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Les frontières bulgares et gréco-turques : mise en cause de l'UE et de ses Etats membres par les associations, le Haut commissariat aux réfugiés et aussi par la Commission européenne.

pdf mise en ligne :19 11 2013 ( NEA say… n° 138 )

DROIT INTERNATIONAL > Conditions d'accueil des réfugiés

Plusieurs ONG et réseaux associatifs ont alerté le lundi 18 novembre les autorités européennes sur les conséquences pour les migrants, notamment ceux fuyant le conflit syrien du renforcement des contrôles à la frontière gréco turc et des pratiques de refoulement ce qui les oblige à prendre des routes de plus en plus dangereuses. C'est ce qu'écrivent dans un communiqué conjoint le Réseau Migreuop, la Fédération internationale des droits de l'homme et le Réseau euro-méditerranéen des droits de l'homme et bien d'autres associations.
Plusieurs ONG et réseaux associatifs ont alerté le lundi 18 novembre les autorités européennes sur les conséquences pour les migrants, notamment ceux fuyant le conflit syrien du renforcement des contrôles à la frontière gréco turc et des pratiques de refoulement ce qui les oblige à prendre des routes de plus en plus dangereuses. C'est ce qu'écrivent dans un communiqué conjoint le Réseau Migreuop, la Fédération internationale des droits de l'homme et le Réseau euro-méditerranéen des droits de l'homme et bien d'autres associations.

En renforçant les contrôles et en érigeant une clôture en barbelés dans le nord-est du pays, la Grèce a vu le nombre de ses migrants irréguliers baisser  en 20³12. Selon les chiffres de Frontex en Méditerranée orientale (Grèce, Bulgarie et chypre) le nombre de franchissements irréguliers a reculé de 35% en 2012. Les associations soulignent dans leur communiqué que « ceux et celles qui arrivent à traverser cette frontière européenne sont victimes de refoulement, systématiquement enfermés à leur arrivée dans des conditions inhumaines et dégradantes. Ce constat a été fait au retour d'une mission exécutée sur place. Les associations ajoutent : « L'Union européenne répond en renforçant les moyens de surveillance et d'interception alors que l'urgence est à l'accueil et non à la criminalisation(…) En Grèce, les témoignages abondent de personnes victimes de refoulement par les garde-côtes grecs, que ce soit en pleine mer ou même une fois le pied posé sur le sol européen ».
Les associations s'inquiètent aussi des progrès limités de la Turquie dont la loi sur les étrangers et la protection internationale, prévue pour 2014 «  n'atténue que peu les craintes les craintes des associations, notamment sur l'évolution des pratiques et sur l'obstination turque au maintien des réserves géographiques à la Convention de Genève de 1951 qui écarte de la demande d'asile tous les ressortissants non européens ».

Le point central de la protestation touche au fait que « après la catastrophe de Lampedusa, l'UE envisage maintenant d'augmenter les capacités de Frontex pour faire face à cette situation. Or nos organisations n'ont eu de cesse de répéter que la détresse des migrants et la dangerosité de leurs routes sont étroitement liées à l'absence d'alternative pour accéder au territoire européen et aux conditions d'accueil insuffisantes à l'intérieur et aux frontières de l'UE ».

Nous nous  retrouvons au terme de cette analyse, dont la justesse et la logique ne sont  pas entièrement démontrées dans tous leurs éléments, face au problème lancinant de l'immigration clandestine (ses motivations, ses voies multiples et évolutives) et du partage de la charge des migrants entre européens, souvent défaillants ou esquivant leurs responsabilités. Les deux présidences grecque, puis italienne seront en première ligne pour imaginer des solutions à des problèmes qui relèvent autant de la gestion que de la politique: l'implication des pays tiers et leur capacité à gérer leurs frontières, la problématique du développement économique des pays dits de transit, la surveillance collective des frontières communes de l'UE, frontières terrestres et frontières maritimes, enfin les capacités de réponse et le niveau de solidarité des Etats membres de l'UE face au nombre de demandeurs d'asile dans un monde instable, gangréné par des conflits sans cesse renaissant.
Devant le constat de centaines de réfugiés syriens refoulés par des pays européens, le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés exige que les frontières restent ouvertes. Le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a dénoncé le vendredi 15 novembre le refoulement de centaines de réfugiés syriens par des pays européens. Il exige que ces pratiques cessent immédiatement et que les frontières restent ouvertes. "Dresser des barrières met les gens à la merci des passeurs". Le HCR a demandé à la Bulgarie de s'expliquer sur des informations de presse faisant état du refoulement de cent réfugiés à la frontière le week-end dernier et le déploiement de 1200 policiers supplémentaires. "Dresser des barrières peut conduire les gens à prendre plus de risques et les met à la merci des passeurs", a affirmé le porte-parole du HCR à Genève Adrian Edwards. Il a dénoncé également des récits selon lesquels des demandeurs d'asile syriens ont été refoulés de Grèce vers la Turquie, ainsi que dans le nord de Chypre.

 Le HCR lance un appel au respect d'un moratoire international sur tous les renvois de Syriens vers les pays voisins de la Syrie. "Cela représenterait un geste concret de solidarité avec ces pays qui accueillent 2,2 millions de réfugiés syriens", a déclaré le porte-parole. La Turquie à elle seule en héberge plus de 500'000.  Les pays de l'Union européenne ne doivent pas non plus laisser aux seuls pays européens frontaliers de la région le soin d'accueillir les réfugiés syriens. Ceux-ci doivent être répartis équitablement dans l'ensemble de l'Europe, a affirmé le HCR.
Sollicitée de donner son point de vue, la Commission européenne a, lors de son point de presse du 19 novembre, condamné via le porte-parole de Cecilia Malmström en charge des migrations, condamné avec la plus grande fermeté ces pratiques contraires au droit international et au droit européen. Concernant l'érection de murs aux frontières ou de fils de fer barbelés, la Commission a renouvelé sa condamnation déjà ancienne, mais elle a indiqué qu'elle ne pouvait s'y opposer car cela relève de la souveraineté de chaque Etat membre. En son temps Nea say avait signalé le refus de la Commission européenne  adressé aux autorités grecques de  financer d'une façon quelconque, même partiellement, un mur à la frontière gréco-turque. A nouveau la Commission a renouvelé son point de vue : en aucune façon  une telle manière  de procéder ne  peut apporter une quelconque solution aux problèmes rencontrés.

Le HCR a également dénoncé la mort d'au moins douze personnes en Grèce dans un drame de l'immigration.
 
Pour en savoir plus:

      -. Communiqué de presse conjoint MIGREUROP, FIDH, EMDH, CIMADE etc :  Grèce-Turquie « la route est dangereuse, des gens meurent » http://www.migreurop.org/article2312.html
      -. Le HCR dénonce le refoulement des réfugiés syriens http://www.rts.ch/info/monde/5379071-le-hcr-denonce-le-refoulement-de-refugies-syriens-en-europe.html
      -. Le HCR dénonce la mort d'au moins douze personnes dans un drame de l'immigration http://www.rts.ch/info/monde/5378417-au-moins-12-morts-dans-un-drame-de-l-immigration-en-grece.html