Une information citoyenne au service d'une identité européenne
Réactions, commentaires et débats avec des invités

Glossaire interactif des termes de l'Espace de liberté, de sécurité et de justice
Observatoire législatif de l’Espace européen de liberté, de sécurité et de justice
Veille juridique et documentaire axée sur la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne
Actualités des grands projets de l'Union européenne
Dossiers documentaires thématiques
Actualités sur le rôle de l'Union européenne dans le monde
Une information citoyenne au service d'une identité européenne

Droits des femmes en Méditerranée

pdf mise en ligne :13 11 2006 ( NEA say… n° 22 )

ASILE > Programme de La Haye

Les droits des femmes en méditerranée (Proche-Orient et Afrique du nord): un changement est possible et nécessaire. Il doit se placer au coeur du partenariat euro-méditerranéen a conclu le Réseau euro-méditerranéen des droits de l'Homme (REMDH).

Le Réseau euro-méditerranéen des droits de l’Homme (REMDH) vient de publier un rapport intitulé « obtenir l’égalité des genres dans la région euro-méditerranéenne », (FR) (EN) rapport présenté en prévision de la conférence ministérielle euro-méditerranéenne sur le rôle des femmes dans la société (EN)( Istanbul 13-15 novembre)Pour REMDH le rapport remet en question la perception stéréotypée de la région comme étant imprégnée de sociétés conservatrices et statiques, reposant sur des idées et traditions religieuses immuables. Il est clair pour REMDH que la discrimination constatée n’est pas qu’une affaire de normes religieuses et de traditions culturelles mais de pratiques à combattre et à faire évoluer grâce à des réformes pour lesquelles militent de nombreuses organisations dans la région.. REMDH rejette l’argument selon lequel les droits de femmes ne relèveraient pas des droits de l’Homme des législations nationales des déclarations et conventions internationales acceptées et adoptées. L’UE devrait encourager et soutenir davantage les initiatives dans la région car un changement est possible et nécessaire.

 

Le rapport se place dans une perspective dynamique en cernant les éléments qui favorisent ou entravent les droits des femmes dans la région. Il passe en revue les principaux domaines de discrimination: lois sur la famille, droit pénal et lois sur la nationalité, éducation, emploi, représentation politique, violence fondée sur le genre, respect de la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes.

 

Il donne aussi des exemples des principaux progrés réalisés dans ces domaines dans les principaux pays de la région et des campagnes organisées par la société civile pour lutter contre les pratiques discriminatoires. Sur la base des leçons à tirer de ces expériences, la deuxième partie du rapport présente des recommandations pour continuer à promouvoir l'égalité des genres dans la région, afin de faire face aux défis qui subsistent encore.

 

Une conférence précédente avait été marquée par une expression vive de la part des femmes concernant la dégradation de leur situation. Les femmes EUROMED se sont montrées critiques à l'égard des progrés réalisés

 

Dans son discours à Istanbul( "a Euro-Mediterranean Agenda for Women and Gender Equality"-Euromediterranean ministerial  Conference on strengthening the Role of Women in society- 15 november 2006 ) la commissaire Benita Ferrero-Waldner a souligné que c'est la première fois que le dialogue euro-méditerranéen abordait le rôle de la femme méditerranéenne, faisant ainsi de cet évènement un moment historique du partenariat.. Elle a regretté les progrès trop lents vers les objectifs du Millenium, tout en notant des progrès sensibles pour tout ce qui concerne l'éducation. Les droits de la femme sont à la fois politiques, économiques et culturels mais c'est d'aborsd contre les stéréotypes les concernant que nous devons lutter. Elle a appelé les parlementaires des deux rives et la société civile à renforcer leur coopération au niveau local, régional et national.

 

Les conclusions de la conférence ministérielle d'Istanbul reprennent  l'essentiel des préoccupations exprimées.Peut-être peut-on regretter d'être mis en présence d'un texte dont la spécificié méditerranéenne, et plus particulèrement sa rive sud, n'est pas assez marquée: on a le sentiment d'être confronté à une sorte de décalque de ce que l'on lit habituellement dans les documents, nombreux, sur l'égalité des genres en Europe.

 

Les conclusions soulignent qu'une des meilleurs façons d'atteindre les objectifs de la Déclaration de Barcelone (paix, stabilité, prospérité partagées) est certainement de faire en sorte que les femmes puissent satisfaire pleinement leurs ambitions et leurs aspirations. Quant au financement des différentes actions, les contributions bilatérales, Femip et l'instrument financier du Partenariat de voisinage (ENPI) sont recommandés pour une approche que l'on veut globale. La conférence ministérielle d'Istanbul sur les femmes euro-méditerranéenes en  appelle  à  la Conférence de Tampere, qui se réunira prochainement et qui, pour la huitième fois, rassemblera les Ministres des affaires étrangères des pays du partenariat de Barcelone, de réserver le meilleur accueil aux engagements pris à Istanbul. Les participants se sont donnés cinq ans pour atteindre les objectifs fixés: c'est en 2009 que l'on procèdera à une évaluation et chaque année la Conférence ministérielle des Ministres des affaires étrangères fera le bilan sur la base du rapport établi par le Groupe à haut niveau qui passera en revue, au moins une fois par an, la mise en oeuvre des mesures arrêtées dans les conclusions d'Istanbul. Parmi les nombreux points (catalogue de huit pages) énumérés de façon quasi exhaustive, méritent d'être soulignées les trois actions suivantes: la lutte contre l'analphabétisme et plus particulèrement l'illétrisme face aux nouvelles technologies de l'information, l'aide aux femmes migrantes, les femmes dans la guerre, la prévention des conflits et le retour à la paix.

En 2003 REMDH avait déjà publié un rapport sur le même thème : l'intégation des  droits des femmes du Moyen-Orient et de l'Afrique du nord dans le partenariat euro-méditerranéen. Les droits des femmes en Algérie, Egypte, Israël, Jordanie, Liban, Maroc, Palestine, Syrie, Tunisie.(EN)