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Avenir de l’Allemagne : elle passe par l’immigration pense-t-elle ! L’Allemagne serait-elle seule à connaître ce sort ? Le citoyen est plus ouvert que les politiques .

pdf mise en ligne :13 07 2012 ( NEA say… n° 124 )

IMMIGRATION > Politique d'intégration

Non bien évidemment l’Allemagne n’est pas seule en raison de ses spécificités bien connues. « L’immigration sera nécessaire pour l’Europe » vient de réaffirmer en pleine page du journal le Monde du 11 juillet, Cecilia Malmström membre de la Commission européenne en charge de l’immigration et des affaires intérieures. Le gouvernement allemand vient de lancer une campagne baptisée « Make it in Germany ». Il invite les jeunes étrangers à venir faire carrière dans une Allemagne en manque de bras et de matière grise.

Non bien évidemment l’Allemagne n’est pas seule en raison de ses spécificités bien connues. « L’immigration sera nécessaire pour l’Europe » vient de réaffirmer en pleine page du journal le Monde du 11 juillet, Cecilia Malmström membre de la Commission européenne en charge de l’immigration et des affaires intérieures. Le gouvernement allemand vient de lancer une campagne baptisée « Make it in Germany ». Il invite les jeunes étrangers à venir faire carrière dans une Allemagne en manque de bras et de matière grise.

 « Nous avons besoin de vous, nous nous réjouissons de vous accueillir », explique sur le site la ministre du travail démocrate-chrétienne Ursula von der Leyen. L’Allemagne, poursuit-elle, « nation industrielle de pointe, est touchée comme peu d’autres pays par le déclin démographique ». Depuis le début des années 1970, on y enregistre chaque année près de deux cent mille naissances de moins que de décès. La ministre explique : « Six millions de personnes actives feront défaut d’ici à 2025 », c’est « une production et des commandes qui ne pourront être accomplies ». L’avenir du « Made in Germany » est en cause. Garantir à l’économie allemande la présence des ingénieurs, cadres et techniciens dont elle a besoin « est un devoir national pour maintenir notre bien-être et nos standards sociaux », conclut Ursula von der Leyen. C’est une mission impossible sans l’immigration.

La « carte bleue » européenne , précieux sésame existe désormais (cf. Nea say)Pourtant, si 80 % des étudiants étrangers aimeraient ainsi rester travailler en Allemagne, un quart seulement y parvient, selon l’Office fédéral de l’immigration. Les conditions ont donc été sérieusement réduites pour les jeunes diplômés, ingénieurs, techniciens venus des quatre continents. Titulaires d’un diplôme supérieur ou de cinq ans d’expérience professionnelle, ils ont droit depuis avril à la « carte bleue » répondant aux directives de Bruxelles, dès qu’ils disposent d’un contrat de travail assurant un revenu de 44 800 euros par an (contre 66 000  selon les règles en vigueur auparavant). Il suffira même d’un traitement de 35 000  par an dans les branches telles que la santé ou l’informatique.

Les jeunes migrants bénéficieront d’un titre de séjour de trois ans. Ils pourront s’établir durablement au bout de deux ans, et faire venir leur famille, s’ils font preuve d’une bonne connaissance de la langue allemande. « Venez façonner votre destin au coeur de l’Europe », insiste pour sa part Philipp Rösler, le ministre de l’économie.

Un « changement de mentalité » indispensable. Mais le succès de la campagne « Make it in Germany », nécessitera un « changement de mentalité » selon Heinrich Alt, membre de la direction de l’Office fédéral du travail. Les Allemands « doivent plutôt montrer leur coeur aux immigrés que leur faire grise mine ». Et leur témoigner la reconnaissance du service rendu, selon Maria Böhmer (CDU) déléguée du gouvernement fédéral pour les migrations. Cecilia Malmström est raisonnablement optimiste sur ce point et elle le dit clairement dans le journal le Monde : « j’ai le sentiment et les études le disent clairement, que le citoyen est souvent plus ouvert que certains politiques. Il réclame davantage d’information et a le sentiment que certains courants manipulent la réalité. Les mêmes études confirment que l’immigration est d’ailleurs souvent un thème plus important pour les milieux politiques que pour les électeurs. Lors de mes rencontres avec des ministres, ils me confient parfois qu’ils sont d’accord avec moi, mais ne peuvent pas le dire trop haut… » Nea say a au l’occasion à plusieurs reprises de donner de tels exemples. Le dernier en date concerne les élections présidentielles où les deux familles politiques dominantes ont fait preuve d’une certaine connivence pour limiter le débat sur la participation des étrangers non européens aux élections locales, débat que  les deux familles politique dominantes redoutaient. Or quelques semaines auparavant circulait un sondage qui faisait apparaître que 60% des français étaient en faveur d’une telle participation. La Belgique a introduit le vote des étrangers sans provoquer l’apocalypse. Son effet est difficile à apprécier, mais naturellement il est plus pacifiant qu’exacerbant les tensions. Ce sont les politiques et les médias qui jettent de l’huile sur le feu et pour s’en convaincre il suffit de lire les commentaires de Ivan Riouffol dans le Figaro sur les propos de Cecilia Malmström : « stupéfiante désinvolture ….l’Europe persiste à s’aveugler sur l’immigration », article qui a provoqué une quarantaine de pages de commentaires à la lecture édifiante.

Pour l’Europe, l’immigration n’est pas une menace mais une chance a déclaré, après beaucoup d’autres, Cecilia Malmström.Elle maintient sa déclaration dans l’interview donné au journal le monde : « l’immigration sera nécessaire étant donné notamment l’évolution démographique dans la plupart de nos pays. On estime qu’en 2030, sans nouvelle immigration, la population européenne en âge de travailler aura diminué de 12%.Des chefs d’entreprises me confient régulièrement leur difficulté à recruter des gens qualifiés alors même que le chômage est au plus haut. L’Allemagne manque d’ingénieurs ; d’ici à 2020, le secteur européen de la santé devrait manquer de  2 millions de personnes. Or un rapport de l’OCDE vient de montrer que beaucoup de personnes susceptibles d’émigrer sont moins tentées par l’Europe et davantage par le Brésil, le Canada et l’Australie, voire l’Angola ou le Mozambique. Cela pourrait, à terme, nous causer de grosses difficultés. La même OCDE montre d’ailleurs que la pression migratoire s’allège. Mais bien sûr, ce peut être un effet temporaire de la crise que nous connaissons ».

L’Allemagne compte aussi sur la « génération perdue » des jeunes Européens du Sud qu’il ne faut pas oublier et qui « n’a guère de chance de trouver un emploi dans son pays d’origine », commente le quotidien économique Handelsblatt , auteur de l’article. En Espagne ou en Grèce, un jeune sur deux de moins de 25 ans n’a pas de travail. L’immigration en provenance des pays de l’Union a progressé de 34 % en 2011, avec des records pour les pays les plus touchés par la crise. Une croissance de 90 % pour les Grecs (+ 11000 personnes) et de 52 % de plus pour les Espagnols (7000).

Ivan Rioufol : «  l’Europe persiste à s’aveugler sur l’immigration »(le Figaro du 11juillet 2012)  http://blog.lefigaro.fr/rioufol/2012/07/cette-europe-qui-saveugle-sur.html