurs programmes à des oeuvres hongroises.

 

Enfin, le parlement a aussi décidé que les amendes pour infraction à la loi infligées par le NMHH relèvent de l'impôt public et pourront donc, en cas de non-paiement, faire l'objet de saisies sur les avoirs des entreprises du secteur des médias.

 

La présidence hongroise de l'Union européenne, au premier semestre 2011, avait été marquée dès le début par la polémique sur sa loi controversée sur les médias, que Budapest a dû revoir sur la pression de la Commission de Bruxelles. A la suite d'une série de critiques internationales et nationales, Budapest avait cédé en apparence à la pression de l'UE et amendé sa loi pour la rendre plus conforme à la pratique européenne, mais ces changements ne sont toujours pas jugés suffisants par ses détracteurs.

 

250 manifestants ont osé protesté dans les rues de Budapest le mercredi 13 juillet contre une vague de licenciements dans les médias. Cinq-cent soixante-dix rédacteurs et techniciens des chaînes de télévision MTV et DunaTV de la radio publique et de l'agence d'information MTI ont reçu fin juin une lettre de licenciement. Un demi millier d'autres, sur 3000, devrait  subir le même sort après l'été. Toute l'équipe du magazine hebdomadaires destinée à la minorité tsigane sur la première chaîne de télévision a été congédiée.. L'opposition parle d'épuration politique. Les médias publics sont regroupés dans une sorte de holding, MTVA,  avec une rédaction centralisée, produisant toutes les informations sous la direction d'un rédacteur en chef connu pour avoir falsifié le compte rendu d'une conférence de presse de Cohn-Bendit. Les licenciements sont justifiés par la nécessité d'assainir un secteur hypertrophié. Le faible nombre de manifestants s'explique par la peur : ceux qui risquent la critique sont traités en ennemi de l'Etat. Dorénavant le Conseil des médias, nommé pour 9 ans, composé des fidèles du chef de gouvernement, pourra dissoudre les entreprises du secteur public ou refuser aux radios et télévisions le renouvellement de leur licence, quand elles « ont des dettes en souffrance auprès du Conseil ». Le pouvoir hongrois poursuit sans faiblir ce qu'il appelle la « révolution des urnes » qui a donné une majorité des deux tiers. Cela s'accompagne aussi d'une réforme radicale des prestations sociales, d'un régime de travail obligatoire, d'autorisations de vérifier si les bénéficiaires sont dignes de toucher leurs allocations. Un projet de loi électorale est en préparation et va voir le jour début septembre. Cette loi vise à garantir l'hégémonie du parti de M. Orban pour longtemps.

 

La religion, les églises et le reste…

Mais il n'y  a pas que cela (sans parler de la Constitution dossier placé sous la haute surveillance du Conseil de l'Europe, (commission de Venise), de la Commission et du Parlement européen) cf. Nea say n° 110) il y a aussi le problème des Eglises. Le 12 juillet le Parlement hongrois a voté « une loi fondamentale » sur les religions qui s'écarte nettement du texte négocié avec les communautés et n'accorde un statut officiel qu'à un petit nombre d'ente elles, au détriment des églises évangéliques, mais aussi d'Eglises anciennes comme les Méthodistes. L'article le plus contesté stipule que l'autorité compétente pour reconnaître une religion est le Parlement à une majorité des deux tiers et non une cour de justice ou un tribunal administratif. L'adoption par le Parlement hongrois est considéré par beaucoup d'observateurs comme un coup de force législatif en adoptant la loi la plus restrictive en Europe, voire ajoutent certains commentateurs  la plus grande discrimination depuis la chute du communisme. Cette loi est une terrible indication de l'état de la démocratie dans le pays : bouddhistes, musulmans, mormons, Témoins de Jéhovah sont exclus. Quatorze « églises » sur une centaine obtienne le label qui leur garantit des privilèges financiers, les contribuables pouvant demander que 1% de leurs impôts soient reversés à un groups religieux reconnus,catholiques, protestants, israélites, orthodoxes,baptistes. Dans la constitution qui vient d'être adoptée, le christianisme devient « le ciment historique de la nation ». Les catholiques se voient confier par un nombre croissant de communes le soin de gérer à leur guise les écoles, les jardins d'enfants et les parents protestent contre un enseignement qu'ils jugent trop confessionnel.