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La NSA peut mettre sur écoute un pays entier. Le Washington Post a encore frappé

pdf mise en ligne :19 03 2014 ( NEA say… n° 142 )

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Chaque semaine nous apporte sont lot de révélations ébouriffantes : hier la CIA « écoute » le Congrès, aujourd'hui, c'est un pays entier…Aurons nous la volonté politique d'imposer des limites à ces activités hors de toute raison ?
L'agence américaine du renseignement NSA a la capacité technique d'enregistrer 100% des appels téléphoniques passés depuis un pays, selon des documents fournis par Edward Snowden et révélés mardi 18 mars par le "Washington Post", en plein débat sur la réforme de la NSA. Le "Washington Post", qui s'appuie sur des documents fournis par l'ancien employé de la NSA, E. Snowden ainsi que sur d'autres sources anonymes, explique  que ce programme, nommé Mystic, a été lancé en 2009 et a atteint ses pleines capacités en 2011 contre un pays cible, non identifié. 

Le Washington post explique qu'à la demande des autorités américaines, il n'a pas révélé un certain nombre de détails permettant d'identifier le pays où ce système est actuellement utilisé. Six pays pourraient être ciblés au total. Le programme révélé s'ajoute à de nombreux autres visant à intercepter les communications passées à l'étranger. Les lois américaines imposent moins de restrictions sur les communications qui n'incluent pas de ressortissant américain ou se situant sur le territoire des Etats-Unis.Mais comme lors de la révélation du programme Prism, qui vise les communications sur de grands services internet comme Gmail ou Skype, les détracteurs américains de la NSA relèvent que le filet électronique de l'agence n'est vraisemblablement pas capable de trier entre les communications purement étrangères, et celles qui incluent des Américains.

"La NSA a toujours cherché à tout enregistrer, et désormais elle en a la capacité", a réagi Jameel Jaffer, de la grande association de défense des libertés individuelles American Civil Liberties Union (ACLU). "La question est maintenant de savoir si nous aurons la volonté politique d'imposer des limites raisonnables sur les pouvoirs de la NSA, c'est-à-dire, si nous aurons la volonté politique de protéger nos libertés démocratiques".

La NSA n'a pas spécifiquement commenté les nouvelles révélations, mais a réaffirmé que sa mission consistait précisément à identifier d'éventuelles menaces sur "le grand et complexe système de communications globales modernes"."La NSA ne collecte pas de renseignements dans un pays, où que ce soit dans le monde, à moins que cela ne soit nécessaire pour les intérêts de sécurité nationale et de politique étrangère des Etats-Unis, et pour protéger ses citoyens et ceux de ses alliés et partenaires", a déclaré l'agence dans un communiqué. L'un des outils du programme, Retro, qui fonctionne comme une machine à remonter le temps, permet de "récupérer des enregistrements qui ne paraissaient pas dignes d'intérêt au moment de l'appel original", expliquent des documents officiels cités par le journal. Les enregistrements des appels peuvent être stockés pendant un mois.

Barack Obama a initié le 17 janvier une réforme des programmes de surveillance électronique américains, sans remettre en cause le principe de collecte massive de données par la NSA. Le réexamen des lois est en cours, et de nombreux projets de réforme, certains radicaux, sont en discussion au Congrès. Mais que valent ces promesses après tant d'autres , comme sa promesse de réformer la gouvernance de l'internet (cf. autre information dans Nea say)"Au final, les gens partout dans le monde, quelle que soit leur nationalité, doivent savoir que les Etats-Unis n'espionnent pas les gens ordinaires qui ne menacent pas notre sécurité nationale", avait-il alors déclaré.
 
L'homme à l'origine des fuites, Edward Snowden, a promis  que le trésor de documents qu'il a subtilisés à son ancien employeur étaient loin d'avoir livré leurs derniers secrets. "Il y a encore beaucoup de révélations à venir", a-t-il déclaré par vidéoconférence lors d'une conférence TED à Vancouver, au Canada. "Les articles les plus importants restent à écrire". Cette envie paranoïaque d'espionner la planète entière a-t-elle un sens ?Tout cela suppose aussi de vastes complicités, y penser un instant fait peur jusqu'à la panique.

Pour en savoir plus :

- Washington Post (NSA surveillance programm reaches « into the past » to retrieve
  replay phone Calls): EN

- Washington post (Here's how we take beck Internet): EN

- Déclaration Jameel Jaffer (ACLU): FR