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« Cette fois, c’est différent ! » les élections européennes ont changé la donne. Parler de l’Europe c’est maintenant !

pdf mise en ligne :01 08 2014 ( NEA say… n° 148 )

LIBRE CIRCULATION DES PERSONNES > Elargissement

Un cap vient manifestement d’être franchi : le rapport sur les résultats de la dernière enquête Eurobaromètre standard  publié fin juillet en témoigne. Cette enquête constitue le premier sondage d’opinion mené à l’échelle de l’Union depuis les élections du Parlement européen qui se sont tenues en mai dernier sous le slogan «Cette fois, c'est différent». La dernière enquête Eurobaromètre montre que, cette fois, c'était effectivement différent, des évolutions positives ayant été constatées dans plusieurs domaines.

1. Le nombre de citoyens ayant le sentiment que leur voix compte est le plus élevé depuis 10 ans
Le nombre de citoyens ayant le sentiment que leur voix compte à l'échelle de l’UE a augmenté après les élections européennes, passant de 29 % en novembre 2013 à 42 % aujourd'hui. Il s'agit là du pourcentage le plus élevé depuis que cette question a été posée pour la première fois dans l’Eurobaromètre standard il y a dix ans . Par ailleurs, 65 % des Européens se sentent «citoyens de l’UE», contre 59 % dans le dernier Eurobaromètre d’automne.
M. Maroš Šefčovič, vice-président de la Commission chargé des relations interinstitutionnelles et de l'administration, a déclaré à ce sujet: «L'Europe a traversé des périodes difficiles mais elle est en train de franchir un cap. Les efforts solidaires déployés au niveau européen pour que l’Europe s'engage sur la voie de la reprise économique commencent à porter leurs fruits. Les indicateurs économiques s’améliorent mais ils ne sont pas les seuls: le sentiment des citoyens vis-à-vis de la situation économique aussi. Il va de soi que les nombreux débats sur les élections européennes — et notamment les dialogues avec les citoyens et la nomination de “Spitzenkandidaten” — ont permis de rapprocher l’Europe de ses citoyens.».

2. L'optimisme grandit quant à la situation économique et l’avenir de l’UE
Pour la première fois depuis le début de la crise financière il y a sept ans, les Européens sont plus nombreux à penser que la situation économique s'améliorera dans les 12 mois à venir , et près de trois personnes sur quatre ne s'attendent pas à une évolution négative. De même, pour la première fois depuis des années, les Européens qui pensent que l’impact de la crise sur le marché de l’emploi a atteint son maximum sont plus nombreux que ceux qui croient que le pire est encore à venir . Les citoyens sont de plus en plus favorables à l'euro. Alors que la Lituanie se prépare à adopter la monnaie unique européenne, le nombre de Lituaniens se déclarant en faveur de l’euro a augmenté de 10 points de pourcentage depuis l’automne dernier (voir annexe 5). Des tendances similaires sont observées dans toute l'Europe: + 10 points de pourcentage en Lettonie et à Chypre; + 5 points de pourcentage au Portugal et en Grèce. Il y a des ombres et des lumières dans ces résultats, mais il est évident que le climat s’est amélioré, l’horizon s’est éclairci. Passons les rapidement en revue .

- . Les citoyens sont plus optimistes quant à l’avenir de l’UE. Depuis novembre dernier, le nombre de personnes se déclarant optimistes a augmenté de cinq points de pourcentage, alors que le nombre de personnes se déclarant pessimistes a diminué de cinq points de pourcentage (voir annexe 6). À présent, plus de la moitié des citoyens voient l'avenir d'un bon oeil et ils ne sont que deux sur cinq à ne pas partager entièrement ce sentiment.

-. Chacun a souligné la percée de l'euroscepticisme lors des dernières élections européennes,on n’a cessé de battre le tambour à ce sujet, mais  le nombre de citoyens estimant que leurs voix comptent en UE n'a jamais été aussi haut. L’on a parlé infiniment plus de la percée des eurosceptiques et l’on continuera à le faire que du renouveau dont témoigne Eurobaromètre . Faut-il en prendre son parti ? Non bien sûr !

-. Les élections européennes de mai 2014 ont été  marquées par le renforcement de la légitimité démocratique des institutions européennes. En effet, avec l'entrée en vigueur du traité de Lisbonne en 2009, chacun des grands partis politiques européens a désigné son candidat à la présidence de la Commission, établissant ainsi un lien direct entre le résultat des élections et le choix du chef de l'exécutif européen. L'Eurobaromètre montre que 42 % des citoyens de l'Union estiment que leur voix compte dans l'UE. En novembre dernier, ce nombre n’atteignait que 29 %. Il s’agit du niveau le plus haut atteint depuis que cette question a été intégrée au sondage Eurobaromètre standard il y a dix ans. En France, où le Front national est arrivé en tête des élections avec 25% des suffrages, ce taux atteint même 54% des sondés, ce qui équivaut à une augmentation de 18% par rapport au dernier sondage.

