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Le centre européen de lutte contre le cybercrime présente son premier rapport d'activités: un bilan après une année de travail.

pdf mise en ligne :12 02 2014 ( NEA say… n° 141 )

COOPERATION POLICIERE ET JUDICIAIRE > Lutte contre la cybercriminalité

Le centre européen de lutte contre le cybercrime (EC3) a été créé par Europol, il y a un an, afin d'intensifier la lutte contre les cybercriminels dans l'Union européenne. La création de ce centre fait partie des mesures mises en place par l'UE avec comme pour but essentiel de protéger les citoyens contre la criminalité en ligne. Ses missions portent notamment sur la fraude en ligne, la maltraitance infantile en ligne et d'autres types de cybercriminalité comme les activités illicites en ligne menées par des organisations criminelles. Pendant cette dernière année le Centre a gagné une très bonne réputation non seulement dans l'UE mais aussi au-delà des frontières communautaires.

Le centre européen de lutte contre le cybercrime (EC3) a été créé par Europol, il y a un an, afin d'intensifier la lutte contre les cybercriminels dans l'Union européenne. La création de ce centre fait partie des mesures mises en place par l'UE avec comme pour but essentiel de protéger les citoyens contre la criminalité en ligne. Ses missions portent notamment sur la fraude en ligne, la maltraitance infantile en ligne et d'autres types de cybercriminalité comme les activités illicites en ligne menées par des organisations criminelles. Pendant cette dernière année le Centre a gagné une très bonne réputation non seulement dans l'UE mais aussi au-delà des frontières communautaires.

Contenu du rapport. La Commission européenne a présenté, le 10 février, son premier rapport d'activités concernant les objectifs atteints par l'EC3 après une années de travail. Selon les données récentes d'un Eurobaromètre, 12% des utilisateurs européens d'Internet ont déjà vu leur boîte de courriels ou leurs sites piratés et 7% ont été victimes de fraudes via leur carte bancaire.

«Les cybercriminels sont très intelligents et nous devons être plus intelligents et plus rapides si nous voulons lutter à armes égales», a averti Cecilia Malmström, commissaire responsable de la Sécurité et des Affaires intérieures lors de la présentation du rapport préparé par Troels Orting, directeur de l'EC3.

Depuis un an, le centre EC3 a participé à dix-neuf opérations de  lutte à grande échelle contre des groupes de cybercriminels. Comme illustré par le rapport, les cyber-experts de l'EC3 ont construit leur réputation en accomplissant plusieurs opérations. Les plus marquantes – Ransom I et II  (deux enquêtes internationales concernant le Ransomware -logiciel malveillant- ) – consistaient à injecter un virus bloquant des ordinateurs et indiquant à leur usager qu'ils avaient visité des sites évoquant des activités illégales. Des dizaines de milliers de personnes se voyaient proposer une transaction de 100 euros en moyenne en échange du déblocage de leur installation. Le gang a été démantelé et treize personnes arrêtées.

«Sextorsion» (extorsion de faveurs sexuelles) est le terme donné au phénomène à travers lequel les personnes qui maltraitent les enfants obtiennent l'accès aux images inopportunes de mineurs d'âge. Les abuseurs les forcent à se livrer à d'autres actes, sous peine de voir leurs photos et vidéos diffusées auprès de leurs amis ou de leur famille. EC3 fournit le l'assistance opérationnelle  et analytique sur le réseau dans le but combattre ce phénomène.

Des efforts significatifs ont été faits afin de mieux lutter contre l'exploitation sexuelle en ligne d'enfants. En effet, Cecilia Malmström a parlé de «sextorsion» avec des images d'enfants mineurs utilisées pour les contraindre à d'autres activités sexuelles sous la menace de diffuser ces images à leurs parents et à leurs proches. En plus, la commissaire a également parlé d'images de viols diffusées en direct et suivies en streaming (diffusion en flux continu) par les acheteurs. «Il n'y a pas de téléchargement donc pas de preuve», a-t-elle souligné.

Cartes bancaires clonées. Troels Ording a raconté une escroquerie dans laquelle des cartes bancaires à montant limité ont été clonées et transformées en cartes de retrait illimité. Ainsi, "45 millions d'euros ont été détournés grâce à cette opération qui a pris deux heures. Plus besoin de prendre son fusil à pompe pour braquer une banque", a-t-il commenté .Car "n'importe qui peut devenir un cybercriminel", ont insisté les deux intervenants. "Tous les outils sont disponibles en ligne à des prix très raisonnables" pour espionner un ordinateur ou un téléphone portable, a déploré Cécilia Malmström.

Cependant, grâce au travail de l'EC3 la lutte contre les arnaques bancaires a, elle, permis plusieurs dizaines d'arrestations, en Roumanie et au Royaume-Uni notamment. Un réseau asiatique a aussi été démantelé et deux de ses membres arrêtés en Finlande. Il vendait de faux billets d'avion en ligne. Ces différents groupes possédaient au total les données de 80 000 cartes bancaires.

Crime organisé. Cécilia Malmström a encore souligné que l'utilisation d'Internet par le crime organisé prend une autre dimension avec des méthodes de plus en plus sophistiquées et des virus de plus en plus agressifs. Il faudra donc mettre en place des méthodes de plus en plus sophistiquées afin de combattre l'utilisation de l'internet par le crime organisé, a affirmé Troels Ording, directeur de l'EC3.

Selon EC3, la cybercriminalité devrait connaître de nouveaux développements puisque les estimations mondiales indiquent que 1,5 milliard de personnes vont accéder au Web dans les quatre années à venir, s'ajoutant aux 2,5 milliards qui l'utilisent déjà. Cela devrait entraîner, prédisent les experts européens, un développement des groupes criminels, une sophistication de leurs méthodes et la diffusion de virus de plus en plus agressifs. Le « cloud computing » – l'informatique dématérialisée, ou l'accès via un réseau à de ressources informatiques partagées, stockées dans un « nuage » – devrait également être le prochaine cible des cybercriminels, prédisent ces spécialistes.

En conclusion, Troels Ording se dit "un peu préoccupé par les défis posés par la lutte contre la cybercriminalité" alors que Cecilia Malmström insiste sur la nécessité de laisser l'internet ouvert dans l'UE.


Cesare Tanda


Pour en savoir plus:


      -. European Cybercrime Centre – one year on:
http://europa.eu/rapid/press-release_IP-14-129_en.htm

      -. European Cybercrime centre (EC3) – first year report:
https://www.europol.europa.eu/sites/default/files/publications/ec3_first_year_report.pdf

      -. Special eurobarometer 404 – Cyber security
http://ec.europa.eu/public_opinion/archives/ebs/ebs_404_en.pdf

      -. An Intense first year for the European Cybercrime Centre:
http://europa.eu/rapid/press-release_SPEECH-14-114_en.htm?locale=FR

      - .Cybercriminalité: la Commission européenne multiplie les actions, article Le Monde 10.02.14, Jean-Pierre Stroobants:
http://www.lemonde.fr/europe/article/2014/02/10/cybercriminalite-premier-rapport-de-la-commission-europeenne_4363522_3214.html
 
      -. Dossier Nea say de la lutte contre la cybercriminalité http://www.eu-logos.org/eu-logos_nea-say.php?idr=4&idnl=3064&nea=141&lang=fra&arch=0&term=0