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 Lampedusa : le centre vidé de ses migrants. Le gouvernement italien a promis de revoir les conditions d'accueil et la durée du traitement des dossiers des immigrés clandestins. Un expédient qui ne règle rien, mais une bonne nouvelle : un naufrage tragique évité, des progrès donc…

pdf mise en ligne :02 01 2014 ( NEA say… n° 139 )

DROITS FONDAMENTAUX > Conditions d'accueil des réfugiés

Le centre de premier accueil de cette petite île tristement célèbre, située à mi-distance entre la Tunisie et la Sicile, a été vidé de presque tous ses occupants. À la veille de Noël, quelque 169 migrants ont été transférés par avion dans d'autres centres de Sicile et du sud de l'Italie. Restent désormais dix-sept Syriens et Érythréens que la justice veut entendre comme témoins. Ils étaient embarqués sur le chalutier, tristement célèbre, qui a chaviré le 3 octobre dernier à l'entrée du port, faisant 366 victimes. Le parquet cherche à identifier les passeurs qui pourraient se trouver parmi eux. Mais tout est parti du scandale suscité par la diffusion d'une séquence vidéo, le 16 décembre, par la RAI, où on montrait des migrants nus dans une file, prêts à recevoir un traitement par pulvérisation contre la gale. Bruxelles avait menacé de suspendre immédiatement les 30 millions que reçoit annuellement l'Italie pour secourir les migrants. Les condamnations étaient tombées de toutes parts: «inacceptable» pour Cecilia Malstrom, la commissaire européenne aux Affaires intérieures, un traitement «inadmissible» déclarait le président de la République italienne Giorgio Napolitano et «honteux» selon le président de la conférence épiscopale, le cardinal Angelo Bagnasco. Une indignation qui n'a pas mobilisé le Conseil européen, des 19 et 20 décembre, dans la recherche d'une solution rapide et stable (cf. autre article dans Nea say et infra « Pour en savoir plus »). La décision du gouvernement italien reste un expédient qui ne fait pas disparaître l'objet du scandale, même si les migrants restant sont bien moins nombreux.
 Lampedusa : le centre vidé de ses migrants. Le gouvernement italien a promis de revoir les conditions d'accueil et la durée du traitement des dossiers des immigrés clandestins. Un expédient qui ne règle rien, mais une bonne nouvelle : un naufrage tragique évité, des progrès donc…
 Le centre de premier accueil de cette petite île tristement célèbre, située à mi-distance entre la Tunisie et la Sicile, a été vidé de presque tous ses occupants. À la veille de Noël, quelque 169 migrants ont été transférés par avion dans d'autres centres de Sicile et du sud de l'Italie. Restent désormais dix-sept Syriens et Érythréens que la justice veut entendre comme témoins. Ils étaient embarqués sur le chalutier, tristement célèbre, qui a chaviré le 3 octobre dernier à l'entrée du port, faisant 366 victimes. Le parquet cherche à identifier les passeurs qui pourraient se trouver parmi eux. Mais tout est parti du scandale suscité par la diffusion d'une séquence vidéo, le 16 décembre, par la RAI, où on montrait des migrants nus dans une file, prêts à recevoir un traitement par pulvérisation contre la gale. Bruxelles avait menacé de suspendre immédiatement les 30 millions que reçoit annuellement l'Italie pour secourir les migrants. Les condamnations étaient tombées de toutes parts: «inacceptable» pour Cecilia Malstrom, la commissaire européenne aux Affaires intérieures, un traitement «inadmissible» déclarait le président de la République italienne Giorgio Napolitano et «honteux» selon le président de la conférence épiscopale, le cardinal Angelo Bagnasco. Une indignation qui n’a pas mobilisé le Conseil européen, des 19 et 20 décembre, dans la recherche d’une solution rapide et stable (cf. autre article dans Nea say et infra « Pour en savoir plus »). La décision du gouvernement italien reste un expédient qui ne fait pas disparaître l’objet du scandale, même si les migrants restant sont bien moins nombreux.