-.Certes les chiffres présentés par la Commission européenne reflètent aussi la montée du populisme incarné par Beppe Grillo en Italie, UKIP au Royaume-Uni ou encore le Front National en France. Si 50% des Européens sont optimistes pour l’avenir de l’UE, il reste aussi une large partie de la population qui en doute. Il reste du chemin à faire. Il ne faut pas se le cacher sans pour autant bouder son plaisir parce qu’on lit des chiffres encourageant.

-. L'appartenance à l'Union européenne a également connu un véritable décollage. Il ne faut pas se le cacher. En effet, 65 % des 32.689 personnes interrogées ont déclaré se sentir citoyens de l'UE, contre 59 % lors du dernier sondage en novembre 2013. La France quant à elle, se situe légèrement en dessous de la moyenne européenne avec 63% des 1004 personnes sondées qui se sentent citoyens européens. Mais ce nombre est tout de même en augmentation de 6%.

-. Des citoyens mieux informés : nous avons déjà souligné les propos due vice-président de la Commission européenne, Maroš Šefčovič, la communication autour des enjeux des élections européennes a joué un rôle. « Il va de soi que les nombreux débats sur les élections européennes — et notamment les dialogues avec les citoyens et la nomination de “Spitzenkandidaten” (« candidats têtes de liste »,) — ont permis de rapprocher l’Europe de ses citoyens », a-t-il déclaré dans son communiqué. Les médias ont également joué un rôle en accordant une plus grande visibilité aux affaires européennes pendant la campagne. De leur côté les citoyens européens ont cherché à comprendre les enjeux de ces élections. Malgré des disparités parfois importantes entre les  Etats membres, ente le nord et le sud, les « anciens » et les nouveaux », il y a une culture européenne plus développée. Une fois de plus on soulignera que les Français sont moins confiants que la moyenne des Européens  mais il faut souligner aussi que de nombreux Européens pensent que la situation économique de l’UE s'améliorera dans les douze prochains mois. Ainsi pour la première fois depuis le début de la crise financière, ceux qui pensent que l'impact de la crise sur le marché de l'emploi a atteint son pic sont plus nombreux (47%) que ceux qui pensent que le pire est encore à venir (44%). Il n’en reste pas moins qu’en France, 60% des sondés estiment que dans le domaine de l’emploi, le pire est encore à venir. Par ailleurs, 27 % des personnes interrogées pensent que l’Union européenne est la plus à même de prendre des mesures efficaces pour résoudre la crise économique et financière.

-.« L'Europe a traversé des périodes difficiles, mais elle est en train de franchir un cap. Les efforts solidaires déployés au niveau européen pour que l’Europe s'engage sur la voie de la reprise économique commencent à porter leurs fruits », a déclaré Maroš Šefčovič.
Par ailleurs, le soutien à l'union économique et monétaire avec l’euro augmente puisqu’il gagne trois points par rapport à novembre 2013 et atteint 55% d’avis favorables. A l’inverse 36% des sondés y sont opposés. Au sein même de la zone euro tout comme en France, l’euro récole 67% des avis favorables (68% en France) contre 26% de votes défavorables.

Ce climat est-il appelé à  se maintenir ? Cela va être un défi pour la nouvelle Commission, une Commission qui devra être plus politique, parler de choses plus concrètes, délaisser les questions institutionnelles, s’intéresser moins au moteur de la voiture et plus au trajet, sa direction, le but du voyage. Enfin prendre conscience du chemin parcouru. Depuis l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne en 2009, les pouvoir du Parlement européen n’ont cessé de croître. Pour la première fois, les élections européennes ont permis aux électeurs des 28 États membres de l’UE d’élire les 751 députés qui ont élu Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission européenne, le 15 juillet dernier.
Depuis les premières élections européennes en 1979, la participation n'a cessé de chuter, preuve d’un désintéressement des électeurs pour l’Union européenne. Cependant une telle évolution n’était et n’est pas inéluctable :  le taux de participation s’est stabilisé en mai dernier avec 43,1 % de participation au scrutin de mai 2014. En France, une légère hausse de ce taux a été remarquée.
l’horizon s’est éclairci. La crise a été surmontée en bonne partie et la gouvernance économique a fait d’immenses progrès.

Enfin, il est encourageant de constater qu’au lendemain des élections européennes un pourcentage important des sondés dans une majorité de pays estime que « leur voix compte ». La presse a peu relayé cette information alors que les occasions de se réjouir, un peu, sont rares. Il est à craindre que si les résultats du sondage avaient été moins bons on aurait vu fleurir des titres « à la une » d’un pessimisme noir :les européens se détournent de l’Europe, méfiance à l’égard de l’Europe, l’Europe ne fait plus recette, les européens ne croient pas en leur avenir etc. Parlons de l’Europe, maintenant, sans attendre les cinq ans qui nous séparent des prochaines élections. D’ailleurs sans se référer à l’Eurobaromètre, de tels titres pessimistes continuent malheureusement  à apparaître dans la presse. Utilisons ce moment de répit qui apparaît, il faut le souligner à nouveau, au lendemain des élections, pour rebondir .
 

Pour en savoir plus
Standard Eurobaromètre 81
http://ec.europa.eu/public_opinion/archives/eb/eb81/eb81_en.htm