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Détentions et restitutions secrètes de la CIA: manque de coopération des autorités polonaises

pdf mise en ligne :13 11 2006 ( NEA say… n° 22 )

ASILE > Conditions d'accueil des réfugiés

Enquête sur les détentions et les restitutions illégales de terroristes présumés par la CIA: la commission d'enquête du Parlement européen ,en mission à Varsovie, regrette le manque de coopération flagrante des autorités polonaises.

Une délégation de députés a conclu une visite de trois jours à Varsovie en exprimant ses regrets vis-à-vis du manque de coopération des autorités polonaises dans le cadre de l'enquête que mène le Parlement européen sur la détention et les restitutions illégales de terroristes présumés par la CIA.

 

Remerciant les journalistes, les représentants des ONG, les fonctionnaires des services de renseignements et des aéroports ayant accepté de les rencontrer, le chef de cette délégation, Carlos COELHO (PPE-DE, PT), a "regretté toutefois que les autorités politiques du gouvernement et du parlement polonais n'aient pas eu la même courtoisie". "Certains membres du gouvernement ont décliné notre invitation, d'autres ont d'abord accepté de nous rencontrer pour ensuite refuser de nous voir. Finalement, il s'est trouvé quelques hauts fonctionnaires disposés à s'entretenir avec nous, mais ils n'ont jamais obtenu de leurs supérieurs la permission de le faire", a-t-il indiqué.
 
"Le comportement des autorités polonaises a été très différent de celui des fonctionnaires roumains avec qui nous avions eu un haut degré de coopération", a ajouté M. Coelho, en référence à l'autre pays européen suspecté d'avoir abrité des prisons secrètes de la CIA.
 
Parmi ceux qui ont accepté de rencontrer les députés du PE figurent l'ex-chef des services polonais de renseignements, Zbigniew Siemiatkowski, l'ancien et l'actuel présidents du conseil d'administration de l'aéroport de Szymany - Jerzy Kos et Jaroslaw Jurczenko - et le sous-secrétaire d'Etat à la Chancellerie du premier ministre, Marek Pasionek.
 
"Nous ne demandons rien de plus que la même coopération de la part de tous les pays européens, qu'il s'agisse des fonctionnaires des six pays dans lesquels nous nous sommes rendus jusqu'à présent ou des autres représentants gouvernementaux venus témoigner devant notre commission à Bruxelles", a déclaré pour sa part le rapporteur du Parlement, Claudio Fava (PSE, IT). En tout cas, a-t-il ajouté, "le fait que nous soyons arrivés ici quelques jours seulement avant des élections régionales ne doit pas être utilisé à des fins électorales, notre venue ne doit pas donner lieu à diverses interprétations relevant de la politique intérieure".
 
Et maintenant ?
 
Evoquant le résultat des réunions à Varsovie devant les journalistes, M. Coelho a conclu : "Je crains que nous devions parfois rappeler à nos partenaires européens que l'UE est beaucoup plus qu'un marché commun. Les membres de cette commission poursuivront leur travail jusqu'à la fin de leur mandat pour qu'à l'avenir, la liberté, la démocratie et le respect des droits de l'homme soient garantis sur le sol européen". A ce propos, M. Coelho a évoqué les sanctions prévues par le Traité de l'UE en cas de violation des droits fondamentaux, parmi lesquelles la suspension des droits de vote au Conseil. "Il nous faut maintenant retourner à Bruxelles et fournir une évaluation de notre déplacement en Pologne aux autres députés. Il appartiendra à la commission dans son ensemble et, ensuite, à la plénière, de tirer les conclusions finales et de décider des mesures qui en découlent".

°Plusieurs ministres, parmi lesquels Radoslaw Sikorski, à la défense, Anna Fotyga, aus affaires européennes, ont refusé de recevoir les députés européens. Rétive à coopérer avec la commission temporaire d'enquête, la droite conservatrice au pouvoir en Pologne depuis l'automne 2005, préfère ne pas être associée à l'enquête au moment où se déroulent les élections municipales (12 novembre). Ancien patron des renseignements extérieurs, (de 20002 à 2004 sous le gouvernement du social démocrate Leszek Miller) Zbigniew Siemiatkowski a accepté de rencontrer la délagation "par politesse", ironise-t-il, "ce rendez-vous n'en est pas moins ridicule et inutile".

Les suspicions de la commission d'enquête sur la présence de prisons secrètes ne reposent encore sur aucune preuve matèrielle, notamment à proximité de l'aéroport de Szumany. Si l'ancien président (1995-2005)Aleksander Kwasniewski a admis fin 2005 qu'il y a eu "probablement" des vols de la CIA qui ont fait escale en Pologne, il a nié l'existence de prisons secrètes.

Rappelons qu'en juin 2006, le parlementaire suisse Dirk Marty avait présenté un rapport au Conseil de l'Europe, un rapport soupçonnant la Roumanie et la Pologne d'avoir pareils centres de détention. L'ONG américaine Human Rights Watch soupçonne la Pologne d'avoir abrité la base la plus importante de prisons secrètes de la CIA en Europe. En septembre, chacun se souvient que le président Bush a reconnu, pour la première fois, l'existence de prisons secrètes de la CIA à l'étranger sans en préciser la localisation. Les députés européens se rendont le 6 décembre au Portugal, la dernière étape de leur enquête. Leur rapport sera soumis au Parlement européen en février 2007.

La délégation arrivée à Varsovie le mercredi 8 novembre était composée, outre MM. Coelho et Fava de huit autres députés: Jas Gawronski (PPE-DE, IT); Giulietto Chiesa (PSE, IT); Sophia In 't Veld (ADLE, NL); Cem Özdemir (Verts/ALE, DE); Giusto Catania (GUE/NGL, IT); Konrad Szymanski (UEN, PL); Boguslaw Rogalski (IND/DEM, PL) et Ryszard Czarnecki (NI, PL). Trois autres députés polonais ont également pris part aux réunions: Barbara Kudrycka (PPE-DE), Jozef Pinior (PSE) et Miroslaw Piotrowski (IND/DEM).E, PT)