Le gouvernement a réagi avec une  fermeté apparente. Le ministre de l'Intérieur, Angelino Alfano, a aussitôt suspendu les dirigeants du centre, puis dénoncé la convention signée par l'État avec la coopérative sociale chargée de gérer le lieu. Il envisage de le confier à la Croix-Rouge. De son côté, le président du Conseil italien a annoncé pour janvier une révision complète des procédures d'accueil des migrants en Italie qui modifiera la loi dite «Fini/Bossi», régulant depuis juillet 2002 les flux migratoires dans la péninsule.

La durée maximale de rétention dans les 13 centres d'identification et d'expulsion que compte le pays serait ramenée de 18 mois à deux mois. Dans la pratique toutefois, selon le ministre de l'Intérieur, cette durée ne dépasserait pas trente-huit jours en moyenne. Il est également question d'accorder à l'immigré, sous certaines conditions, le droit du sol. Cela permettrait, entre autres, à ses enfants d'obtenir automatiquement la nationalité italienne. Et de renoncer à considérer l'immigration clandestine comme un délit passible de la prison, un délit aussi le fait de porter aide et assistance à ces immigrés en péril. Tous les rescapés du naufrage du 3 octobre sont, à ce jour, inculpés d'entrée illégale sur le territoire.

Pour la ministre de l'Intégration, Cecile Kyenge, d'origine congolaise, les structures actuelles sont «totalement inadéquates». Ces carences sont source de conflits permanents et même de suicides. Un jeune Syrien a mis fin à ses jours dans un centre de rétention, désespéré de ne pouvoir obtenir un visa après deux ans d'attente. Dans le centre de Ponte Galera à Rome, 17 migrants d'Afrique du Nord se sont cousu la bouche en signe de protestation, et dans les Pouilles d'autres observent une grève de la faim. Sur 45.000 immigrés entrés de manière illégale en Italie cette année (dont 8000 mineurs), 25.000 ont transité par Lampedusa. Ils étaient 13.200 en 2012 et 47.650 en 2011, lors de la grande vague d'immigration tunisienne.

Mais des raisons d’espérer, progressivement les mesures prises pour sauver les naufragés se mettent en place avec une certaine efficacité : la preuve, les 200 naufragés sauvé au sud de Lampedusa.

Plus de 200 migrants originaires d'Afrique mais également du Pakistan ont été récupérés par la Marine italienne, le mercredi 1er janvier au soir, au sud de l'île de Lampedusa.Longue de 10 mètres, la frêle embarcation, à bord de laquelle ne se trouvaient pas de gilets de sauvetage, a été localisée vers 19h30  à environ 80 milles (près de 130 km) de l'île par les hélicoptères militaires déployés en Méditerranée dans le cadre du dispositif "Mare Nostrum". "Compte tenu du fait que la mer était houleuse, du nombre élevé de personnes présentes sur le bateau et des conditions précaires de navigation, une procédure d'urgence a été lancée à 20h11 (19h11 GMT)", explique un communiqué de la Marine militaire. Le transfert des 233 migrants, parmi lesquels 7 femmes, à bord du San Marco, un navire militaire, a immédiatement suivi. Originaires d'Erythrée, du Nigeria, de Somalie, de Zambie et du Pakistan, les migrants ont été récupérés sains et sauf. "Sur indication du ministère de l'Intérieur", ils ont été dirigés vers le port d'Augusta (Sicile), où ils étaient attendus dans la soirée de jeudi, précise encore le communiqué.  Devant l'afflux des migrants, et pour éviter la répétition des drames, le gouvernement italien a lancé à la mi-octobre l'opération "Mare nostrum"  visant à renforcer son dispositif militaire dans la zone.

Pour en savoir plus :
      -. Task force pour la Méditerranée, communication de la Commission : article de Cesare Tanda dans Nea say http://www.eu-logos.org/eu-logos_nea-say.php?idr=4&idnl=3026&nea=139&lang=fra&lst=0&arch=0
      -. Task force pour la Méditerranée, communication de la Commission européenne : conclusions du Conseil européen : article de Nea say http://www.eu-logos.org/eu-logos_nea-say.php?idr=4&idnl=3033&nea=139&lang=fra&lst=0&arch=0
      -. Dossier Lampedusa de Nea say http://www.eu-logos.org/eu-logos_nea-say.php?idr=4&idnl=3033&nea=139&lang=fra&lst=0&arch=0