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L'immigration est-elle condamnée à être l'Arlésienne des sommets européens?

pdf mise en ligne :30 10 2006 ( NEA say… n° 20 )

ASILE > Protection temporaire en cas d'afflux massif de personnes déplacées

Le sommet informel de Lahti, convoqué par la présidence finlandaise, devait être un temps fort pour le dossier  -ô combien brûlant!- de l’immigration. Il est rapidement apparu qu’il n’en serait rien et la confirmation est arrivée lorsque fut rendue publique l’information selon laquelle la présidence avait demandé à la Commission de lui fournir seulement deux papiers d’encadrement : l’énergie dans les relations extérieures et l’innovation technologique.

"Jouer l’Arlésienne", c’est ne pas se montrer, par allusion à l’Opéra de Bizet, où le personnage de l’Arlésienne n’apparaît jamais en scène…bien qu’invoqué dans tous les couplets.

Au sommet européen informel de Lahti du 20 octobre, une autre actualité -la venue du président Poutine et les tensions diplomatiques sur le dossier de l’énergie-, a chassé celle des immigrés, les uns débarquant à Lampedusa ou aux Canaries, les autres mourant en mer.

Le traitement de l’immigration s’est donc réduit à une anecdote faite de quelques déclarations  à des journalistes avides d’histoires qui, à défaut d’être exemplaires, attireraient, peut-être, l’attention de leurs auditeurs ou de leurs lecteurs.

Le président du Parlement européen, Josep Borrell, avant d’entrer en réunion, venait de déclarer : "l’UE ne doit pas échanger le respect des droits de l’homme contre l’énergie" et il estimait devoir attirer l’attention sur d’autres points à aborder pendant la réunion du Conseil européen, notamment l’absence d’une vraie politique européenne de l’immigration. "Malheureusement je ne vois pas un intérêt réel du côté des Etats membres à avancer vers une politique d’immigration au niveau européen. Sept ans après Tampere, plusieurs décisions annoncées n’ont jamais été développées ou bien elles ont été adoptées par les institutions mais pas transposées dans la législation de beaucoup d’Etats membres". Il a rappelé que seulement six Etats membres avaient transposé la directive sur le statut des réfugiés et seulement treize la directive sur la libre circulation et le séjour des immigrés et de leur famille ayant séjourné légalement pendant cinq ans dans l’UE. "Et la directive la plus importante pour lutter contre l’immigration illégale, celle sur le retour des immigrés dans leur pays d’origine, est sur la table du Conseil depuis plus d’un an" a-t-il déploré.

Comme prévu, c’est le premier ministre espagnol José Luis Zapatero qui a soulevé la question de l’immigration. Il s’agit là d’un problème qui concerne l’ensemble de l’ Union européenne et qui nécessite la solidarité de tous a redit, après Tampere quelques semaines plus tôt, le premier ministre finlandais, M. Vanhanen. Il a promis d’en faire l’un des grands thèmes du Conseil européen de décembre. José Manuel Barroso a lui aussi exprimé devant la presse son "plein soutien" au premier ministre Zapatero, affirmant que les problèmes de l’immigration illégale ne concernent pas seulement les pays du sud mais tous les pays membres. "D’où la nécessité de trouver une solution européenne", a insisté le président de la Commission. "La crise migratoire concerne l’Europe toute entière (…) et nous reviendrons plus en détails en décembre sur les façons de définir une politique européenne en la matière qui devra traiter de l’asile, de la surveillance des frontières et aussi des régularisations", a souligné le président français, Jacques Chirac. "Il n’y a pas de jugement à porter sur la politique de régularisation mise en œuvre dans tel ou tel pays (…) mais tous les pays qui sont dans l’espace Schengen sont solidaires des conséquences" a ajouté M. Chirac.

Doit-on se satisfaire du fait que, consacré à l’énergie avec la Russie, le sommet ait dévié vers les droits de l’homme? Le président russe a été durement interrogé par quelques audacieux sur la Géorgie, la Tchétchénie et le meurtre de Anna Politkovskaïa.