Une information citoyenne au service d'une identité européenne
Réactions, commentaires et débats avec des invités

Glossaire interactif des termes de l'Espace de liberté, de sécurité et de justice
Observatoire législatif de l’Espace européen de liberté, de sécurité et de justice
Veille juridique et documentaire axée sur la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne
Actualités des grands projets de l'Union européenne
Dossiers documentaires thématiques
Actualités sur le rôle de l'Union européenne dans le monde
Une information citoyenne au service d'une identité européenne

La promotion des femmes, condition de la renaissance arabe

pdf mise en ligne :28 12 2006 ( NEA say… n° 24 )

IMMIGRATION > Conditions d'accueil des réfugiés

Rédigé par un groupe d’experts arabes, le dernier rapport, des quatre du PNUD consacrés au développement économique et social du monde arabe, souligne combien la discrimination est un frein majeur et appelle les pays concernés à prendre des mesures de "discrimination positive". Priorité à la santé et à l'éducation. Le rapport n’accuse pas directement l’Islam.

Sur le plan de l’éducation, de l’emploi et de la santé, le tableau est noir et à certains égards plus que ceux rapportés par NEA say... , notamment à l’occasion de la Conférence ministérielle d’Istanbul. Sur d’autres points, il corrobore les conclusions de la Conférence ministérielle.

 

Les rédacteurs ont noté des avancées notamment sur le plan économique, même si le taux d’activité des femmes arabes reste le plus faible au monde (33% alors que la moyenne mondiale est de 56%). Au niveau des études, le rapport fait état de meilleurs résultats obtenus par les filles par rapport aux garçons lorsqu’elles peuvent accéder à l’école, mais leur taux d’inscription est plus faible (77% dans le primaire, 54% dans le secondaire). L’illettrisme touche la moitié des femmes contre le tiers des hommes. Le Qatar, Bahreïn, la Jordanie et les territoires palestiniens font exception à la règle. La santé reste la chose la plus préoccupante : leur espérance de vie y est plus faible que celle des hommes, la mortalité des mères suite à un accouchement atteint un niveau qualifié "d’inacceptable": 270 morts pour 100 000 accouchements. Le chiffre varie de 7 pour 100 000 au Qatar à plus de 1 000 dans certains pays pauvres comme la Mauritanie ou la Somalie qui connaissent par ailleurs la guerre civile.

 

Dans beaucoup de pays, observe le rapport, la mise à l’écart des femmes est inscrite dans la législation alors que la Constitution de ces mêmes Etats leur accorde en principe les mêmes droits qu’aux hommes. Selon les auteurs de l’enquête, la religion musulmane estmoins directement responsable de la situation que les conflits, les occupations étrangères, le terrorisme, la domination des sociétés par des forces conservatrices inflexibles qui protègent les cultures et valeurs masculines. Selon le PNUD, "la promotion des femmes reste entravée par des régimes autocratiques qui manipulent les questions relatives aux femmes au gré de leur intérêt politique du moment " et par la montée en puissance des courants islamiques généralement conservateurs. "Comment développer un nouveau modèle islamique qui puisse faire résolument avancer la situation des femmes tant dans le discours que dans les faits ?" s’interrogent les rapporteurs au terme de débats exacerbés, mais sans conclusion, sur la compatibilité entre islamisme et processus de réformes. Tout en soulignant la nocivité de minorités islamistes si elles parvenaient au pouvoir, le rapport fait observer que, contrairement à l'opinion commune en Occident, les mouvements islamiques sont en réalité dans bien des cas à l'avant-garde de l'autonomisation des femmes. Cependant , le mouvement féministe arabe moderne est encore trop souvent considéré comme importé, remarque le rapport.

 

Pour ce qui est du statut juridique de la femme, le rapport estime que, même si les droits du travail et de la famille évoluent en leur faveur, les législations conservent de nombreuses dispositions discriminatoires qui s’ajoutent à de nombreuses pratiques sociales telles que crime d’honneur, mutilations, violences domestiques. "L’élaboration de la législation, son application et son interprétation reste une affaire d’hommes", insiste le rapport. Les auteurs plaident pour une révision de la jurisprudence islamique ou l’interprétation du Coran pour mieux tenir compte de l’évolution du monde. Le rapport souligne les écarts extrêmes au sein du monde arabe en ce qui concerne le statut des femmes.

 

Dans la sphère politique, la plupart des pays concernés (à l’exception de la région du Golfe, plus tardive) ont accordé le droit de vote aux femmes dès les années 1950 et 1960. Des femmes ministres ont fait leur apparition récemment. Mais avec seulement 10% de députés femmes, les pays arabes conservent la plus faible proportion mondiale de femmes parlementaires. La participation des femmes reste de l’ordre du symbolique.

 

La conclusion du rapport est que la promotion des femmes requiert avant tout de donner aux femmes la possibilité d’accéder au même niveau de santé et d’éducation que les hommes, puis "offrir aussi aux femmes toutes les chances de participer activement, sur décision personnelle et libre, à tous les types d’activités humaines, en dehors du cadre familial, sur un pied d’égalité avec leurs homologues de sexe masculin".  Il est significatif que les sondages menés par le PNUD font apparaître une majorité de sondés en faveur de l’égalité hommes-femmes, mais que dans le domaine familial, sur la question du port du voile par exemple, les personnes interrogées sont plus divisées. Sur le plan politique, plus de 70% approuvent la nomination d’une femme comme ministre , mais un pourcentage voisin montre une opposition nette à la nomination d’une femme comme chef d’Etat.

 

Résumé en français