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 1er mars GOOGLE « Do Not Track ! » : faut-il y croire ? Les européens déjà échaudés par ses roublardises seront vigilants et demandent l'ajournement de la charte.  Le géant s'est résolu à signer une charte de confidentialité permettant aux internautes de ne plus être systématiquement pistés et inondés de pubs ciblées. La Commission européenne sollicitée pour réagir.

pdf mise en ligne :01 03 2012 ( NEA say… n° 119 )

DROITS FONDAMENTAUX > Protection des données personnelles

Mis sous pression par le gouvernement américain et empêtré dans des polémiques qui égratignent son image, l'opinion publique se ré&veillent progressivement, Google a accepté de ne plus soumettre au ciblage publicitaire les internautes qui en font la demande - ceux qui ne supportent plus cet harcèlement publicitaire.

Mis sous pression par le gouvernement américain et empêtré dans des polémiques qui égratignent son image, l'opinion publique se ré&veillent progressivement, Google a accepté de ne plus soumettre au ciblage publicitaire les internautes qui en font la demande - ceux qui ne supportent plus cet harcèlement publicitaire.

Tout tourne autour d'une option appelée Do Not Track, soit «ne pas me pister», activable, à partir du 1er mars, en cochant une case dans les préférences de certains navigateurs. Cocher cette case permet d'indiquer aux sites visités qu'on ne souhaite pas participer à leur programme de ciblage. Le navigateur envoie simplement un petit bout de code, pour information, dont le site consulté fait ce que bon lui semble (un peu comme ces autocollants «Pas de pub, merci !» dont on décore sa boîte aux lettres). Le principe du Do Not Track a été suggéré fin 2010 dans un rapport de la Commission fédérale du commerce (FTC) américaine. Firefox fut le premier navigateur à proposer l'option, en mars 2011. Les concurrents ont suivi l'exemple : Microsoft, avec la nouvelle mouture d'Internet Explorer, puis Apple avec Safari, et enfin Opera. Seul Google a refusé de suivre le mouvement. Il n'a pas intégré Do not track sur son navigateur Google Chrome, dont le succès croissait à vue d'œil, ni accepté de se conformer à cette recommandation via DoubleClick, la régie publicitaire dont il est propriétaire. Seules quelques plateformes mineures jouaient le jeu Do Not Track. Contrairement à ses concurrents, Google trouve en effet un intérêt financier direct à garder ses utilisateurs prisonniers des programmes de tracking, puisqu'il fait la quasi-totalité de ses énormes bénéfices grâce à ces annonces ciblées, ses différents services en ligne, les données personnelles de ses millions d'utilisateurs  croisées, recoupées et regroupées etc . Les accusations ont continué auxquelles Google espère mettre fin en signant un code de conduite encadrant la publicité en ligne. Elle y rejoint des acteurs de poids comme Microsoft, Yahoo, AOL et des dizaines d'annonceurs.

Le programme est dit « autoréglementaire » : même s'il répond à un projet de charte de bonne conduite sur Internet lancé par l'administration Obama, il va plus loin que les recommandations politiques et espère montrer sa bonne volonté en prévoyant de lui-même le respect de l'option Do Not Track pour laquelle il multiplie les effets d'annonce publicitaire. Les signataires de la charte expliquent, dans leur nouveau site d'information YourAdChoices.com, qu'on pourra désormais repérer d'un seul coup d'œil les bannières publicitaires qui respectent la volonté des internautes : elles seront ornées d'un petit bandeau «AdChoices» au logo reconnaissable (un «i» entouré d'un triangle bleu).

C'est un bon début estiment les plus bienveillants, mais ce n'est qu'un début, c'est l'intégralité des régies publicitaires et les réseaux sociaux qui devraient signer et cesser  d'utiliser les moyens de contournement.

