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Plus de femmes dans la vie politique nationale et internationale

pdf mise en ligne :14 12 2006 ( NEA say… n° 23 )

IMMIGRATION > Conditions d'accueil des réfugiés

La participation des femmes sur un plan égalitaire à la vie politique nationale et internationale est "une condition indispensable de la démocratie": c'est le principal message du rapport d'initiative adopté par le Parlement européen le 16 novembre dernier.

Les députés ont souligné notamment que l’UE doit veiller au respect intégral des exigences qu’elle s’est fixée en matière de parité en politique.

 

Le rapport (FR) (EN) de la députée portugaise, Ana Maria GOMES (PSE) adopté par le Parlement européen (377 voix pour, 77 contre et 31 abstentions) « regrette profondément que, en dépit de nombreuses déclarations et recommandations politiques, des programmes d’action adoptés dans le monde et de législations spécifiques adoptées au niveau national, inégalité, discrimination entre hommes et femmes et sous représentation de celles-ci dans la politique persistent en Europe et dans le monde. »

 

Selon l’Union interparlementaire, sur les 43 961 membres que comptent les parlements dans le monde(chambres basses et chambres hautes confondues), seuls 16,4 % sont des femmes, soit 7 195 parlementaires; « ces chiffres révèlent un déficit démocratique, tant au niveau européen que dans le contexte international lato sensu ». Au sein du Parlement européen, 30% des 732 députés européens  sont des femmes (222). Les députés ont ajouté que la faible présence des femmes en politique prive les Etats européens « d’un potentiel humain précieux ».

 

Toutefois le Parlement européen a constaté « que des élections récentes ont porté des femmes aux fonctions supérieures de chef d’Etat ou de gouvernement dans certains Etats membres et dans les pays tiers. (…) Ils  félicitent les chefs de gouvernement qui ont appliqué des critères objectifs et non discriminatoires au choix des membres de leur cabinet. »

 

Concilier la vie sociale, familiale et professionnelle

 

La faible participation des femmes aux centres des prises de décision et de gouvernance est souvent liée aux difficultés de conciliation entre la vie privée et la vie professionnelle ainsi qu’à la discrimination à l’emploi et dans la formation professionnelle. Les Etats membres sont donc invités à »adopter des mesures visant à concilier vie sociale, vie professionnelle et vie familiale, dans le droit fil des conclusions du Conseil européen de Barcelone et de la Stratégie de Lisbonne ».

 

Le parlement européen préconise également, un certain nombre de mesures au niveau national, européen, international concernant les femmes en politique internationale concernant les femmes et la politique internationale, visant à :

 

      -.promouvoir la parité en politique ;

 

      -.inviter les Etats membres à « attirer, former et nommer davantage de femmes dans la carrière diplomatique ainsi qu’à promouvoir l’équilibre entre hommes et femmes dans leurs délégations aux Nations Unies et lors d’autres réunions et conférences internationales » ;

 

      -.insister « sur la participation d’agents de police, civils et militaires féminins aux missions de maintien de la paix de l’UE et des Nations Unies afin de renforcer la communication avec les femmes des communautés locales et l’ensemble de celles-ci. » ;

 

      -.inviter les gouvernements des Etats membres à « sensibiliser davantage leur opinion publique en vue de mettre fin à des attitudes sociétales négatives au sujet de la capacité des femmes à participer sur un pied d’égalité au processus politique aux niveaux national et international » et enfin à encourager les Etats membres à promouvoir l’objectif de l’équilibre entre hommes et femmes dans les emplois publics ;

 

La Commission,  pour sa part, est appelée à « étudier et à faire connaître les meilleures pratiques en matière de mesures internationales et nationales visant à renforcer la place de la femme dans les positions les plus élevées de la politique internationale ».

 

Le rapport invite également les partis politiques d’Europe « à promouvoir une participation équilibrée des deux sexes sur leurs listes de candidats ».

 

Les députés européens ont souligné également qu’il faut « voir plus loin que les chiffres et s’intéresser effectivement à la manière dont les femmes actives en politique influencent la gouvernance et le règlement des conflits ainsi qu’à la contribution qu’elles apportent pour que les réformes en matière de gouvernance, la responsabilité et l’Etat de droit soient placés en haut de l’agenda politique aux niveaux national et international ».

 

Les femmes et la paix

 

La reconnaissance de l’apport positif des femmes à la paix et à la sécurité laisse encore à désirer et toujours aussi cruellement, si l’on prend le Prix Nobel de la Paix pour référence (depuis sa création en 1901) le prix Nobel n’a été attribué qu’à 12 femmes sur 92 lauréats. Les femmes ne sont toujours pas perçues équitablement comme les égales des hommes et, pourtant,  les femmes sont au cœur de toute solution durable de tout conflit comme l’a démontré le rapport de Véronique de Keyser sur la situation de la femme dans les conflits armés et leur rôle dans  les pourparlers de paix, dans la reconstruction et le processus démocratique dans les pays en situation de post-conflit. La résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies (octobre 2000) atteste de cette sensibilisation : elle met en lumière non seulement les répercussions bien connues que les conflits ont sur les femmes, mais aussi l’influence que, à tous les niveaux, les femmes peuvent avoir sur les conflits en marquant de leur empreint de règlement de tous ces conflits et en soutenant des mécanismes de réconciliation et les stratégies de développement à long terme. D’où la nécessité de faire participer des femmes au maintien de la paix.

 

Finalement, le Parlement européen se félicite des deux grandes décisions proposées : 1/ la création d’un Institut européen de l’égalité entre les hommes et les femmes, qui « devrait prendre l’initiative de promouvoir une représentation renforcée des femmes dans la politique internationale », 2/ la mise en place d’un réseau européen de femmes occupant des postes à responsabilité.

 

Cette problématique devrait concerner au premier chef  bon nombre des Etats membres dont le classement annuel du World Economic Forum révèle la médiocrité en matière de "Gender Gap".