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Edward Snowden à NBC, sa confession : « J’ai reçu une formation d’espion »

pdf mise en ligne :29 05 2014 ( NEA say… n° 146 )

COOPERATION JUDICIAIRE CIVILE > Protection des données personnelles

Dans une interview exclusive accordée à NBC, chaîne de télévision américaine, Edward Snowden revient sur son parcours au sein de la NSA et fait voler en éclat l’idée qu’on s’en faisait. Il n’était sans doute pas le maillon insignifiant qu’il a voulu présenté au monde. Il n’avait jamais parlé de ses années passées dans l’Agence de Sécurité Nationale. C’est précisément pour apporter sa vérité et réfuter celle propagée par le gouvernement US, faisant de lui un simple « analyste de base », que le jeune whistleblower s’est livré à NBC News. Celui-ci explique qu’il a reçu une véritable « formation d’espion » et a été envoyé à l’étranger sous une fausse identité mais avec un vrai-faux emploi dans le domaine des communications afin d’exercer sa mission dans les meilleures conditions.

J’ai reçu une formation d’espion dans le sens traditionnel du terme. J’ai vécu et travaillé sous couverture à l’étranger, j’ai fait semblant d’avoir un travail que je n’avais pas. On m’a même donné un nom qui n’est pas le mien [...] Je suis un expert technique. Je ne travaillais pas avec d’autres personnes. Je ne recrutais pas d’agents. Je rendais des systèmes opérationnels pour les Etats-Unis. Et j’ai fait cela à tous les niveaux, du bas de l’échelle jusqu’au sommet.

J’ai travaillé pour la CIA sous couverture à l’étranger, j’ai travaillé pour l’Agence américaine de sécurité (NSA) sous couverture à l’étranger. J’ai travaillé pour le renseignement militaire (DIA) en tant qu’enseignant à l’académie du contre-espionnage où j’ai développé des sources et des méthodes pour mettre en sûreté nos informations et nos concitoyens dans les environnements les plus hostiles et les plus dangereux de la planète. […] Alors quand on dit que je suis un administrateur systèmes de base, que je ne sais pas de quoi je parle, je pense que c’est quelque peu trompeur. Glenn Greenwald, qui a en sa possession l’ensemble des documents de Snowden, abonde en ce sens dans son livre,( Nulle part où se cacher, paru le 14 mai aux éditions JCLattès ). Il vient de le confirmer encore dans un entretien donné à la radio Europe1 le 29 mai.

Selon la description qu’il  livre de son travail à Genève, il était bien plus qu’un simple « administrateur systèmes « Il était considéré comme le principal technicien et expert en cyber-sécurité de Suisse, et recevait ordre de se déplacer de région en région pour régler les problèmes que personne n’était capable de solutionner. Il avait été expressément choisi pas la CIA pour assister le président Bush en 2008, lors d’un sommet de l’OTAN en Roumanie. Ces nouvelles révélations expliquent peut-être le dégoût voire la haine qu’il suscite dans les hautes sphères du pouvoir, certains n’hésitant pas à le qualifier de traître.

Interviewé en direct sur NBC , mercredi 28 mai, le secrétaire d’État John Kerry ne s’est pas fait prier pour réagir à ces déclarations : Si Edward Snowden veut revenir aux États-Unis, nous pouvons le mettre dans un avion dès aujourd’hui. Nous serions ravis qu’il revienne. Et il devrait revenir, c’est ce qu’un patriote ferait.

Dans l’un des extraits diffusés par la chaîneNBC, Snowden est interrogé sur le choix de sa destination lors de sa fuite. Pourquoi la Russie ? Ce à quoi l’espion qui en disait trop a répondu qu’il valait mieux demander au Département d’État car ce sont eux qui l’ont « piégé » ici en révoquant son passeport. Ajoutant : « mon premier choix était d’aller à Cuba ». Une réponse qui est loin d’avoir satisfait le chef de la Diplomatie américaine qui estime que l’ancien espion  est  donc : un fugitif aux yeux de la justice, c’est pour cela qu’il n’est pas autorisé à prendre des avions et voyager à travers la planète, c’est aussi simple que cela. S’il est attaché à l’Amérique et croit en ce pays, il devrait avoir confiance dans le système judiciaire américain. Mais se réfugier en Russie, un pays autoritaire, et simplement dire qu’il essayait de se rendre à Cuba, qu’est-ce que cela veut dire ? Un patriote ne s’enfuirait pas et ne trouverait pas refuge en Russie ou à Cuba ou dans un autre pays. Un patriote reviendrait aux États-Unis et ferait valoir ses arguments devant le peuple américain. Mais il a refusé de faire cela, jusqu’à présent en tout cas.

C’est la première fois qu’Edward Snowden accorde une interview à une chaîne américaine. (Rappelons qu’il fut auditionné par le Parlement européen et l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE), il contribuera ainsi à la rédaction du Rapport de Claude Moraes adopté en séance plénière du Parlement européen juste avant qu’il ne se sépare en avril dernier. L’interview s’est déroulée en Russie où il a obtenu le statut de réfugié pour un an.

Le nouveau Parlement européen retrouvera ce dossier en l’état où il l’a laissé et notons au passage que l’affaire Snowden n’a pas occupé dans la campagne électorale la place qu’on aurait pu imaginer qu’elle occuperait. C’est à souligner !

 

Pour en savoir plus :

      -. Inside the Mind of Edward Snowden : the Washington post http://www.nbcnews.com/#/feature/edward-snowden-interview/edward-snowdens-motive-revealed-he-can-sleep-night-n116851

      -. Dossier Snowden de Nea say http://www.eu-logos.org/eu-logos_nea-say.php?idr=4&idnl=3159&nea=145&lang=fra&arch=0&term=0