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Le Parlement européen s'inquiète des effets pervers du passeport biométrique

pdf mise en ligne :14 12 2006 ( NEA say… n° 23 )

ASILE > Système d'information Schengen

Suite au rapport du FIDIS (Futur de l'identité dans la société de l'information), le Parlement européen s'inquiète des dérives graves susceptibles de voir le jour avec la généralisation des pièces d'identité biométriques.

Les quelques 20 000 français contraints de réclamer un visa pour les Etats-Unis dès 2005, au motif que la France avait tardé à lancer le passeport biométrique, trouveront la pilule amère, lorsqu’ils se souviendront des longues files d'attente après les démarches et déplacements souvent longs et coûteux auxquels ils ont dû consentir. En effet, ils viennent d’apprendre selon le rapport FIDIS (Futur de l’identité dans la société de l’information) (FR)  (EN) que le passeport sécurisé ne serait en réalité…pas sûr du tout. Muni d’une photo numérisée et d’une puce électronique renfermant les informations classiques, ce document avait été présenté comme inviolable. Selon l’étude, la famille des DVLA (documents de voyage à lecture automatique) serait même facilement piratable. Ainsi, les nouveaux passeports peuvent "être lus et interceptés à une distance de 10 mètres du porteur, de façon transparente et sans contrôle interactif ". De quoi suivre à la trace un touriste de son arrivée à l’aéroport jusqu’à la fin de son séjour. Voire de faire une copie optique des données enregistrées. Ces papiers multiplieraient en outre les risques de vols d’identités et les erreurs d’authentification. "Des données biométriques volées pourront être utilisées abusivement", précisent les auteurs de l’étude.

Le journal le Parisien a révélé cette information, reprise ensuite dans la presse. Lors de la session du 28 novembre de la commission des libertés civile, de la justice et des affaires intérieures (LIBE) du Parlement européen, la députée socialiste française Martine ROURE a fait état de cette information et le président de la commission, Jean-Marie CAVADA, a constaté que le passeport et le visa biométriques, présentés comme la solution à tous les problèmes, soulèvent à leur tour plus de problèmes qu’ils n’en résolvent. Ce sentiment est confirmé par un rapport des parlementaires européens suite à leur mission en Algérie : elle comportait la visite, dans plusieurs consulats, des services délivrant des visas. Cet excellent rapport (FR)  (EN) démontre combien les problèmes se révèlent nombreux : coût élevé, problèmes techniques et pratiques, réticence du personnel qui se révèlera rapidement insuffisant pour faire face aux demandes et en cas d’externalisation, risques de fraudes et de corruption. Jean-Marie CAVADA ne pouvait cacher son sentiment de revenir à la case de départ, si toutes ces informations devaient se confirmer.