La CNIL (Commission nationale de l'informatique et des libertés)est plus sévère et espère bien se rallier les contrôleurs européens des données : elle avait demandé Google un report de l'application de ses nouvelles règles de confidentialité, peu convaincue, elle vient de récidiver . L'affaire est désormais sur la table européenne où viennent de démarrer les discussions pour la refonte de sa législation en matière de protection des données. Google ne pourra pas continuer à esquiver éternellement et à afficher ses mines et ses manières de « bon apôtre ». En mars 2011 rappelons que la CNIL a infligé une amende de 100 000 euros à Google pour avoir collecté des données privées à travers son controversé Street View, 100 000 euros une somme ridicule ! ACLU le grand défenseur des libertés civiles américaines  veut pas la mort du pécheur mais demande à voir de plus près et met en garde les internautes. Pour lui, ce n'est qu'un début http://www.aclu.org/blog/technology-and-liberty/googles-new-privacy-settings-go-effect-tomorrow

L’étude de la CNIL va peser de tout son poids : la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) a adressé, lundi 27 février, une lettre au groupe du moteur de recherche Google afin qu'il reporte ses nouvelles règles de confidentialité et demande des clarifications tout comme le Congrès américain qui l’avait fait quelques semaines auparavant. Dans sa lettre adressée à l'entreprise californienne, la CNIL indique que "l'analyse préliminaire montre que ces nouvelles règles ne respectent pas les exigences de la Directive européenne sur la protection des données en termes d'information des personnes concernées". L'autorité de contrôle déplore par exemple l'exploitation des données entre les différents services du groupe du moteur de recherche. "Les nouvelles règles autoriseraient Google à afficher sur Youtube des publicités liées à l'activité de l'utilisateur sur son téléphone Android  et à sa localisation, note la CNIL. L'impact sur la vie privée et la protection des données est d'autant plus important que Google représente plus de 80 % du marché européen des moteurs de recherche, environ 30 % du marché européen des smartphones, 40 % du marché mondial de la vidéo en ligne et plus de 40 % du marché mondial de la publicité en ligne." Comme souvent avec GOOGLE nous assistons à un dialogue de sourds : la CNIL demande un report  et GOOGLE répond : rencontrons nous, parlons nous mais ce que nous avons fait est bien !

"Au cours des derniers mois, nous avons à plusieurs reprises proposé à la CNIL de les rencontrer afin de répondre aux questions qu'ils pouvaient avoir, et nous sommes toujours ouverts à cet échange, répond Google dans un communiqué. Nous sommes convaincus que nous avons trouvé un juste équilibre avec les recommandations du groupe Article 29 [composé des CNIL européennes] : 'rationnaliser et simplifier' nos politiques tout en fournissant 'une information complète' aux utilisateurs."

Ces conclusions ont été soutenues par Viviane Reding qui a appelé aussi GOOGLE à reporter ses règles, sans succès. Interrogé, son porte-parole a indiqué que la Commission n’envisageait pas encore d’action légale contre GOOGLE (lequel fait l’objet d’enquêtes notamment sous les soupçons d’abus de position dominante dans les moteurs de recherche. Les plaintes devaient d’abord être soumises aux autorités nationales comme la CNIL. Par contre le groupe S&D du Parlement européen veut une action de la Commission, pour son président, Hannes Swoboda,  la Commission doit prendre une action immédiate car les citoyens européens veulent continuer à utiliser les services de Google, mais ne veulent pas être espionnés, ni que leurs données personnelles soient « partagées » .

      -.Texte de la lettre de la CNIL http://ec.europa.eu/justice/data-protection/article-29/documentation/other-document/files/2012/20120227_letter_cnil_google_privacy_policy_en.pdf

      -. Lettre du 2 février 2012 du G29 de l'Union européenne adressée à Google http://ec.europa.eu/justice/data-protection/article-29/documentation/other-document/files/2012/20120202_letter_google_privacy_policy_en.pdf

      -. Réponse de Google du 3 février 2012 http://ec.europa.eu/justice/data-protection/article-29/documentation/other-document/files/2012/20120203_google_reply_to_art29_en.pdf